Les multiples vertus de l’ortie

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Remèdes naturels, phytothérapie : l'ortie

Ne me prenez pas pour un piqué… mais j’adore les orties.

Je m’intéresse à l’ortie depuis longtemps tout simplement parce que cette mauvaise herbe est la meilleure des plantes !

Puissamment tonique, elle dépure aussi admirablement le sang et rend d’infinis services dans de nombreux domaines.

L’ortie est considérée comme une mauvaise herbe car elle envahit tout, aussi bien les potagers que les chemins et leurs fossés, elle s’insinue entre les pierres, le long des murs, et, comme si cela n’était pas suffisant, elle pique !

Et pourtant, si mauvaise qu’elle soit, cette herbe est une des meilleures plantes de la phytothérapie, et même de l’alimentation, tant humaine qu’animale.

Personne n’ignore qu’il existe, par exemple, une soupe à l’ortie aussi délicieuse au goût que bénéfique à la santé.

Et les adeptes de la diététique savent qu’il est possible d’en ajouter quelques jeunes feuilles dans la salade à des fins de revitalisation.

Mais on ne sait pas toujours que la bonne viande de ferme, comme on en trouve encore dans l’Aveyron, le Morvan, la Lozère ou la Corse, provient d’animaux nourris à l’ancienne, c’est-à-dire avec des céréales et des orties.

Cela dit, c’est bien sûr en tant que phytothérapique que l’ortie nous intéresse au premier chef.

Et là encore, elle s’avère pleine de ressources puisque les naturopathes lui attribuent classiquement trois vertus cardinales en disant d’elle qu’elle « nettoie, assainit et dissout ».

On l’emploie naturellement aussi bien par voies interne qu’externe, et de toutes les manières possibles, sous forme d’infusion ou de décoction, d’extrait fluide, de suc, de sirop, de capsules, etc.

De plus, il faut savoir que tout est bon, dans l’ortie, les feuilles comme les racines ou les graines, ou encore, bien sûr, la plante entière, et cela qu’elle appartienne à l’espèce dioïca (grande ortie) ou urens (petite ortie).

 

Une mauvaise herbe… bonne à tout faire

Si on les appelle orties (ou urtica), c’est qu’en latin « uro » ou « urere » veut dire « je brûle ».

Les orties, en effet, sont couvertes sur les deux faces de leurs feuilles de poils urticants dont le contact est extrêmement irritant du fait qu’ils renferment de l’acide formique.

Le genre Urtica, mises à part les deux espèces les plus communes, la dioïca et l’urens, comprend en fait une bonne trentaine d’espèces distribuées sur toute la surface de la planète, parmi lesquelles les plus connues sont les urtica gracilis, viridis et procera.

L’ortie est une plante vivace et vigoureuse, à longue durée de vie, pouvant atteindre plus d’un mètre de haut.

Elle fait ses fleurs en été, et son système racinaire est composé de rhizomes jaune vif par lesquels elle se propage rapidement, trop rapidement, même, au goût de ceux qui luttent désespérément contre les mauvaises herbes.

Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres…

Et ceux qui, depuis des millénaires, l’exploitent plutôt que de la combattre, l’emploient dans de nombreux domaines.

En effet, au-delà de la cuisine et de la médecine, elle est également appréciée en agriculture avec le fameux purin d’ortie, en cosmétique, notamment dans les shampoings et les lotions capillaires, en teinturerie et dans l’industrie du textile…

 

Une quasi panacéerecettes, remèdes naturels, phytothérapie avec l'ortie

On se souvient que Milarépa, le célèbre Yogi tibétain, s’est contenté, pour tout ordinaire, pendant des années, de soupes d’orties… au point d’en devenir lui-même tout vert.

Il faut dire que ce végétal est extrêmement nourrissant, contenant près de 40% de protéines en poids sec et recélant par ailleurs une immense richesse en fibres ainsi qu’en chlorophylle, vitamines et minéraux.

Comme beaucoup d’aliments très protidiques, l’ortie renferme de grandes quantités de bêtacarotène et de vitamines du groupe B, et notamment la B2, la B5 et la B9.

Du coté des minéraux, cette plante est également fort bien pourvue, avec surtout beaucoup de fer, de zinc, de silice et de magnésium, mais aussi de calcium, potassium et manganèse.

