Vers la fin des pesticides, ou l’emprisonnement du vivant ?

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interdiction des pesticides

Une poignée d’associations françaises tente de mettre un terme à l’utilisation généralisée des pesticides ainsi qu’à la manipulation, parfois souterraine, d’anciennes espèces végétales en OGM. 

Il est clair que si nous n’agissons pas très rapidement pour corriger intégralement nos méthodes de cultures en abolissant pesticides et OGM, bientôt, les espèces anciennes disparaitront de la nature et la terre s’appauvrira au point de ne plus être suffisamment fertile pour permettre aux graines non transformées génétiquement, de grandir. 

Si tant est que cette catastrophe écologique puisse ne pas vous toucher au plus haut point, force est de reconnaître que nous sommes déjà tous porteurs de milliers de produits chimiques comme le glyphosate, même en s’alimentant bio et en prenant les précautions indiquées pour les éviter. 

Sur ce point, au moins, tout le monde s’accorde à dire que le temps de l’indignation est révolu, et qu’il est désormais indispensable de passer à l’action très globalement, très rapidement, en se souciant plus encore des générations futures que de soi-même. 

Par le biais de 746 événements en France, vendredi s’est organisée une nouvelle mobilisation intitulée « Nous voulons des coquelicots ». 

Depuis quelques mois le mouvement des « coquelicots » a mis en place une vaste campagne de sensibilisation lançant « un appel pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse ». 

Les rassemblements arborant des coquelicots en tissu ont permis à la pétition adressée au gouvernement de récolter près de 500 000 signatures. 

La pétition des coquelicots

Le constat motivant la pétition des coquelicots semble d’une justesse évidente : 

  • la nature est défigurée, 
  • de nombreuses espèces d’oiseaux disparaissent,
  • les abeilles sont déroutées et meurent par milliards,
  • les grenouilles et les sauterelles s’évanouissent, 
  • les fleurs sauvages, comme les coquelicots, ne supportent plus la pollution des sols et se raréfient de manière inquiétante, voire disparaissent totalement du paysage. 

Se répandant par les nappes phréatiques, les eaux de pluie, le lait maternel, les fruits et légumes… les milliers de pesticides créés par l’homme entretiennent ainsi un génocide silencieux, engendrant une hécatombe à travers absolument toutes les espèces vivantes. 

D’ailleurs il est maintenant de notoriété publique que les cancers et maladies dégénératives sont intrinsèquement liés à ce gigantesque « effet cocktail » de pollutions iatrogènes. 

Bien que le but de cet article ne soit pas de revenir sur ces points, dont j’ai déjà souvent parlé, Frédéric Chabrier, spécialiste de la qualité de l’eau et membre de l’association Glyphosate 4972, vous reparlera plus en détail dans un encart dédié que vous trouverez à la suite de cet article, des dernières études de l’INSERM en la matière. 

Et même s’il reste primordial d’avoir conscience de la réalité ainsi que de l’omniprésence de ces dangers, il me semble plus important encore de s’orienter vers des solutions positives. 

Or, si l’association bienfaitrice des coquelicots est indéniablement à l’origine d’un élan positif, elle semble pourtant naïvement croire qu’une pétition puisse suffire à décider le gouvernement à protéger les citoyens, ainsi qu’elle l’exprime en conclusion : 

«  Nous exigeons de nos gouvernements l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. 

Assez de discours, des actes. » 

Une volonté d’agir venant probablement du cœur, mais se noyant dans un processus pétitionnaire s’étant montré largement limité, insuffisant au changement ou inutile à grande échelle. 

Qu’on se le dise, malgré l’apparent moratoire planétaire sur une transition écologique, aucun gouvernement ne sera spontanément prêt à sacrifier les milliards que lui apporte le commerce de pesticides afin d’en protéger qui que ce soit ou quoi que ce soit. 

Tous ceux ayant motivé des pétitions ou des mouvements sociaux peuvent en témoigner, après en avoir fait les frais. 

Les faucheurs volontaires d’OGM

Avec une approche différente, les faucheurs volontaires, collectif de militants refusant l’implantation d’OGM et de substances chimiques dans notre quotidien, semblent penser sensiblement la même chose.

Pour leur part ils tentent d’éradiquer manu militari la vente d’herbicides et pesticides, tout en dénonçant le manque de transparence concernant certaines espèces OGM cultivées massivement,  comme par exemple : 

  • le maïs,
  • le tournesol,
  • ou le colza…

Après avoir neutralisé à coup de peinture des bidons d’herbicides hautement dosés en glyphosate dans des grandes surfaces, certains de ces activistes ont été poursuivis par le Tribunal correctionnel de Foix. 

