La vision holistique d’un aromathérapeute malgache

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Récemment honoré par le Président malgache comme découvreur des principes actifs de l’Artemisia annua de Madagascar, et dont les bouteilles de Covid-Organics portent l’effigie, Albert Rakoto-Ratsimamanga avait également mis le doigt sur les propriétés de la Centella asiatica et de la Catharantus roseus, avant de devenir Directeur du CNRS et premier Ambassadeur de Madagascar à Paris.

Décédé à 94 ans, il est considéré comme le père de la phytothérapie de la Grande Île.

Cependant, avant de quitter ce monde il légua non seulement son bagage scientifique, mais aussi son amour de la nature et sa passion de la phytothérapie à son petit neveu, Didier Ramiandrasoa, qui a prolongé son œuvre et continue à mettre en évidence la nature médicinale de nombreuses plantes endémiques malgaches.

Son interview est cruciale pour mieux comprendre les particularités de la végétation malgache, pour apprécier pleinement la nature vibratoire de l’aromathérapie, mais aussi deviner la pertinence des médecines naturelles associées à la science, contre le Covid-19.

Jean-Baptiste Loin

Didier Ramiandrasoa, Bonjour, pourriez-vous vous présenter succinctement à nos lecteurs ?

Didier Ramiandrasoa

Bonjour, mes stagiaires m’appellent souvent soit par la traduction malgache de mon nom, « rien que du bonheur », soit par mon surnom « Mr Ravintsara » signifiant « La bonne feuille », et qui donne aussi la meilleure des huiles essentielles.

Étant natif de Mahajanga, au nord-ouest de Madagascar, et fier de l’être – rires -, je passe d’abord une maîtrise de physique-chimie à l’Université de Tananarive, puis je vais à Lyon pour faire une école supérieure de chimie industrielle, devenue le CPE Lyon aujourd’hui.

Ensuite, la première huile essentielle que j’ai analysée après ce parcours universitaire d’ingénieur fut justement le fameux Ravintsara, qui a fait tilt, dans la mesure où elle est d’actualité.

Après avoir été confiné entre quatre murs de laboratoire – rires – pendant des années, j’ai ensuite eu envie de sortir pour donner des formations.

Ce qui m’a amené à devenir qualiticien, il y a vingt-cinq ans, et formateur depuis plus de dix ans, à la fois dans les centres hospitaliers, les EHPAD, les écoles d’esthétique et à l’Université.

Voilà le parcours m’ayant amené à devenir aromatologue et qualiticien malgache.

J.B.L.
Que pouvez-vous nous dire à propos de la différence entre les plantes traditionnelles endémiques malgaches et la flore française par exemple ?

D.R.
Eh bien le goût du terroir cher Monsieur, chacun son bonheur !

Rires…

Vous avez la route des vins, nous avons la route des plantes endémiques, très prisée à Madagascar.

Je vous donne deux exemples, on a un Gingembre naturellement citronné, et on a une Citronnelle qui pourrait se situer entre des vertus anti-moustiques et anti-inflammatoire, vous voyez, c’est la seule citronnelle que j’ose mettre dans toutes mes applications jusqu’à mon poulet à la citronnelle.

J.B.L.
Que pouvez-vous nous dire à propos de l’huile essentielle de Ravintsara de Madagascar ?

D.R.
Alors là, nous entrons vraiment dans le vif du sujet.

Pourquoi l’appelle-t-on Ravintsara ?

Parce que c’est le nom vernaculaire malgache, qui ne peut être que malgache.

Je m’explique.

Au départ, cette plante a été importée d’Asie, il s’agit du camphrier.

Lorsqu’elle a poussé à Madagascar, l’huile essentielle qui en a été extraite, particulièrement celle réalisée à partir des feuilles, était totalement exempte de camphre, alors que nous parlons bien du même camphrier : cinnamomum camphora !

Cependant, il existe d’autres chémotypes de cinnamomum camphora, un camphrier venant d’Asie par exemple peut aussi être un « bois de Hô », qui est une espèce linalo-différente c’est à dire chémotypée linalol.

Alors que le Ravinstara malgache est un cinnamomum camphora cinéo-différent, c’est à dire riche en cinéole.

