7 questions clés sur les Huiles Essentielles

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7 questions sur les huiles essentielles Réponses Bio

À l’heure du tout numérique, l’abondance d’informations à laquelle tout un chacun peut avoir accès grâce à internet, en permanence, ne rime malheureusement pas toujours avec clarté et bon sens. 

On trouve absolument tout… et son contraire, à propos de n’importe quel sujet. 

Et dans un domaine aussi précis que l’aromathérapie, les raccourcis, propos déformés, si ce n’est carrément « l’intox », ne manquent pas. 

C’est pourquoi aujourd’hui, nous allons aborder quelques points fondamentaux concernant les huiles essentielles, en répondant à 7 questions clés. 

1/ Existe-t-il de réelles différences de qualité entre les huiles essentielles, qui justifient d’énormes écarts de prix ?

Oui, définitivement ! 

On trouve le pire comme le meilleur, mais le plus généralement, une qualité moyenne pour ne pas dire médiocre. 

Si certaines sont de meilleure qualité que d’autres, cela dépend de ce que je considère comme les 5 critères fondamentaux. 

→ Tout d’abord l’emplacement où la plante a poussé. Provient-elle de son biotope naturel ? L’environnement était-il pollué ?  

→ Ensuite, vient la question centrale de la technique d’extraction : a-t-elle été réalisée à l’eau ? À la vapeur ? À la pression ? Au solvant ?

Bien entendu, peu de distributeurs communiquent ces détails… la plupart du temps parce qu’ils n’en ont tout simplement aucune idée ! 

→ C’est aussi la précision de l’art du distillateur qui entre en jeu. 

Pour ce qui concerne les meilleures huiles essentielles, sachez qu’elles sont distillées le plus tôt possible après la récolte – idéalement sur place – à basse pression et faible débit de vapeur, pendant de longues heures. 

→ La quantité de plantes distillées est elle aussi fondamentale. 

C’est certain, jamais vous n’obtiendrez la qualité d’une petite distillation dans un alambic de faible contenance, avec une cuve industrielle distillant des litres d’huile essentielle à la minute. 

→ Puis ce sont les conditions de stockage qui sont déterminantes pour la conservation des huiles : ont-elles été exposées à la lumière ? À la chaleur ? À des ondes électromagnétiques excessives ? 

Figurez-vous que certaines huiles essentielles sont même « coupées » avec d’autres, moins chères, afin de proposer un tarif plus attractif au consommateur… 

Est-il encore utile de préciser que plus la qualité d’une huile essentielle est grande, plus elle sera efficace et moins elle risquera de provoquer des effets secondaires ? 

2/ Existe-t-il de fausses huiles essentielles ? 

Là aussi, la réponse est oui. 

Quand on parle d’aromathérapie, c’est à dire de soigner avec les huiles essentielles, on ne parle bien évidemment que d’huiles 100 % pures, naturelles et totales. 

Attention donc aux nombreuses fausses « huiles essentielles » synthétiques, qui non seulement n’ont absolument aucune action thérapeutique, mais en plus peuvent devenir extrêmement toxiques. 

Bien souvent, elles sont utilisées comme simple parfum bon marché. 

En parfumerie, cosmétique, et dans les produits ménagers, les huiles essentielles sont la plupart du temps coupées avec des molécules synthé­tiques ou mélangées avec d’autres huiles de moindre qualité. 

Pour ma part, même pour parfumer la maison ou désodoriser les WC, je vous déconseille purement et simplement ces produits que vous trouverez le plus souvent dans les supermarchés ou les grandes surfaces du web, dont le commerce est désormais détenu par… les enseignes de supermarché.

D’ailleurs, de très nombreux produits cosmétiques ou d’entretien dits « aux huiles essentielles » n’en contiennent en réalité que quelques traces.

En revanche, dans les boutiques de produits naturels et magasins bio, pharmacies et parapharmacies, on ne trouve théoriquement que de vraies huiles essentielles « pures ». 

Bien que ce soit déjà largement mieux, cela ne signifie pas nécessairement qu’elles soient toutes de qualité équivalente. 

C’est alors que les critères de qualité que nous avons énumérés plus haut interviennent pour les choisir : 

  • pures, naturelles et totales
  • distillées à partir de plantes vitales, sauvages ou biologiques, fraîches et issues de leur biotope naturel
  • obtenues grâce à une méthode respectant l’alchimie de l’huile essentielle, et dans des conditions de distillation optimales : basse pression, température contrôlée et longue durée
  • extraites en petite quantité
  • et stockées de manière appropriée. 

Ce n’est qu’après avoir trouvé un distillateur, ou une marque de qualité dont on connaît les méthodes et le sérieux, qui soit en mesure de réunir l’intégralité de ces critères, que l’on peut acheter et consommer des huiles essentielles en toute confiance. 