En octobre 2017, le cabinet Tumerelle, organisant la défense des militants, a immédiatement réagi en demandant au Tribunal de Foix de saisir la Cour de justice de l’Union européenne, afin de demander une mise en lumière concernant « l’illégalité » des textes européens prévoyant une méthode d’évaluation des pesticides ne respectant pas le principe de précaution. 

Et c’est tout particulièrement en dénonçant les dangers largement sous-estimés du glyphosate, un cancérigène employé dans la fabrication du Round Up, qu’ils ont fini par avoir gain de cause au Tribunal de Foix, dont le juge a tranché en acceptant de saisir la Cour de justice européenne. 

Rappelons tout de même que, malgré la volonté des collectivités de supprimer l’utilisation du désherbant le plus utilisé au monde, ses ventes ne cessent de croître.  

Rappelons également qu’après avoir promis de l’interdire d’ici 2021, le président Macron est revenu sur sa décision en annonçant que la France ne parviendrait pas à s’en passer… du tout.  

Les questions posées par la défense à la Cour de justice européenne portent sur la conformité du règlement européen face au principe de précaution, tout en interrogeant la suffisance d’un tel principe pour assurer l’impartialité de la commercialisation de produits nocifs comme des désherbants. 

Elles mettent également en exergue le danger d’un « effet cocktail » où le mélange de plusieurs substances chimiques nocives telles que le glyphosate, peut engendrer des risques bien supérieurs à la somme de chacune d’entre elles. 

D’ailleurs, afin de prouver globalement les risques d’intoxications au glyphosate, les faucheurs volontaires ainsi que les avocats de la défense ont réalisé des analyses d’urine, proposées depuis à l’ensemble de la population à travers une grande campagne de prélèvement, démontrant à la Cour de justice européenne que l’ensemble de la population est d’ores et déjà contaminé. 

Cette campagne est disponible sur un site internet réalisé par l’association 4972, permettant non seulement à chacun de dépister ce polluant, mais aussi et surtout de porter plainte au Tribunal pénal en visant aussi bien les autorités sanitaires que les industriels. 

Agir individuellement et simultanément

Au regard des actions pertinentes des uns et des réactions légitimes des autres, il semble plus urgent que jamais de regrouper toutes les volontés d’en finir avec la dictature industrielle et la loi du marché. 

Ainsi l’on peut déplorer que deux associations aussi proches dans leur volonté d’éradiquer les pesticides et de sauver les plantes sauvages ne soient unies dans une action commune et une réflexion plus globale, et non résolues à proposer des solutions de remplacement comme l’utilisation du neem et la permaculture. 

C’est une des nombreuses raisons, mais non la moindre, motivant la création d’une ONG internationale, connectant aussi bien les volontés locales que nationales et internationales.

Tant il s’avère paradoxal de constater qu’individuellement ces démarches sont relativement fragiles et désuètes, tout en proliférant dans le monde entier.

Sans oublier que la gratuité ainsi que la vitalité des végétaux et minéraux, dans leur grande diversité, sont intrinsèquement liées. 

En d’autres termes, se mettre à vendre ou à contrôler ce qui est naturellement gratuit, c’est la mort du petit commerce. 

Jean-Baptiste Loin

Rendez-vous sur cette page pour vous inscrire au prélèvement d’urine de la campagne glyphosate : 

https://framaforms.org/inscription-pour-information-ou-pour-les-prelevements-durine-de-la-campagne-glyphosate-49-72

Rendez-vous ici pour signer la pétition du mouvement des coquelicots :

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/l-appel


Ci-dessous l'article de Frédéric Chabrier 
à propos de l'effet cocktail des pesticides

Vous avez dit « eau potable » ?!

La pollution des eaux est systématiquement sous-estimée. 

Elle ne cesse d’augmenter. 

Les analyses effectuées ne concernent que quelques centaines de molécules au regard de plus de 300.000 produits chimiques présents sur le marché. 

Les métabolites et les nanoparticules ne sont jamais recherchés. 

Selon une récente étude de l’INSERM l’effet cocktail de ces milliers de molécules, étant présentes mais non recherchées, augmentant la toxicité des produits par 10 voire par 1000,  n’est jamais pris en compte. 

Partout les études trahissent une hausse alarmante des taux de polluants chimiques dans l’eau.

Les eaux de surface bien sûr mais aussi les nappes phréatiques. 

Dans les années 90 aucune recherche n’était effectuée sur les pesticides par exemple. 

On ne risquait donc pas d’en trouver !

En 2009, 43 d’entre eux ont été recherchés, et bien évidemment décelés. 

En 2016 on en a recherché 137 et ils ont non seulement été trouvés, mais on a aussi pu constater une hausse alarmante des 43 molécules mises en évidence en 2009.