Le chémotype faisant la différence concernant la vertu thérapeutique de l’huile essentielle.

Et à Madagascar ce Ravintsara est très prisé pour ses vertus anti-virales et immunostimulantes, grâce à ses terpènes, ses oxydes et ses alcools, mais là j’entre dans sa composition biochimique.

J’aimerai davantage parler de son aspect botanique, c’est à dire du terroir, et aussi physico-émotionnel, parce que connaître l’aromathérapie c’est aller dans les trois niveaux : physique, psychologique, émotionnel.

L’huile essentielle de Ravintsara ne se trouve donc qu’à Madagascar.

Maintenant, il y a une autre plante dont le nom vernaculaire est « havozo » et dont le nom botanique est « ravensara aromatica », à ne pas confondre avec le Ravintsara, et qui est, elle aussi, une plante endémique de Madagascar.

On en tire une huile essentielle soit de la feuille, soit de l’écorce, qui ont des chémotypes différents.

Je m’explique.

Chez nous, en distillant l’écorce du bois d’anis, ou havozo, on obtient une huile essentielle très anisée.

Si on ne distille que les feuilles, on obtient une autre huile essentielle qui, elle, est très terpénée.

L’une, celle venant des feuilles, sera anti-stress et aura des vertus énergisantes, et l’autre, venant de l’écorce, sera plutôt anti-spasmodique.

Donc, vous avez compris que les molécules aromatiques vont mener à la vertu thérapeutique de l’huile essentielle.

Ce qui est très important à souligner.

J.B.L.
Selon vous Madagascar, ou plus exactement les plantes endémiques malgaches, ont-elles une chance de proposer un traitement sérieux et efficace contre la pandémie à laquelle nous faisons actuellement face ?

D.R.
Moi, je dis oui à coup sûr.

Oui, mais…

La grande condition vient de deux critères de qualité.

Le premier : la qualité proprement dite de l’huile essentielle, bien chémotypée, c’est à dire avec toutes ses molécules actives.

Tout comme le médicament a besoin de sa molécule active, si vous me permettez la comparaison, bien que la plante ne soit pas un médicament.

Second critère : le dosage, comme Paracelse le disait : « Tout est poison, rien n’est poison, c’est la dose qui fait le poison. »

Et quand je dis à coup sûr, c’est parce que je parle en connaissance de cause.

L’huile essentielle peut être à la fois préventive et curative.

Mais encore faut-il que les conditions de la qualité et du dosage soit respectées.

J.B.L.
Pensez-vous que les aromatologues, pharmatologues, médecins, ainsi que les différents spécialistes se penchant sur la question du Covid-19 à Madagascar, soient en mesure de déterminer l’efficacité d’une plante ou d’une huile essentielle contre cette maladie ?

D.R.
Les produits naturels doivent être trouvés en fonction de critères à la fois botaniques et biochimiques du produit recherché.

C’est intéressant sur le plan thérapeutique, mais encore faut-il tomber sur le bon produit.

Le chémotype de la plante étant une substance variable, à la fois pour des critères botaniques et biochimiques, le produit naturel évolue, il est incomparable avec un produit de synthèse.

La preuve étant que l’huile essentielle est un produit volatile.

Quand on a dit ça, on entre dans le domaine énergétique, son aspect volatil revêtant à mes yeux un aspect vibratoire.

Ce n’est plus une molécule de synthèse qui va être arrêtée, comme c’est le cas d’un médicament, même à base de plantes, qui va rester dans l’organisme et entraîner des effets secondaires.

L’huile essentielle, elle, va circuler, faisant du bien où elle circule, et sans laisser de traces.

Einstein disait « rien n’est matière, tout est énergie », cela définit bien l’aspect volatil des huiles essentielles.

Et, comme tout ça n’est pas brevetable, c’est là où beaucoup se disent : « l’huile essentielle, c’est trop compliqué ».

Mais ce n’est pas l’huile essentielle qui est compliquée, c’est la nature qui est complexe, ce n’est pas pareil !

L’huile essentielle contenant plusieurs molécules vibratoires, celles-ci vont vibrer avec celles de la nature, de l’humain, du vivant, du végétal comme de l’animal.

Et cette bio-résonance entre molécules, va déterminer l’aspect curatif ou toxique.

