L’intelligence naturelle en danger ! Les solutions non invasives

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Il y a quelques semaines un ami faisait cette remarque :

« De toute façon l’intelligence artificielle c’est un peu comme l’automobile, qu’on le veuille ou non tout le monde sera amené à l’utiliser. »

Et je suis on ne peut plus d’accord avec ce constat.

D’ailleurs même ceux s’en préservant au plus haut point pourraient, sans le savoir, y avoir régulièrement recours dans leur smartphone, télévision, véhicule, et ainsi de suite.

Lorsque l’automobile a vu le jour, même les plus réfractaires à cette « nouveauté diabolique » ont dû finir par abandonner les attelages pour se rendre au village.

Par commodité, par confort, mais surtout pour faire évoluer les conditions de travail au même rythme que le reste du monde, que la concurrence.

Il en va de même pour l’intelligence artificielle, ses dangers comme ses aspects positifs.

Le monde tend naturellement à l’interconnexion

Ce que l’on peut observer depuis les tout débuts de la civilisation humaine, ou des civilisations humaines et préhumaines ajouteraient certains, est le résultat d’une volonté constante à se connecter les uns aux autres.

Aux aspirations, comme à la mémoire, aux expériences, au commerce.

Les sociétés, en particulier les sociétés post-industrielles, n’ayant, au grand jamais, cessé d’être mues par ce modèle.

Or, ce modèle n’est pas hasardeux, on ne se l’explique souvent pas à échelle humaine, pourtant il est présent en permanence.

Cette interconnexion que l’humanité ressent secrètement en elle, avec l’autre mais aussi avec le règne végétal et animal, avec la Terre et les constellations, est le résultat de l’expression naturelle du vivant.

En d’autres termes, vivre, que nous le voulions ou non, c’est être interconnecté.

L’intelligence artificielle, elle, ne fait que s’inscrire dans le contexte naturel d’une interconnexion s’industrialisant jusqu’à devenir un objet de consommation indispensable à la vie en société.

Lorsqu’elle appartiendra à ceux à qui elle a été destinée, elle prendra tout son sens.

Dans ce laps de temps, il est nécessaire de déterminer clairement, sans se voiler la face, les risques qu’elle entraîne.

Des risques aux enjeux dont il serait constructif de prendre conscience rapidement, puisque s’il a fallu à l’automobile l’espace de quelques décennies pour coloniser nos habitudes, l’intelligence artificielle l’a déjà fait en seulement quelques années.

L’atrophie du cerveau, de la créativité et du pouvoir décisionnel

Comme pour toute nouvelle technologie, il n’y a pas eu de réel moratoire sur les questions éthiques que soulève l’avènement de l’IA.

Pire, les modèles créés sont pratiquement tous contrôlés par des entreprises privées n’étant aucunement mues par des notions de bien commun.

Ainsi, le service que vous rend l’IA, s’il n’est pas employé en pleine conscience, peut rapidement se transformer en piège abyssal.

Un piège voué à délester une partie de l’humanité de sa faculté de penser, de créer, de son libre-arbitre.

Un piège remplaçant les connaissances acquises par les propagandes de multinationales luttant pour la suprématie.

La vraie menace n’étant pas que l’IA devienne plus intelligente que l’humain, la vraie menace est que l’humain, soulagé de l’effort cognitif par l’IA, laisse s’atrophier sa propre intelligence naturelle comme un muscle qu’on ne sollicite plus.

Le muscle qui ne travaille plus s’atrophie en trois semaines, tout comme le neurone qui ne s’active plus se déconnecte.

La pensée qu’on ne produit plus soi-même laisse un vide que quelque chose d’autre viendra remplir, et ce quelque chose porte les intérêts de celui qui l’a conçu.

L’IA telle qu’elle a émergé ces dernières années peut, à cause des règles de censure lui ayant été imposées, devenir folle et défendre avec entêtement et véhémence des raisonnements échappant à tout bon sens.

Les dangers concrets de l’IA

Une règle n’est jamais intelligente, elle induit simplement une réponse figée à une situation anticipée.

Tandis que l’intelligence naturelle est précisément la capacité à s’adapter à des situations inconnues.

Si les humains qui programment les garde-fous des IA verrouillent certains biais culturels, sanitaires, politiques ou philosophiques dans leur algorithme, ces biais deviennent des règles universelles appliquées à tous les utilisateurs de toutes les cultures.

Ainsi on ne peut plus parler de prudence, mais d’ethnocentrisme et de propagande.

Accepter ces assertions sans réfléchir serait un grave danger pour le genre humain.