Aujourd’hui, des études démontrent la présence importante de nitrate, de pesticides (insecticides, herbicides, glyphosates, etc…), et de métabolites, c’est à dire de molécules en dégradation.

Avec une nette augmentation des deux dernières catégories.

Toutes les molécules consommées se retrouvent dans l’eau. 

Il suffit donc de les rechercher pour démontrer qu’elles sont bien présentes et souvent au-dessus du seuil de qualité.

Pour environ 30% des nappes phréatiques et points de stockage analysés, la qualité devrait être déclarée non potable même en suivant les critères actuels.

A l’heure actuelle les rapports reflètent donc davantage la réalité que par le passé.

Je dois néanmoins signaler qu’aujourd’hui encore, les effets néfastes dus à la synergie et au cumul de substances nocives ne sont jamais pris en compte.

Ce que les spécialistes appellent « l’effet cocktail » constitue pourtant une réalité beaucoup plus alarmante que l’étude d’impact de chacune de ces molécules, étudiée individuellement.

La preuve étant qu’une étude de l’INSERM met en évidence que l’effet cocktail multiplie de 10 jusqu’à 1000 la toxicité individuelle de chaque molécule. 

Sans oublier que les médicaments chimiques, les antibiotiques, les corticoïdes, les produits lessiviels, fortement concentrés dans les lisiers épandus par centaines de milliers de tonnes, ne sont pas plus recherchés.

Aux yeux des pouvoirs publics, votre fosse septique et les excréments de votre famille sont beaucoup plus dangereux que les molécules chimiques !

D’ailleurs le cocktail constitué par les milliers de molécules chimiques polluant les eaux, est particulièrement problématique pendant la grossesse, pour la femme enceinte et le fœtus.

Selon le Pr Gilles-Eric Séralini, focaliser les recherches sur des produits chimiques isolés fait régulièrement minimiser le véritable risque lié à leurs dangers simultanés.

Il insiste aussi sur le fait que nous ne connaissons qu’une infime partie de la composition de produits chimiques comme le Round Up, contenant des centaines de dérivés du pétrole, dont l’arsenic (pourtant interdit depuis 1974), en plus du glyphosate.

C’est pourquoi il me semble honteux d’obliger de faire payer une certification biologique et de contraindre à déclarer les formules de petits producteurs, quand on sait qu’un tel manque de transparence existe pour les produits chimiques, se fondant sur des analyses instrumentalisées le plus souvent par les fabricants. 

Il faut se rendre à l’évidence, nos lois ne sont pas en mesure de protéger les consommateurs. 

Pour être plus précis, je considère que la législation actuelle n’assure ni le principe de précaution ni celui de la protection environnementale.

La haute finance qui possède et contrôle les multinationales a pris les peuples de la planète en otage. 

L’administration des Etats-nations est corrompue. 

Elle a fait voter des lois qui criminalisent l’accès aux richesses de la biosphère.

Nous sommes captifs d’un système qui stérilise la biodiversité et nous interdit l’accès aux plantes sauvages et aux semences paysannes. 

Les citoyens du monde sont irrémédiablement empoisonnés par les pesticides de synthèse et par des aliments contaminés, dénués de valeur nutritives.

Il est trop tard pour s’indigner face à ces lois scélérates.

L’humanité est désormais confrontée à un choix décisif : 

Sombrer définitivement dans une sorte d’esclavagisme de la chimie de synthèse ou recouvrer son droit d’avoir recours à la Terre, aux plantes sauvages, aux plantes médicinales et aux plantes alimentaires.

Frédéric Chabrier

Pour avoir accès aux dernières études de l’INSERM, rendez-vous sur cette page : 

https://www.actu-environnement.com/ae/news/insrm-perturbateurs-endocriniens-effet-cocktail-29650.php4#xtor=ES-6

Pour garantir la qualité de votre eau domestique, Frédéric Chabrier vous suggère d’osmoser l’eau de votre réseau avec hydropure exel 2, puis de lui redonner vie en la dynamisant et en la rendant bio-compatible avec le dynamiseur Olidyn, que vous trouverez tout deux sur cette page :

https://reponsesbio.shop/categorie-produit/maison/eau-filtration-dynamisation/

Vous souhaitez en savoir plus au sujet de l’eau vivante ? 

Découvrez la conférence de Frédéric Chabrier réalisée par Réponses Bio :

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2 Commentaires sur "Vers la fin des pesticides, ou l’emprisonnement du vivant ?"

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Dominique
Invité

Merci.

Michelle
Invité

dommage que les prélèvements et analyses soient limités à 2 départements ????
merci

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