J.B.L.
Donc, vous voulez dire que si Madagascar décide de synthétiser un médicament à partir de la plante endémique qu’il aurait jugée efficace, ce serait perdu d’avance ?

D.R.
Ce serait perdu d’avance, oui, comme avec tout médicament.

Le médicament sera un produit « fini » ayant la prétention de guérir, tandis que l’huile essentielle sera un produit volatil qui va prendre soin de l’individu.

Les aromathérapeutes ne guérissent pas une maladie, ils prennent soin du malade.

Il est question à la fois de considérer les symptômes physiques d’un individu, son état psychique et ses émotions.

Quand on a cette vision holistique de l’humain, on peut commencer à parler d’aromathérapie.

Tout comme les civilisations anciennes nous font revenir à l’être essentiel, manifesté par l’être physique, l’affect et l’intellect.

On retrouve ça également au niveau du cerveau émotionnel avec le cortex encéphale, le cerveau logique et le cerveau reptilien.

Ou alors des tripes, du cœur et du cerveau, on pourrait faire de nombreuses analogies comme ça.

D’autres diront corps, âme, esprit.

D’accord, mais encore faut-il distinguer l’âme de l’esprit, et c’est toute une étude de conscience qui va jouer.

Sublime est la science lorsqu’elle est en synergie avec la spiritualité.

Tout comme Rabelais le disait d’ailleurs : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Pour moi c’est pareil, sauf qu’on ne parle que de l’âme, il faudrait parler un peu de l’esprit aussi.

J.B.L.
Pensez-vous que les huiles essentielles puissent avoir le même bénéfice pour quelqu’un comprenant ces notions énergétiques, que pour quelqu’un qui ne les comprendraient pas ?

D.R.
Puisque nous avons tous une âme et un esprit, elles sont profitables à tous.

Je m’explique.

Tant que l’on reste dans le symptomatique, la pathologie, le corps… eh bien on n’a pas tout compris.

Il est nécessaire de s’élever aussi bien dans l’âme, le cœur que l’esprit.

Les huiles essentielles suivent évidemment la même logique.

Elles sont variables en fonction de leur chémotype, et peuvent être plus ou moins élevées en certaines substances.

Et c’est aussi cette variabilité qui fait la différence avec le médicament.

Tout comme nous, son substrat va varier en fonction de son origine botanique, le terroir, la force du soleil, la vitalité de l’environnement…

À Madagascar on est nantis pour cela, il y pousse une nature resplendissante.

C’est ce qu’il faut mettre en jeu, ces ressources naturelles faisant que ces chémotypes sont variables et demandent à être déterminés.

Parce que quand on dit huile essentielle de Basilic, d’Eucalyptus ou d’Hélichryse, ça ne veut rien dire.

Il faudrait préciser quelle espèce d’Hélichryse avec quel chémotype, provenant de quel endroit.

La traçabilité, vous voyez ce que je veux dire.

Chaque huile essentielle sera unique, et aura ses propres vertus thérapeutiques.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’homme ou l’animal qui va être traité avec ces huiles essentielles, va entrer en biorésonance, il va vibrer avec elle.

C’est la résonance des êtres vivants entre eux, je dis bien DES êtres vivants entre eux.

A savoir le végétal, l’animal, l’humain.

Regardez le monde végétal aujourd’hui, comme il se porte bien.

Pourquoi le végétal se porte mieux que l’homme ?

Posons-nous la question.

C’est passionnant, parce que cette complexité de la nature nous amène aujourd’hui à réfléchir sur notre propre situation.

Pourquoi le stress est devenu le mal du siècle ?

Plus on sera stressé, plus les virus et bactéries vont proliférer dans le corps humain.

Cela aussi dépend de l’aspect psycho-émotionnel à comprendre pour sortir du côté symptomatique entrainant une surconsommation médicamenteuse.

Je ne suis pas anti-médicament, je suis simplement en train de dire que les médicaments peuvent être utiles pour les symptômes sévères, lorsqu’il est question de survie, d’accord, mais pas systématiquement.

Les huiles essentielles, elles, ont un fabuleux pouvoir préventif pouvant à elles seules éviter cette surconsommation.

On n’attend pas que l’individu soit malade.

