Les bons polyphénols du cacao

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quels sont les bienfaits du cacao ?

En cette période de fêtes, après un stress particulièrement accru ces derniers mois, la tentation de se faire plaisir est grande !

Savoir se faire plaisir est et restera toujours une saine initiative, mais bien évidemment il y a différentes manières d’y parvenir.

Par exemple, la satisfaction que l’on peut éprouver en se goinfrant de sucreries déguisées en chocolats de Noël qui, tout le monde le sait, est la porte ouverte aux crises de foie et diverses intoxications, ou celle de déguster du vrai cacao bio et cru qui lui bien au contraire, va soutenir votre santé et vous dépolluer…

Et vous pendant les fêtes, dans quel plaisir croquerez-vous ?

Mieux que dans le chocolat, les bons polyphénols du cacao présents principalement dans les fèves crues, mais aussi – bien qu’en moins grande quantité – dans le vrai beurre de cacao, sont des amis du système cardiovasculaire et de la glycémie.

Les Mayas, qui consommaient de la fève de cacao sous forme de breuvage, considéraient cet aliment comme un véritable médicament censé soigner aussi bien l’impuissance que la timidité ou l’apathie, la toux que les brûlures… 

Tandis que les Aztèques et les Incas eux, utilisaient plus volontiers le beurre de cacao pour ses vertus bienfaitrices et réparatrices sur la peau.

Ils avaient donc compris que sa haute teneur en acides gras saturés faisait plus volontiers du beurre de cacao, un remède externe qu’interne.

Toujours est-il que l’on sait aujourd’hui que la fève de cacao est riche en polyphénols antioxydants qui s’avèrent capables de protéger le système cardio-vasculaire et d’inhiber l’agrégation plaquettaire.

De plus, ils contiennent de la théobromine ainsi que d’autres méthylxanthines comme la phényléthylamine et la caféine dotées d’effets antidépresseurs, stimulant le système nerveux central et améliorant les performances musculaires.

Rien d’étonnant, donc, à ce que certains diététiciens conseillent la consommation régulière de chocolat.

Mais ce conseil est-il si approprié ?

Les dangers du chocolat

Bien sûr, tous les chocolats ne se valent pas. Certains sont de qualité médiocre alors que d’autres, comme ceux que l’on fabrique en Suisse par exemple, sont réputés dans le monde entier.

Il existe aussi différentes variétés de chocolats : le chocolat non sucré, à l’état brut ; le chocolat noir, contenant jusqu’à 70% de pâte de cacao ; le chocolat au lait, plus doux et onctueux ; et enfin le chocolat blanc, qui ne contient pas de chocolat à proprement parler mais seulement du beurre de cacao et du lait.

Tous ces chocolats, on s’en doute, n’ayant pas les mêmes composants, ne présentent pas les mêmes propriétés.

Si l’on se réfère à la teneur en magnésium, souvent mise en avant pour faire valoir les qualités nutritionnelles de cette gourmandise, la poudre de cacao en contient 410 mg/100g, le chocolat noir 293 et le chocolat au lait 58.

Au plan des lipides, il est évident que c’est le chocolat au lait qui en totalise le plus, avec 34%, mais la poudre de cacao en contient malgré tout 27%, dont 60% d’acides gras saturés, ce qui fait, dans tous les cas, du chocolat un aliment très gras avec d’assez mauvaises graisses.

Renfermant d’autre part beaucoup de glucides (près de 40% pour la poudre de cacao brute, et plus de 60% dans les autres chocolats), cet aliment est également hypercalorique et ne peut être conseillé en cas de surcharge pondérale.

Mais ses deux plus grands défauts sont une richesse excessive en purines (630mg/100g), et la présence d’un alcaloïde, la théobromine, à l’effet excitant.

Egalement très chargé en acide urique, le chocolat fait aussi le malheur des rhumatisants et goutteux.