A noter que la synergie des vitamines B2, B5, B9, de la silice et du zinc, qu’elle offre de manière naturelle à ses consommateurs, fait de l’ortie un remède des plus efficaces pour traiter les ongles cassants et la chute des cheveux.

Elle favoriser même leur repousse, ce qui explique pourquoi on l’utilise fréquemment dans les shampoings.

Au plan plus strictement médical, les plus évidentes propriétés qu’on lui reconnaît la placent parmi les meilleurs toniques astringents, dépuratifs, hémostatiques, galactogènes, diurétiques et éliminateurs de l’acide urique.

Mais c’est aussi, secondairement, un excellent vasoconstricteur, antianémique, antirachitique, anti-infectieux, antirhumatismal, draineur hépatique, anti-diarrhéique et stomachique.

En usage externe, son effet révulsif permet de traiter – d’une manière spartiate, il est vrai – les rhumatismes, l’apoplexie ou les paralysies… en se flagellant courageusement avec une belle branche d’ortie.

Fort heureusement, il existe d’autres applications, moins dures, comme par exemple :

  la lotion d’ortie pour les soins du cuir chevelu,

  le traitement de l’acné où elle fait des merveilles grâce à l’effet anti-inflammatoire du zinc,

  les bains de bouche et gargarismes en cas d’infections bucco pharyngées et d’aphtes…

 

Les grandes indications

C’est primordialement en usage interne que l’ortie est appréciée, et cela dans toutes sortes de cas.

En tant que tonique général, tout d’abord, elle stimule le métabolisme, revitalise l’organisme, remonte le moral et donne de l’énergie.

En cas de fatigue chronique, de convalescence, grossesse, allaitement, troubles métaboliques comme l’hypoglycémie ou le diabète, elle soutiendra donc activement tous les traitements.

C’est également un tonique du système urinaire, qui s’indiquera aussi bien dans les calculs rénaux, la cystite chronique, l’incontinence, et même dans les néphrites.

Sa fonction diurétique est d’ailleurs assez étonnante dans la mesure où cette plante augmente le débit urinaire durant les premières semaines du traitement, tant qu’il y a à éliminer la surcharge de déchets azotés, d’acide urique et d’ions d’hydrogène.

Puis, dans un deuxième temps, elle laisse la diurèse se normaliser, même chez les personnes qui avaient tendance à trop uriner, notamment durant la nuit, et devient alors un tonique du rein.

En favorisant l’excrétion d’acide urique, bien sûr, elle facilite par la même occasion la guérison de la goutte, de l’eczéma, des éruptions cutanées ou des calculs…

Par ailleurs, parce qu’elle est alcalinisante en plus d’être drainante, l’ortie est d’une grande aide dans les cas d’eczéma infantile ou nerveux, d’acné, d’éruptions cutanées, de psoriasis, d’ulcères suintants et de dermatoses diverses.

Sans compter qu’elle revitalise, comme on l’a vu, les ongles et les cheveux.

L’ortie a d’autre part un effet marqué sur le système digestif, sans doute parce qu’elle est astringente et, de ce fait, apporte une assistance non négligeable dans les cas d’hypoglycémie, de pertes d’endurance ou de poids.

Pour des problèmes plus lourds, comme par exemple en cas d’ulcères gastriques ou intestinaux, de colopathies, de diarrhées chroniques, d’hépatite, d’inflammation de la vésicule biliaire ou encore d’hémorroïdes, on l’utilisera en combinaison avec des plantes plus ciblées.

Une autre grande application traditionnelle de l’ortie réside dans la protection pulmonaire.

Ce phytothérapique concoure en effet à traiter la bronchite, l’asthme bronchique ou allergique, le rhume des foins.

Par ailleurs, on estime que ses graines et ses feuilles peuvent prévenir la tuberculose.

On la conseille aussi à toute personne constatant la présence de mucus dans les voies respiratoires ou une tendance à l’essoufflement.

Enfin, il faut savoir que ses graines tonifient les capillaires de la muqueuse respiratoire après une bronchite.

Étant adaptogène, l’ortie traite encore de nombreux dérèglements endocriniens, agissant en particulier sur les parathyroïdes en cas d’hypofonctionnement, sur la thyroïde lorsqu’elle a besoin d’être stimulée ou sur les corticosurrénales s’il y a déficience.