Quand le cœur rejoint la raison, on a tout compris.

J.B.L.
Qu’est-ce qui vous fait penser que les huiles essentielles peuvent être efficaces contre le coronavirus ?

D.R.
C’est tout un art.

L’aromathérapie, c’est l’art de conjuguer les molécules entre elles.

Quand je disais tout à l’heure que les molécules vibrent en inter-dépendance avec ceux qui les utilisent, c’est aussi ce que je voulais dire.

Les molécules anti-inflammatoires ne sont pas des molécules anti-infectieuses, qui sont elles-mêmes plutôt à l’opposé des molécules antispasmodiques.

On peut aussi, comme je l’explique dans mon livre, faire des comparaisons avec les principes d’énergétique chinoise.

J’y explique par exemple que les molécules antiseptiques et énergétisantes, sont plutôt Yang, au contraire des molécules relaxantes qui sont plutôt Yin.

Tout cela s’apprend.

Et c’est grâce à la compréhension de cette complémentarité que, quel que soit le cas traité, nous allons prendre en considération ce référentiel qui pourra prendre soin de la personne par le biais de son activité moléculaire.

Je le répète, cette synergie permettant de conjuguer les molécules entre elles est tout un art.

D’ailleurs, une seule huile essentielle est déjà une synergie de plusieurs molécules.

On peut également parler de l’olfactothérapie qui invite simplement à constater, sans entrer dans une approche scientifique pour autant, le résultat d’une odeur sur une émotion, sur la mémoire olfactive pour ainsi dire.

Et en fonction des cas, l’aromathérapie pourra intervenir ou non.

Je m’explique.

L’olfactothérapie met en jeu le sens olfactif, et après, le goût.

Alors que l’aromathérapie va éveiller tous les sens.

Et je ne parle pas uniquement des cinq sens connus en Occident, mais aussi de la conception ayurvédique comptant onze sens jusqu’au mental.

L’éveil des sens, c’est comprendre l’aromathérapie.

Lorsque l’on a compris cela, l’aromathérapie peut alors rééduquer des personnes ayant perdu l’odorat ou le goût.

Tandis que l’olfactothérapie, qui est une bonne introduction, constitue une mise en éveil si j’ose dire.

L’éveil du ressenti de la personne, faisant appel à sa mémoire olfactive, va être une thérapie en soi.

Une odeur comprend plusieurs arômes.

Mon mentor, celui qui m’a donné le goût de l’aromathérapie, le Pr Ratsimamanga à Madagascar, est allé à la découverte des principes actifs, surtout des plantes médicinales.

Malgré le fait qu’il est décédé à 94 ans, il n’a pas eu le temps d’approfondir l’aromathérapie par les plantes aromatiques justement.

Ce que j’essaye de faire, c’est de poursuivre son œuvre dans ce domaine.

Pour moi, la médecine traditionnelle malgache passe obligatoirement par la phyto-aromathérapie.

C’est là où j’ai envie de faire la différence entre la phytothérapie et l’aromathérapie.

J’expliquai tout à l’heure qu’une huile essentielle obtenue à partir de l’écorce ne sera pas la même que celle obtenue avec les feuilles ou les fleurs, ce ne sera pas le même chémotype.

De la même manière, une huile essentielle obtenue après distillation ne contient pas les mêmes molécules actives que le principe actif, que ce soit de la plante, du légume, du fruit, du tronc ou de la résine, qui n’auront pas été distillés.

Lors de la distillation, c’est une véritable alchimie qui s’opère.

Tout comme le rapport psycho-émotionnel, il est invisible certes, mais c’est bien cela qu’il faut essayer de comprendre.

Les Chinois l’ont bien compris en termes de psychologie, ce sont eux qui ont été les premiers à dire que les intestins sont le deuxième cerveau.

Donc, pour donner le diagnostic le plus holistique possible, il faudrait considérer ces trois plans, le physique, le psychologique et l’émotionnel.

J.B.L.
Avant de revenir sur la question aromatique et médicinale des huiles essentielles, à votre avis, en utilisant votre grille de lecture, quels pourraient être les symptômes physiques, mais aussi moraux et psychologiques du Covid-19 ?

D.R.
En plus de l’aspect inflammatoire et viral que tout le monde connait, je dirais qu’il y a surtout la question du stress, la panique à bord.