Enfin, il s’avère particulièrement indigeste et déconseillé à toute personne souffrant de problèmes digestifs ou hépatobiliaires.

Comme on le voit, le chocolat n’est pas la fève de cacao.

D’ailleurs, les bons polyphénols contenus dans cette fève disparaissent à 95% au cours de la transformation du cacao en chocolat.

Et comme si cela n’était pas suffisant, les malheureux 5% restant ne peuvent pratiquement plus être absorbés par l’organisme lorsque le chocolat est mélangé au lait.

A noter qu’un phénomène assez proche se produit avec le magnésium puisque celui-ci forme des espèces de « savons » inabsorbables avec les graisses du chocolat.

Les bienfaits des polyphénols du cacaoles bienfaits du cacao cru bio

Le cacao à l’état pur, lui, est riche en polyphénols et, plus particulièrement, en catéchine et en épicatéchine, deux procyanidines dont la structure en fait de puissants antioxydants au pouvoir bien plus important que celui de vitamines antioxydantes comme les vitamines C et E.

Consommés sous forme de fèves de cacao bio, ces polyphénols diminuent le dangereux cholestérol LDL et augmentent de façon significative le cholestérol HDL, renforçant ainsi la protection contre l’athérosclérose.

Mais ils réduisent également l’oxydation du cholestérol LDL qui joue un rôle important dans le processus de développement de cette même athérosclérose.

Par ailleurs, chez des fumeurs dont la fonction endothéliale est endommagée par la fumée de cigarette, la consommation de ces polyphénols améliore de façon significative la dilatation induite par le flux sanguin de 37 % et réduit de 36 % l’activation des plaquettes, indiquant que les polyphénols du cacao ont un effet bénéfique significatif sur les fonctions endothéliale et plaquettaire.

Dans une étude récente, le véritable cacao, administré pendant huit semaines à dose relativement faible, diminue la pression sanguine.

Dans le même temps, les marqueurs sanguins de la fonction endothéliale ont été améliorés de façon soutenue.

A une dose plus élevée, il provoque une réduction encore plus importante de la pression sanguine, et diminue les niveaux des enzymes lipoxygénases et de produits dérivés pro-inflammatoires, comme les leucotriènes, connus pour leurs effets néfastes pour l’endothélium et les processus de prolifération cellulaire normale.

On savait déjà que, chez des hommes âgés de 65 à 85 ans, la consommation régulière de cacao pendant quinze années divisait par deux le risque de mourir de maladie cardiovasculaire et diminuait également le risque de mortalité global.

Mais on sait à présent que les polyphénols du cacao sont associés, dans des études épidémiologiques, à une réduction du risque d’incidents cardiaques graves, et qu’ils exercent leurs effets protecteurs, d’abord en renforçant la fonction endothéliale en maintenant des niveaux sains d’acide nitrique, et ensuite en diminuant les facteurs pro-inflammatoires.

Enfin, ils diminuent les niveaux d’insuline à jeun et améliorent la sensibilité à l’insuline.

On a par ailleurs observé in vitro qu’ils inhibent la croissance de cellules cancéreuses humaines de la prostate et, dans certains cas, la stoppent complètement.

Ce phénomène a également été observé, de façon moins importante, sur des cellules métastasiques.

Ils n’ont par contre aucun effet négatif sur la croissance de cellules saines.

Sur des rats mâles, administrés par voie orale avant l’induction d’un stress oxydant chronique, puis tout au long de la vie des animaux, ils inhibent les effets de ce stress chronique et augmentent leur espérance de vie.

Ils exercent une action antioxydante protectrice sur les fonctions cognitives, combattent les pertes de mémoire et stimulent les capacités d’apprentissage.

Enfin, chez des souris diabétiques obèses, les polyphénols du cacao diminuent les niveaux de glucose sanguin. 

Cette modification pourrait être due à leur pouvoir antioxydant qui améliore l’insulinorésistance.

 Jean-Baptiste Loin 

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Didier
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Didier

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