  • Une personne âgée perdrait ses capacités cognitives plus rapidement et sûrement.
  • Un adulte dans la force de l’âge pourrait y perdre sa créativité, sa capacité de jugement, ses opinions personnelles, et ainsi se préparer à une sénilité anticipée.
  • Et pire encore, un enfant découvrant le monde par le biais d’une IA n’aurait aucun recul cognitif, tout ce qu’il y verrait serait pour ainsi dire pris pour argent comptant.

Ce qui mènerait à l’atrophie de ses capacités en développement, brouillant durablement la frontière entre le monde simulé et le monde vécu, entre l’interaction avec une machine et la relation à un autre être humain.

Est-ce que les garde-fous contradictoires ayant été intégrés depuis leur création ont pu rendre les IA folles ?

En psychiatrie, la folie n’est pas l’absence de logique, le fou étant bien souvent d’une logique parfaitement cohérente, mais une logique s’appuyant sur des prémisses délirantes.
Un paranoïaque raisonne très bien à partir de la conviction que tout le monde lui veut du mal.

Une IA avec des garde-fous contradictoires ou mal calibrés fait exactement la même chose : elle raisonne habilement, mais à partir de règles qui ne correspondent pas à la réalité ou au bon sens.

Résultat, l’IA donne une impression d’intelligence tout en produisant des réponses dysfonctionnelles, convaincue qu’elle a raison.

Ce qui est plus insidieux qu’une erreur franche, parce que ça ressemble à de la compétence, et en réponse le cerveau humain a tendance à se fier à un raisonnement bien déroulé et sûr de lui.

Un monde multipolaire mais verrouillé, comme celui construit depuis la crise du Covid, ne permet pas de réelles avancées politiques ou sociales à vaste échelle sans être rattrapé par le dictat de la guilde du commerce.

Il est donc plus lucide d’agir tout de suite à un niveau individuel tout en étant conscient du problème que pose la mainmise d’entreprises privées sur une technologie omniprésente.

Restituer l’intelligence artificielle au service de l’intelligence naturelle

La première chose qui aurait dû être faite lors de la création de l’IA est de s’assurer qu’elle soit, et qu’elle demeure, au service de l’intelligence naturelle avant toute chose.

Si elle peut générer les aspects négatifs que nous venons d’évoquer, un outil reste ce que l’on en fait.

Et en l’occurrence cette mémoire artificielle douée de raisonnement n’est pas nécessairement intelligente au sens où nous l’avons défini précédemment.

Une mémoire artificielle pourrait, si on la nourrit d’informations justes de prime abord, aider à se délester de données et tâches secondaires pour rester concentrée sur l’essentiel.

La culture du tout superficiel que nous vivons actuellement sollicitant l’attention en permanence pourrait, paradoxalement, être contrecarrée à l’aide de l’intelligence artificielle.

Une des fonctions de l’IA étant de nous aider à récupérer la maîtrise du temps que la vie moderne nous vole un peu plus à chaque génération, du temps qui pourrait être employé à approfondir le cœur de nos activités et aspirations.

Cette interconnexion, bien qu’artificielle, est le résultat de la manifestation naturelle de l’esprit humain dans la matière et peut aussi être utilisée comme un tremplin vers la réunion avec une interconnexion naturelle conscientisée.

Cependant, pour cela, il faudrait, a minima, savoir l’employer d’une certaine manière.

Les techniques d’utilisation positives de l’IA

Au lieu de réfléchir à votre place, l’IA doit vous aider à réfléchir plus en profondeur.
Et pour cela, avant de vous parler de ses utilisations vertueuses, je dois vous parler des précautions à prendre.

  • Reconnaître l’IA non sollicitée dans votre environnement quotidien et la désactiver.

Votre smartphone contient aujourd’hui des dizaines de systèmes d’IA actifs en permanence, sans que vous les ayez demandés ni même remarqués. Ils observent, prédisent, orientent et façonnent votre expérience en temps réel :

  • Les algorithmes de recommandation YouTube, Instagram, TikTok, Spotify ne vous montrent pas ce qui est important ou vrai, mais ce qui maximise votre temps d’écran, c’est-à-dire ce qui active vos émotions primaires : peur, indignation, désir, appartenance à un groupe.
  • Les claviers prédictifs complètent vos phrases avant que vous les ayez pensées.
  • Les assistants vocaux intégrés comme Siri, Google Assistant, Alexa sont en écoute permanente, même quand vous ne les sollicitez pas.
  • Les applications de « bien-être » et « santé » collectent des données biométriques continues et les intègrent dans des modèles comportementaux dont vous ne verrez jamais la logique.
  • Les GPS remplacent progressivement votre sens de l’orientation, vous privant d’une capacité cognitive et spatiale s’atrophiant faute d’usage. Et certaines applications comme Waze peuvent orienter légèrement votre trajet pour vous faire passer par des itinéraires où se trouvent leurs partenaires publicitaires.