Vous remarquerez que les décès sont souvent liés à la peur de ce coronavirus.

Il y a les antécédents bien sûr, les séquelles, mais la peur est la première chose à combattre.

Personnellement, j’ose dire dans mes enseignements, que grâce à certaines molécules : Même pas peur !

Dans les monoterpènes, pour ceux qui veulent en savoir plus.

Je ne vais pas développer ça tout de suite, mais c’est tout un art, encore une fois.

Il faut commencer par le côté immunostimulant, parce que toutes les choses négatives comme la peur, la colère, le stress, font baisser l’immunité.

Après, on attaque le côté symptomatique.

Et entre nous, dans le référentiel électrique, les molécules anti-inflammatoires ne sont pas les mêmes que les molécules anti-infectieuses.

Il faut le savoir, on confond tout !

On confond les médicaments anti-inflammatoires avec les huiles essentielles.

Mais ce ne sont pas les huiles essentielles qui sont anti-inflammatoires, les huiles essentielles contiennent des molécules anti-inflammatoires avec d’autres molécules.

C’est ce qu’il faut comprendre.

Et quand on sait utiliser en synergie une molécule anti-infectieuse et une molécule anti-inflammatoire, on a tout compris.

Là, on s’occupe à la fois de la symptomatique, de l’immunité, et de l’aspect psycho-émotionnel.

J.B.L.
Justement, quelle différence voyez-vous entre un traitement à partir d’une molécule de synthèse anti-inflammatoire, comme des corticoïdes par exemple, et une huile essentielle aux mêmes propriétés ?

Il n’y a qu’une seule réponse, la volatilité.

Dans les airs, l’avion laisse des traces, mais pas le vol des oiseaux.

Il y a les molécules de synthèse avec leurs effets secondaires, et les molécules vivantes et volatiles, qui ne laissent pas de traces du moment qu’elles sont correctement dosées.

Tout simplement.

Toutes les molécules naturelles ne sont pas forcément douces, certaines sont nécessairement plus méchantes, ce qui leur permet de combattre les grosses infections.

Là, il faut savoir doser.

Comme toutes les bonnes choses, en user, mais ne pas en abuser.

La connaissance de la molécule va de pair avec la connaissance de soi.

Le récepteur et l’émetteur doivent être en phase.

C’est l’art, une fois de plus, de savoir conjuguer toutes ces molécules.

Quelle molécule naturelle va pouvoir s’adapter aux consom’acteurs, tel que je le précise dans mon livre.

La personne qui la consomme doit être responsable, partie prenante, connaisseuse, se prenant en charge.

Sans vouloir nécessairement passer par l’automédication, la personne doit quand même être responsable de ce qu’elle consomme.

Sans parler uniquement des huiles essentielles, la première consommation c’est la nutrition.

Si la personne n’est pas consciente de sa consommation pour ses soins, ce qu’elle mange, ce qu’elle respire, ce qu’elle touche, eh bien elle n’a rien compris.

Elle ira toujours chercher un produit miracle qui n’existe pas.

S’il y avait vraiment un tel produit, on ne serait pas là à discuter.

Rires…

Il est difficile de comprendre l’aspect énergétique des huiles essentielles, on ne soupçonne pas ce qui est invisible, mais on peut le constater.

Par exemple, quand une huile essentielle élimine le stress que l’on ressent, on le constate bien.

On fait bien la différence entre la peine et la joie.

Il faut savoir décortiquer les émotions issues d’un même sentiment.

Du moment que l’on considère toujours le verre à moitié plein, ces émotions peuvent éclairer.

Pour être sans peur, il faut être dans la connaissance.

L’ignorance, au contraire, est source de peur.

Lorsque l’on ne comprend pas la vérité, le tout c’est de ne pas avoir peur, non ?

J.B.L.
Absolument !

Pour ne parler que des consommateurs, ceux qui n’auraient pas encore compris l’importance de leurs choix de consommation, ne comprenant finalement ni la médecine allopathique, ni l’aromathérapie ou même les naturopathérapies en général, à votre avis, comment se fait-il qu’ils fassent systématiquement confiance à la molécule de synthèse plutôt qu’à la molécule naturelle ?