Enfin, concernant les disparités de prix, parfois conséquentes, elles s’expliquent par de grandes différences de qualité. 

À titre d’exemple, vous ne feriez certainement pas une bonne affaire en achetant une HE de Laurier Noble venant de l’autre bout du continent, extraite à la va-vite, même deux fois moins chère qu’une HE locale et biologique, distillée dans l’heure suivant la récolte pendant de longues heures. 

Comparons ce qui est comparable. 

3/ Les huiles essentielles sont-elles dangereuses ? 

La réponse à cette question est intimement liée aux précédentes : si une huile essentielle n’est pas de bonne qualité, en plus d’être inefficace, elle peut être dangereuse. 

Pour ce qui concerne les véritables huiles essentielles, étant des remèdes certes naturels mais parmi les plus puissants, certaines précautions sont à observer scrupuleusement afin d’éviter tout risque. 

  • La plupart des HE sont interdites aux femmes enceintes ou allaitantes, et aux bébés.
  • Certaines HE sont contre-indiquées en cas de certains problèmes de santé, ou de prise de médicament : il faut toujours se documenter et ne pas hésiter à demander conseil.
  • Les HE doivent le plus souvent – à quelques exceptions près – être diluées dans une huile végétale avant utilisation.
  • Elles ne doivent jamais être appliquées autour des yeux et certaines doivent également éviter les muqueuses.
  • Il est déconseillé de retirer la capsule compte-goutte des flacons des huiles essentielles, afin d’éviter accidents et surdosages.
  • Les huiles essentielles d’Orange, Orange sanguine, Citron, Citron vert, Pamplemousse, Angélique, Bergamote, Céleri, Khella, Livèche, Mandarine, Tagète, Verveine odorante peuvent être photosensibilisantes. Après avoir utilisé ces huiles il est préférable d’éviter une exposition au soleil pendant les huit heures qui suivent.
  • Il peut être judicieux de demander conseil à un thérapeute avant de consommer une huile essentielle en cure intensive ou pour traiter certaines pathologies plus ou moins lourdes. 

4/ Existe-t-il des études prouvant l’efficacité des huiles essentielles ?

Il existe plusieurs dizaines de milliers d’études prouvant l’efficacité des huiles essentielles. 

C’est d’ailleurs un chiffre en constante augmentation depuis ces dernières années. 

Ainsi, les journaux scientifiques les plus stricts et pointus en la matière, publient régulièrement les résultats de nouvelles recherches menées sur les HE servant de référence aux thérapeutes du monde entier. 

C’est ainsi que ces publications publiées dans des revues scientifiques, côtoient les études menées sur les médicaments à la pointe de l’allopathie moderne. 

Autant dire que les bienfaits des huiles essentielles sont connues des médecins, scientifiques et autorités gouvernementales. 

Pourtant, paradoxalement c’est en France, l’une des patries les plus riches en flore et connaissances utiles à l’aromathérapie, que les restrictions sont les plus sévères. 

Tandis qu’au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Mexique et dans bien d’autres pays, des études passionnantes sont réalisées en milieu hospitalier depuis des décennies. 

Quelques exemples : 

  • Au Royaume-Uni, la diffusion d’huile essentielle d’Orange (citrus sinensis) est couramment employée pour aider les patients à éliminer le stress en salle d’attente d’un dentiste. (1)
  • Il a été mesuré par électroencéphalographie que respirer de l’huile essentielle de Lavande augmente la fabrication d’ondes A, relaxant votre cerveau. (2)
  • Une étude menée à l’hôpital a démontré que les huiles essentielles de Lavande, Marjolaine, Géranium, Mandarine et Cardamome, sont aussi efficaces pour faire dormir les patients insomniaques que les médicaments sédatifs classiques. (3)
  • À l’Université de Manchester au Royaume-Uni, à plusieurs reprises des études ont montré que les huiles essentielles peuvent désinfecter totalement une pièce, en détruisant 100% des germes vivants, y compris les microbes les plus inquiétants et les bactéries SARM, multirésistantes aux antibiotiques dont le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline, le Pseudomonas aeruginosa et autres entérocoques, ou encore le célèbre Clostridium difficile, portant si bien son nom ou encore Escherichia coli… Il suffit de deux minutes de contact entre le germe et l’huile essen­tielle pour assurer sa destruction. Ce qui incite les chercheurs à suggérer que les huiles essentielles les plus désinfectantes pourraient être utilisées par le personnel hospitalier (dans des shampooings, savons, gels-douches, produits désinfectants…) afin d’enrayer les « épidémies » nausocomiales dues à ces super-germes mortels. (4)
  • Par voie interne, il a été démontré qu’elles diminuent le nombre de bronchites aiguës chez les patients souf­frant de bronchites chroniques. (5)

Heureusement, même dans l’Hexagone, de nombreux scientifiques ont compris le potentiel extraordinaire de l’aromathérapie. 