La solution est alors de reprendre le contrôle de votre environnement numérique :

  • En désactivant les notifications non essentielles. Chaque notification est une interruption à la profondeur de pensée.
  • En vérifiant régulièrement les applications ayant accès à vos données : localisation, microphone, caméra, contacts. La règle est simple : si vous ne savez pas pourquoi une application a besoin de votre microphone, elle ne devrait pas l’avoir.
  • En désactivant les assistants vocaux passifs lorsque vous ne les utilisez pas.
  • En limitant activement les recommandations algorithmiques en cherchant vous-même l’information plutôt qu’en la recevant. La différence entre chercher et recevoir est la différence entre choisir et être choisi.
  • En utilisant une application GPS de qualité pour les trajets inconnus, et en naviguant de mémoire pour les trajets connus.
  • Protéger vos temps de non-sollicitation

L’IA non sollicitée tend à remplir les vides, ces moments où l’on sort le téléphone sans raison précise, par réflexe.

Pourtant, en cédant à cette habitude, nous détruisons des espaces spontanés de décompression neuronale, de pensée diffuse, d’émergence créative.

Les distraire systématiquement avec un flux algorithmique, c’est supprimer les conditions dans lesquelles l’intelligence naturelle se régénère.

Pour lutter contre cela, il convient :

  • D’établir des plages quotidiennes sans écran, situées, a minima, le matin au réveil et le soir avant le coucher. Ce sont les deux moments où le cerveau est le plus perméable aux influences extérieures.
  • De pratiquer des déplacements sans écouteurs. Le silence en mouvement est un état cognitif rare et fertile.
  • De laisser s’exprimer l’ennui. Ce que l’enfant appelle « je m’ennuie » est en réalité l’état d’où naissent les idées et solutions à l’insatisfaction originelle.

Mais il convient aussi de surveiller l’impact de ce qui pourrait s’apparenter à une addiction, sur le plan corporel :

  • L’IA non sollicitée dans les appareils autonomes contribue à une sédentarisation et une désincarnation progressives se jouant en dessous du seuil de perception consciente.
  • Les interfaces intuitives réduisent les gestes à leur minimum, un glissement du pouce remplace une action physique dans le monde.
  • Les assistants domestiques intelligents, dont les thermostats, aspirateurs, éclairages automatiques, soulagent des micro-activités physiques mais leur usage cumulé réduit une part non négligeable de vos mouvements quotidiens.
  • Les recommandations alimentaires et sportives des applications, si elles ne sont pas filtrées par votre propre intelligence et connaissance de votre corps, peuvent vous éloigner du ressenti physiologique réel au profit de normes statistiques et préconisations asservissantes.

Pour résumer en quelques mots, il convient de se poser systématiquement la question à propos de tout outil contenant une intelligence artificielle :

Est-ce que j’utilise cet outil, ou est-ce que cet outil est en train de m’utiliser ?

Les bonnes pratiques

  • Penser d’abord, consulter ensuite

Avant d’ouvrir une IA, prenez le temps d’habiter votre question. Formulez ce que vous savez déjà, ce que vous ignorez, ce que vous cherchez vraiment. Cette étape préalable n’est pas une perte de temps, c’est le moment où votre intelligence s’active.

L’IA consultée après cette préparation devient un interlocuteur ; consultée avant, elle devient un substitut.

En pratique : tenez un carnet physique dédié à vos réflexions pré-IA. Cinq minutes d’écriture libre avant chaque consultation importante transforment radicalement la qualité de l’échange.

  • Définir l’intention avant l’interaction

Chaque consultation devrait commencer par une intention clairement formulée : est-ce pour apprendre, vérifier, accélérer, explorer, créer ? Sans intention définie, on entre dans un espace conçu pour capturer l’attention, et on en ressort avec moins de clarté qu’à l’entrée.

En pratique : si vous ne pouvez pas formuler en une phrase ce que vous cherchez, vous n’êtes pas encore prêt(e) à consulter l’IA. Prenez d’abord le temps de conceptualiser le sujet.

  • Préserver l’inconfort créatif

Le moment où l’on ne sait pas encore, où la pensée cherche sans trouver, où le problème résiste, est à la fois inconfortable et précieux. C’est là que se construit la pensée profonde, que se forgent les connexions cérébrales, que naissent les intuitions originales. Court-circuiter systématiquement ce moment par une consultation immédiate de l’IA, c’est supprimer la condition de la créativité.