D.R.
Parce que c’est ce qu’on leur impose sans leur demander leur avis.

Parce qu’ils attendent que le mal soit là pour essayer de guérir, au lieu de prévenir ce mal.

Après, l’acceptation et la non acceptation peuvent participer à des effets placebo et nocebo.

Et quoi d’autre que les médecines naturelles et une alimentation saine pour éviter d’être malade ?

On commence toujours par l’hygiène et la prévention.

Puisque nous sommes en plein confinement, posons-nous la question.

Qui est prêt pour l’après confinement ?

Qui est prêt à affronter le Covid-19 ?

J.B.L.
Selon vous, tout le monde va finir par le contracter ?

D.R.
Tout le monde va devoir apprendre à vivre avec, surtout.

Les porteurs sains resteront toujours de porteurs sains.

Alors que les autres vont péricliter.

Si l’équilibre physico-psychique n’est pas présent et qu’il y a des antécédents, on tombe.

C’est ce que tout le monde devrait comprendre lorsque l’on parle d’immunité.

Les défenses immunitaires sont le maître mot pour ne pas tomber.

Il ne faut pas se faire d’illusions, les bactéries et les virus existeront toujours.

Il faut bien que tout le monde vive, non ?

C’est ça le vivre ensemble !

Rires…

Mais certains vont dire : « Ah celui-là je ne l’aime pas. »

Vous voyez ?

Pour ne pas parler de xénophobie et d’autres choses…

Rires…

Et là, dans ce mal-être surgit le fameux stress.

Énormément de pathologies sont dues au stress, il ne faut pas toujours essayer de trouver la pommade pour guérir le bobo, ce n’est pas ça du tout.

Enfin, je dis c’est pas ça du tout, mais si on est malin on peut faire les deux.

Personnellement, je classerais les huiles essentielles avec les compléments alimentaires, vous voyez ce que je veux dire.

Hippocrate disait bien « Que ton aliment soit ta première médecine ».

Seulement, encore faut-il savoir se nourrir.

Et pour moi, la nourriture vient à la fois du corps et de l’esprit.

Maintenant, quand on a des moyens naturels, il faut savoir les utiliser.

Pour en revenir à Madagascar, bien que la déforestation soit un terrible fléau, depuis des années que j’y organise des visites d’éco-tourisme, vous ne pouvez pas savoir le nombre d’espèces que je découvre tous les jours.

Je dis bien tous les jours.

Pour vous donner un exemple, ne serait-ce que pour les Eucalyptus, on en est à une douzaine d’espèces connues à Madagascar, avec des chémotypes différents.

Vous réalisez la grandeur de la nature ?

Et quand on parle du virus, bien sûr ce sont les Eucalyptus à cinéole que l’on regarde en premier.

Cinéole, c’est l’oxyde terpénique, la molécule expectorante.

Après, il n’y a pas que les oxydes, heureusement qu’il y a les alcools, qui sont davantage anti-infectieux.

Et les phénols, qui sont des anti-infectieux bien plus puissants encore.

Ou encore les terpènes, qui sont toujours présents, quelle que que soit la proportion, dans toutes les huiles essentielles.

Ce qui veut dire que de toute façon, une huile essentielle doit être antiseptique.

Ensuite la synergie de chaque molécule fait qu’elles vont aller soigner telle ou telle problématique.

J.B.L.
Selon vous, quels seraient les principes de précaution afin de désengorger une inflammation avec une huile essentielle, malgré les craintes existantes vis à vis du coronavirus en particulier ?

D.R.
Alors bien sûr, il y a des principes de précaution.

Personnellement je ne mettrais pas une huile essentielle de Gaulthérie, qui contient 98% à 99% de salicylate de méthyle, qui est un ester d’acide on ne peut plus anti-inflammatoire.

Mais si la personne n’est pas sous anticoagulant par exemple, je doserais dans un certain équilibre les anti-inflammatoires et les anti-infectieux en même temps.

Si la personne était sous anticoagulant ou avait un traitement d’hormone like je n’en mettrais pas, ou je diluerais fortement l’H.E.

Et pour prendre toutes les précautions, j’utiliserais en même temps l’antidote qui se trouve dans la nature.