Elle contribue ainsi à régulariser le métabolisme, à diminuer les effets néfastes du stress en inhibant les effets de l’adrénaline, et enfin à combattre l’épuisement dû au surmenage.

L’ortie est aussi l’amie de la femme.

Elle diminue la rétention d’eau et soulage les seins endoloris, prévient l’anémie, élimine les crampes menstruelles au bout de quelques semaines, redonne de l’énergie après un accouchement tout en stimulant la production de lait.

Les hommes ne sont pas oubliés pour autant, puisque des études récentes ont montré que la racine d’ortie pouvait réduire de 70% le volume initial de la prostate en cas d’hypertrophie, et qu’elle diminuait aussi les quantités d’urine résiduelle.

Enfin, l’ortie est utile dans le cadre de quelques autres traitements, comme ceux :

  de l’anémie puisqu’elle est une excellente source de fer,

  de l’acidose puisqu’elle est alcaline et stimule l’excrétion des déchets azotés,

  des hémorragies puisqu’elle est astringente,

  des déficits immunitaires puisqu’elle est adaptogène,

  des allergies puisqu’elle est antihistaminique,

  de l’hypertension,

  de l’insuffisance veineuse, etc., etc.

 

Mode d’emploitisane ortie

L’eau chaude ayant un pouvoir d’extraction des minéraux, et notamment de la silice, beaucoup plus marqué sur l’ortie que sur beaucoup d’autres simples, on ne peut que conseiller de privilégier la consommation de cette plante sous forme de tisane.

Rien n’empêche d’ailleurs de consommer cette tisane jusqu’à un litre par jour tant elle est bénéfique à tous points de vue !

On prendra généralement, pour la confectionner, cinquante grammes de feuilles et de racines par litre d’eau que l’on fera tout d’abord bouillir pendant trois minutes avant de laisser infuser vingt autres minutes.

Cette préparation sera plus spécifiquement dédiée à des fins reminéralisantes, dépuratives, anti-diarrhéiques ou antirhumatismales.

Encore que, pour les rhumatismes, on puisse aussi consommer une décoction de cinquante grammes de racines coupées à faire bouillir dix minutes dans un litre d’eau et à boire entre les repas, en deux jours.

Cette décoction de racines, mais ici mélangée avec du plantain, du genièvre et du thym, est également recommandée en cas d’affections du tube digestif ou des voies respiratoires, et plus spécialement dans l’ulcus gastrique et intestinal.

On en boira alors une à deux gorgées bien chaudes plusieurs fois par jour.

Pour bénéficier pleinement des effets thérapeutiques des graines, par contre, mieux vaudra préférer l’alcool comme moyen d’extraction, un alcool ne dépassant toutefois pas 50%, dans une teinture à effet tonique ou contre les troubles de rhinite allergique.

La glycérine, pour sa part, extrayant bien le fer, il serait intéressant de traiter l’anémie avec un macérât glycérine d’ortie.

Malheureusement, celui-ci n’est pas disponible dans tous les pays, et en France il est très difficile à trouver.

Enfin, pour profiter au mieux du pouvoir hémostatique et vasoconstricteur de l’ortie, il est conseillé de centrifuger soi-même la plante pour en exprimer un jus frais dont on boira cent grammes par jour en trois fois.

On trouvera, par ailleurs, un jus conditionné en flacons dans les magasins de diététique, mais cet excellent produit est généralement plutôt à visée dépurative.

 

L’usage externerecette ortie pour cheveux

Consacrées à l’usage externe, les recettes abondent tout autant…

Il est, par exemple, tout à fait possible de confectionner une lotion tonique pour le cuir chevelu en faisant tout simplement bouillir quelques racines dans du vinaigre ; préparation que l’on utilisera à raison d’une cuillère à soupe dans une tasse d’eau pour se rincer les cheveux après un shampoing.

A noter qu’il est également envisageable de mélanger cette cuillère à soupe de vinaigre à l’ortie dans un bain, comme traitement adjuvant de l’arthrite.

En vue d’activer la pousse des cheveux, le docteur Valnet conseillait une friction du cuir chevelu à l’aide d’une macération, dans un litre d’eau de vie, de cinquante grammes de racines d’ortie et d’autant de romarin.