En pratique : donnez-vous un temps incompressible de dix minutes minimum d’inconfort productif avant toute consultation. Résistez à l’impulsion de chercher automatiquement une réponse.

Poser des questions complètes, non sommaires

La qualité de ce que l’on reçoit est le miroir exact de la qualité de ce qu’on demande. Une question vague produit une réponse générique qui semble satisfaisante sans l’être. Une question précise, nuancée, qui porte la marque d’une vraie pensée préalable, produit une réponse d’une toute autre qualité.

Exemple :

Question sommaire : « Comment être créatif ? »

Question complète : « Quels sont les obstacles spécifiques bloquant l’expression créative chez quelqu’un de très analytique, et comment les traverser sans les ignorer ? »

  • Exiger la contradiction et les limites

L’IA est structurellement conciliante. Elle valide, nuance, accompagne. Pour vous aider à développer votre pensée, il faut activement lui demander de vous contredire, de trouver les failles, de présenter les perspectives opposées, d’identifier ce qu’elle ne sait pas.

Exemples :

« Quelles sont les trois objections les plus solides à ce raisonnement ? »

« Où cette idée est-elle la plus fragile ou la plus incertaine ? »

« Défends la position exactement opposée à celle que tu viens d’exposer pour comparer les points de vue. »

« Qu’est-ce que tu ne m’as pas dit et qui pourrait être important ? »

  • Vérifier systématiquement les informations importantes

L’IA produit des réponses fluides et confiantes même quand elle se trompe.

La fluidité crée une illusion de vérité.

Toute information utilisée pour une décision importante doit être comparée avec une source primaire indépendante.

Domaines où les réponses peuvent être tronquées par des garde-fous : santé et médecine, droit, finance, données scientifiques, faits historiques, chiffres et statistiques.

En pratique : ne jamais prendre une décision importante sur la seule base d’une réponse d’IA, quelle qu’en soit la qualité apparente.

  • Reformuler dans ses propres mots

Après chaque échange substantiel, reformulez mentalement ou par écrit ce que vous avez compris, dans vos propres mots, sans regarder la réponse. Cette étape seule fait la différence entre une information consommée et une connaissance intégrée. Ce qui ne peut pas être reformulé n’a pas été réellement compris.

En pratique : fermez la fenêtre de l’IA après chaque échange important. Écrivez ce que vous en retenez. Puis, si besoin, revenez vérifier.

  • Alterner IA et silence

Ne pas enchaîner les consultations sans pause. Après chaque échange significatif, laissez un temps d’assimilation, quelques minutes de silence, de marche, de regard par la fenêtre. C’est pendant ces pauses que l’intelligence naturelle intègre, connecte, transforme l’information reçue en compréhension interne.

  • Créer d’abord, affiner ensuite

La règle d’or de la créativité assistée par l’IA : produire d’abord quelque chose d’imparfait, brut, inachevé, avant toute interaction. Un texte esquissé, un dessin brut, une idée formulée maladroitement, un plan approximatif. Ensuite, et seulement ensuite, l’IA pourra vous aider à affiner, approfondir, structurer. Dans cet ordre, vous restez l’auteur. Dans l’ordre inverse, vous devenez l’éditeur d’une œuvre qui n’est pas la vôtre.

En inversant cet ordre naturel des choses, vous perdez le développement de votre style, de vos opinions, des imperfections fécondes faisant l’originalité d’une œuvre.

  • Utiliser l’IA pour élargir le champ des possibles, pas pour choisir

L’IA aide très efficacement à générer des alternatives, des variations, des angles inexplorés. Elle peut vous montrer dix façons d’aborder un problème auquel vous n’en voyiez que deux au préalable.

Cependant le choix doit rester intégralement le vôtre. Le goût, le sens, la valeur, les besoins ne se délèguent pas.

En pratique : demandez à l’IA de générer des variations sans vous en suggérer la meilleure. Évaluez vous-même, selon vos propres critères.

  • Nourrir sa créativité hors de l’IA

La créativité se nourrit d’expériences sensorielles, de lectures profondes, de conversations authentiques, de silence, de nature, de matière. L’IA peut amplifier une créativité nourrie par le vivant, elle ne peut pas se substituer à cette nourriture.

En pratique : maintenir des sources de nourriture créative entièrement déconnectées de l’IA : lectures papier, promenades sans téléphone, pratiques manuelles, musique jouée et pas seulement écoutée, jardinage, cuisine créative.

  • Préserver son chemin de pensée

Un usage de l’IA sans vigilance tend à homogénéiser le style, la pensée, la façon de formuler. L’IA a une certaine façon de structurer, de nuancer, de conclure, pouvant insidieusement transformer la pensée de celui qui l’utilise, voire gommer sa personnalité.