Il y a toujours un antidote dans la nature, pour ne pas dire un anti-poison.

C’est passionnant la nature.

Tant qu’on est vivant, on doit tous se poser la question : Que puis-je faire pour la nature, tout comme pour ma nature ?

C’est le microcosme dans le macrocosme.

L’équilibre dont on parle avec les huiles essentielles existe aussi dans la vie.

Prenons par exemple des parents qui ont quatre enfants de tempéraments différents.

Comment vont-ils faire pour les élever équitablement ?

C’est pareil avec le monde, quand on a des proches, comment aimer tout le monde ?

Bien les aimer, c’est bien les élever.

On peut aller très loin dans cette connaissance, en passant par la compassion, la bienveillance, qui sont à mes yeux les premières thérapies.

Ensuite, l’amour inconditionnel c’est celui qui a tout compris.

J.B.L.
Pensez-vous que les huiles essentielles représentent un outil susceptible d’accompagner la connaissance de soi ?

D.R.
Tout à fait !

Nous les savants, médecins, scientifiques, professeurs, on est très forts dans le symptomatique, on est vraiment très forts.

On peut remplacer un organe, réaliser des opérations chirurgicales très compliquées, prodiguer des soins intensifs pour des maladies aiguës, mais quand il y a une inconnue, quand la bactérie mute comme dans la maladie de Lyme par exemple, là il n’y a plus personne.

On ne comprend plus ses résistances.

On n’intègre pas les terribles conséquences du stress.

Comme les Chinois le montrent par exemple dans les MTC, il y a la psychologie de chaque méridien.

La peur, la jalousie, le deuil, la peur de manquer, la colère, la subjectivité, vont avoir des conséquences qui peuvent être traitées avec des huiles essentielles particulières à chaque fois.

L’aromathérapie, qui ne fait que reprendre les principes de la nature, est tellement vaste, tellement complexe, tellement variable, ce serait dommage de s’arrêter à sa puissance anti-virale ou anti-bactérienne.

La science m’a bien aidé dans mes recherches et mes démarches socio-professionnelles, mais je ne suis pas un scientifique, je suis un être humain.

Aujourd’hui, le meilleur des scientifiques peut très rapidement être dépassé.

J’ai rencontré des tradi-praticiens de médecine chinoise à Madagascar, il n’ont aucun diplôme, mais je bois du petit lait quand je les entends parler.

Les scientifiques et les cartésiens ne croient pas à toutes ces choses, pourtant les résultats sont bien présents.

Pour revenir aux huiles essentielles, la distillation est une alchimie, il y a des choses à comprendre, mais si l’on ne comprend pas, on apprend, et on constate surtout.

Sans vouloir entrer dans des formules de structure moléculaire et de polymères.

Rires…

On peut constater par soi-même.

J.B.L.
Est-ce que vous croyez que le gouvernement malgache actuel, avec l’aide des huiles essentielles, est en mesure de trouver une solution ?

D.R.
On s’y attelle.

Nous les Malgaches en premier, mais pas uniquement.

Si l’homme a compris ses droits et son devoir envers la nature, on peut la trouver.

Et pourquoi Madagascar peut y aider ?

Je le répète, parce que la nature y est exceptionnelle.

Aujourd’hui, nous pouvons le prouver botaniquement et scientifiquement.

Mais personnellement, je pense qu’il n’y a rien à prouver, il suffit de constater.

D’accord, ça fait du bien de savoir, mais l’important c’est que les résultats soient bénéfiques, non ?

Ce serait dommage de se priver de ces connaissances : on peut sauver des vies.

En allopathie aussi on peut sauver des vies, mais il n’y a pas que ça.

Quand l’allopathie est dépassée il faudrait qu’on ait l’humilité d’utiliser ses compléments.

J.B.L
Est-ce que vos étudiants, ceux que vous formez dans les EHPAD, dans les hôpitaux, utilisent, même discrètement, les huiles essentielles ?

D.R.
Voilà ! Vous avez piqué le vif du sujet.

Effectivement, ils les utilisent individuellement, pour leur propre gouverne, mais ce n’est pas le but, le but c’est la pluridisciplinarité, non ?

Elle doit pouvoir servir au collectif, c’est aussi la question de l’altruisme et de la bonne utilisation des égoïsmes.