Contre la chute des cheveux, on recommande par ailleurs une décoction d’un mélange de feuilles et de racines d’ortie, de racines de bardane et de thym.

Enfin, pour les bains de bouche et gargarismes contre les infections buccales et les aphtes, on préparera une décoction de trente minutes d’une poignée de plante entière dans un demi litre d’eau.

Normalement, rien n’interdit de boire de l’ortie toute sa vie, car ce produit n’est évidemment pas toxique et ne connaît pas de contre-indications.

Seuls quelques rares effets secondaires de l’infusion, consistant en ballonnements, ont été notés chez quelques rares personnes,

Deux associations sont toutefois à éviter :

  avec le lithium dont l’ortie diminue l’effet,

  et avec les fluidifiants sanguins antagonistes de la vitamine K puisque cette plante en contient de bonnes quantités.

Quant à l’usage externe, tout le monde sait que le contact de la feuille avec la peau provoque une irritation qui, curieusement, sera efficacement calmée par… du jus d’ortie.

 

Le purin d’ortie

Au jardin, l’ortie est considérée comme une plante essentielle.

On l’utilise tout d’abord en purin, comme tonique universel en pulvérisation foliaire sur les plantes.

Le purin d’ortie a aussi l’avantage de renforcer les défenses naturelles des plantes et d’avoir un certain effet répulsif sur les insectes et les maladies.

Ajoutée au compost sous forme de préparation biodynamique, l’ortie a alors pour effet d’aider le processus de décomposition.

Enfin, plantée près de l’angélique, de la valériane, de la sauge ou de la menthe, elle a le pouvoir d’accroître leurs proportions d’huiles essentielles et de principes actifs.

 

Soupe d’ortie

Faire bouillir cinq cents grammes d’orties avec deux cents grammes de pommes de terre, pendant vingt minutes.

Cinq minutes avant la fin ajouter une pincée de noix de muscade et une demie cuillère à café de poivre et de sel.

Passer au mixeur et servir chaud avec un peu de beurre ou de margarine végétale.

 

Velouté d’orties aux algues

Dans un peu d’huile de tournesol, faire revenir un beau bouquet d’orties avec trois cuillères à soupe d’Ao-Nori, un oignon coupé fin et deux carottes râpées.

Ajouter deux pommes de terre râpées et un gros litre d’eau, du sel et du poivre.

Laisser cuire une bonne vingtaine de minutes et mixer.

Servir avec un peu de crème fraîche ou de crème de soja.

 

Orties au sésame

Faire sauter des orties hachées dans de l’huile de sésame.

Ajouter un peu d’eau pour laisser cuire à feu doux pendant une vingtaine de minutes.

En fin de cuisson, saupoudrer avec quelques graines de sésame.

 

Bière aux orties

Laisser bouillir trois quart d’heure un kilo de jeunes orties avec un citron coupé en rondelles dans quatre litres d’eau.

Après cuisson, passer le liquide, ajouter un bol de sucre complet et laisser tiédir.

Un fois tiède, ajouter trois cuillères à café de levure de bière, remuer vigoureusement et laisser fermenter deux semaines dans des bouteilles de bière munies d’un bouchon en porcelaine serti d’un joint en caoutchouc.

Servir très frais.

 Jean-Baptiste Loin 

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6 Commentaires sur "Les multiples vertus de l’ortie"

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Nicole
Invité

Merci pour ces infos très claires. J’adore la soupe d’ortie et ne pensais pas qu’elle avait autant de propriétés!

Balas Jean
Invité
Balas Jean

bedank voor de goede uitleg in verband met de brandnetel en ik wil graag op de hoogte gehouden worden , groetjes .

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Josiane
Invité
Josiane

merci pour cet article complet, je me permettrai d ajouter si vous le voulez bien, que je m’en procure en préparation magistrale en pharmacie , un extrait de plante standardisé , EPS de Pileje, qui permet de profiter de TOUS les principes actifs qu elle contient 🙂

Louise
Invité
Louise

J’ai déjà utilisé l’ortie. Merci de me le rappeler .

chantal
Invité
chantal

bonjour, tout est clair…il nous reste à trouver l’herboriste…ou à ramasser des orties dans des endroits non pollués….ce que je faisais plus facilement il y a 30 ans !

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