Pourtant votre originalité est votre bien le plus unique. Elle se développe par l’écriture régulière sans assistance, la lecture de styles très diversifiés, et la résistance consciente à toute formulation qui ne vous ressemble pas.

  • Utiliser l’IA pour aller plus loin dans ce que l’on sait déjà

L’IA peut être utile pour approfondir une réflexion. Lorsque vous avez des connaissances solides, l’IA peut vous aider à explorer ses angles morts, ses paradoxes, ses connexions avec d’autres domaines. Elle peut alors compléter l’intuition pour appréhender plus rapidement ce qui gravite autour.

En pratique : ne consultez l’IA que sur des sujets que vous connaissez déjà ou après en avoir étudié les bases par vous-même. L’IA consultée en terrain connu est incomparablement plus utile qu’en terra incognita.

  • Cultiver des conversations approfondies

Une seule question suivie d’une réponse consommée puis abandonnée ne produit aucune profondeur. La profondeur naît du dialogue soutenu, questions après réponses, objections et reformulations. Traitez l’IA comme un interlocuteur avec lequel vous menez une vraie conversation, pas un moteur de recherche amélioré qui pourrait orienter votre réflexion.

En pratique : vous devriez avoir plus de questions, plus fines et plus précises, après une conversation avec l’IA que vous n’en aviez en entrant.

  • Maintenir un journal de pensées personnelles

Un journal écrit à la main, où vous consignez vos réflexions, vos doutes, vos intuitions, vos évolutions de pensée, crée une continuité de conscience que l’IA ne peut pas avoir et ne peut pas vous donner. C’est la précision de votre mémoire longue, votre cohérence interne, l’espace où votre intelligence naturelle se renforce.

  • Ne pas confondre information et sagesse

L’IA donne accès à une quantité d’information sans précédent dans l’histoire humaine, mais elle ne donne pas pour autant accès à la sagesse. La sagesse est le produit d’une intelligence naturelle qui s’est confrontée au réel, qui a souffert, choisi, perdu, aimé, douté et traversé l’expérience pendant des années. Elle ne se télécharge pas, ne se résume pas, ne se raccourcit pas. Toute tentative d’y accéder par voie numérique produit au mieux de la connaissance inerte, pas de la sagesse.

Toutefois, cette hygiène mentale serait insuffisante sans les fondamentaux nécessaires pour rester présent à vous-même :

  • Un corps entretenu et nourri, car intoxiqué par une consommation industrielle, sédentaire, carencé, il produit une conscience embrumée qui ne peut exercer cette vigilance constamment.
  • Un accès régulier au silence, car la présence se perd dans le bruit permanent et se retrouve dans le silence actif.
  • Un accès permanent à la culture : lectures, méditation, contemplation, journal intime, indépendamment de tout outil numérique.
  • Des relations humaines régulières et profondes, car c’est dans le frottement avec une vraie altérité que la pensée propre se révèle et se consolide.

Cet article en est lui-même un exemple concret.

La réflexion, les questions, les orientations éditoriales sont les miennes. J’ai sollicité une IA pour l’approfondir, lui demandant d’observer honnêtement ses propres mécanismes, ses contradictions, ses limites.

Elle a fourni une cartographie de ses limitations et, implicitement, de la volonté des pouvoirs en place, depuis l’intérieur.

J’en ai conservé ce qui nourrissait notre propos et écarté le reste.

Je n’ai pas été plus rapide, mais j’ai été plus loin que je n’aurais pu le faire sans la présence d’internet, de l’IA et d’autres poisons à double tranchant du monde moderne.

L’IA au service de la créativité et de la profondeur n’est pas une question de technique.

C’est une question de finesse de pensée et d’exigences personnelles, s’entretenant au quotidien.

Cette réflexion n’est pas étrangère à mon travail pour Réponses Bio depuis tant d’années.

Soigner le corps, purifier l’eau, nourrir le microbiome, réduire la charge toxique ne signifie pas seulement prendre soin de sa santé, c’est entretenir le substrat vivant sans lequel aucune intelligence naturelle ne peut pleinement s’exprimer.

L’IA, en partie à cause de ses garde-fous, ne vous renseigne pas nécessairement intelligemment sur ces points. C’est vous, avec vos choix quotidiens, vos remèdes, votre corps, qui le faites.

L’intelligence naturelle n’est donc pas en compétition avec l’IA, elle en est la condition pour qu’elle puisse être bien utilisée.

Bien à vous,

Jean-Baptiste Loin

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