Nous vivons tous en interdépendance avec la nature, comme l’explique si bien mon cher Pierre Rabhi.

Lui est dans la nature, ça s’entend, ça se voit.

Aujourd’hui, nous pouvons tirer les leçons de ce qui nous arrive.

J.B.L.
Mais comment passer à l’action lorsque l’on manque d’informations, de connaissances ?

D.R.
C’est là où on va plus vite avec la connaissance, avec les informations.

Sans informations on est figé, on est inerte, on a peur d’agir.

Il y a le vouloir, le pouvoir, le savoir, mais il y a aussi le oser.

J.B.L
Et pensez-vous que toutes ces informations contradictoires circulant à la télévision, dans les journaux et sur internet, poussent les gens dans cette incapacité à agir justement ?

D.R.
C’est le fléau de l’ignorance, poussant à l’égoïsme.

L’ignorance, c’est ne penser qu’à soi-même, et sa capacité à dominer l’autre.

L’ignorance est la cause de toutes les souffrances.

Mais l’avantage du confinement, c’est qu’il nous donne le temps de faire les bonnes choses, d’acquérir ces connaissances et de les mettre en pratique.

Il faut juste aimer les gens et la nature, s’émerveiller de ce qui existe.

C’est notre plus belle arme.

J.B.L.
Didier Ramiandrasoa, merci d’avoir répondu aux questions de Réponses Bio.

D.R.
C’était un grand plaisir, un plaisir essentiel je dirai.

Rires…

Propos recueillis par Jean-Baptiste Loin

Pour découvrir l’ouvrage de Didier Ramiandrasoa rendez-vous sur cette page : Parcours d’un aromatologue malgache

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emaFulgenceanikBaptisteJean Rostand Auteurs de commentaires récents
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Gun
Invité

Bonjour monsieur!

Votre site est tres intéressant !

j’aimerai bien avoir vos mails pour information sur les HE malgaches.

Mon mari cherche le nom en malgache de :ARTHEMISIA ANNUA:

Il me semble que cette plante est interdite en France.

Nous habitons a la frontière de Geneve, Suisse et nous pouvons acheter des plantes médicinales en Suisse.

Comment trouver cette plante pour faire la tisane? Faut il combiner avec d’autres plantes pour être efficace ?

Nom de melanges?

Je vous remercie en avance et j’attend votre réponse ,

Meilleurs salutations,

ema
Invité
ema

vous trouverez sur les sites vente en ligne qui vendent des produits pour la maladie de lyme, les teintures mères du dr cowden. si vous trouvez ces teintures, ils auront aussi cette plante car elle est très utile dans lyme . il faut chercher soi même on ne donne pas de nom de boutique pour les protéger!

dre
Invité

Merci

Peyrouse Pierre
Invité

Si par miracle nos gouvernants de tous poils ouvraient leurs yeux et oreilles ils auraient l’air moins ignare sur la vrais médecine et non l’argent reçu en douce…

Bénédicte DUCHENAUD
Invité
Bénédicte DUCHENAUD

tres intéressant mais article souvent trop long
pourriez-vous synthétiser
Merci

Josiane
Invité

Merci pour ces informations

Jacqueline
Invité

Bonjour,
Et vendrez-vous ce produit …un jour …
Meilleures salutations.

Bernard
Invité
Bernard

Bonjour..faites vous des formations en France .. si oui …Où ? Merci pour la réponse et merci pour le sujet traitant des H.E.avec cette approche holistique ….

Plaff
Invité

Merci

vautier
Invité
vautier

Le livre de Monsieur Ramiandrarisoa a-t-il été traduit en anglais ?
Nous vous remercions de votre réponse et de toute cette information.

Jean Rostand
Invité

Merci

Baptiste
Invité
Baptiste

Bonjour! je pense que vous avez oublié la Chine qui connaît cette plante depuis des siècles; son étude par le Dr. TUYOUYOU a été couronnée par un prix NOBEL et a permis aux troupes du général GIAP, décimées par le paludisme, de se soigner et de vaincre. Ceci est un point d’histoire vérifiable.
Sincères salutations.

anik
Invité

Oui merci bcp pour vos recherches

Fulgence
Invité

Merci