Des expériences probantes montrent que les huiles essentielles assainissent les surfaces  – sols, tables, lits – ainsi que l’air des hôpitaux. 

Pour rappel, en France, en 2022, environ une personne sur vingt contracte une infection lors de son séjour à l’hôpital, soit un total de 5% de patients risquant de sortir de l’hôpital en moins bon état qu’ils y sont entrés. 

Cela représente environ 750 000 personnes infectées par an, parmi lesquelles 4 000 en décèderaient alors que le trouble les ayant conduites en premier lieu à l’hôpital n’était pas mortel. 

Le fait est que les traitements antibiotiques n’ont aucun effet positif sur la majorité des bactéries à l’origine de ces infections, développant une antibiorésistance de plus en plus importante.

Les mesures d’hygiène comme le lavage des mains ou le matériel à usage unique, sont bien entendu indispensables, mais largement insuffisantes.

Une autre étude montre ainsi que la diffusion régulière de Ravintsara (cinnamomum camphora cineoliferum) permet de réduire le nombre d’infections pulmonaires contractées à l’hôpital. (6) 

Il va sans dire que les huiles essentielles devraient remplacer les nombreux produits désinfectants actuellement utilisés, non seulement très toxiques mais surtout moyennement efficaces, contre lesquels les microbes développent des résistances. 

Tout en sachant que les germes pathogènes ne peuvent pas résister à la puissance des huiles essentielles, dont la composition biochimique extrêmement complexe et naturelle ne leur laisse aucune chance de mutation visant à améliorer leur résistance. 

Toutefois, en attendant que les hôpitaux adoptent un jour ou l’autre ces mesures de bon sens, il peut être fort judicieux d’apporter votre propre trousse d’huiles essentielles si d’aventure vous deviez vous rendre à l’hôpital. 

Mais la liste est encore longue, et les études prouvant l’efficacité des HE sont aussi variées que passionnantes, nous y reviendrons donc plus en détails dans un prochain article. 

5/ Faut-il choisir les huiles essentielles bio ?

On trouve de plus en plus d’huiles essentielles bio, et c’est tant mieux. 

Obtenues dans le respect du végétal et de l’environnement, on ne peut que saluer l’initiative des marques qui les proposent. 

Allant dans le sens de la préservation du vivant, la culture biologique est bien évidemment à privilégier face aux productions industrielles. 

Cependant, le label bio en soit, n’est pas une garantie suffisante de qualité pour une HE. 

Une huile essentielle non labellisée « bio », mais issue de plantes sauvages, pourra même s’avérer largement supérieure à une huile bio. 

La bio pouvant provenir de grosses productions, ou de plantes dévitalisées. 

Montrant que ce qui prime le plus en la matière est la finesse de la distillation, la taille de la cuve, ainsi que les connaissances globales du distillateur. 

N’oublions pas non plus que tous les producteurs n’ont pas les moyens – ou l’envie – de se payer un label bio, au demeurant fort onéreux et impossible à obtenir pour certaines plantes sauvages. 

6/ Quelles méthodes d’administration pour vos huiles essentielles ? 

Les modes d’utilisation des huiles essentielles sont nombreux : 

  • l’olfaction : diffusion ou inhalation
  • l’application cutanée : massage local ou étendu, bains
  • l’ingestion
  • les voies rectale et vaginale.

On choisira la méthode appropriée en fonction du problème à traiter et de l’huile choisie, mais aussi du terrain du malade, ainsi qu’un certain nombre de facteurs à déterminer précisément en fonction des cas. 

7/ Peut-on les utiliser pour les enfants ? 

L’aromathérapie est parfaitement adaptée aux enfants : elle soigne vite, bien, et permet d’éviter le recours systématique aux antibiotiques. 

De plus, elle renforce le terrain et prévient la répétition des infections. 

Sans oublier que les huiles essentielles sentent bon, et qu’elles représentent un excellent moyen d’assainir une chambre d’enfant… et ainsi de protéger le reste de la famille de différents types de contagion. 

Par ailleurs, certaines d’entre elles étant également calmantes et apaisantes, elles aideront les petits à s’endormir malgré un nez bouché ou des bronches irritées. 

Mais si l’aromathérapie adoucit la vie des enfants et facilite celle de leurs parents, attention, vos chers bambins ne sont pas des adultes miniatures. 

N’ayant pas tout à fait la même physiologie que les adultes, on ne se contentera pas de diviser les doses par deux. 

Non seulement il conviendra de choisir celles adaptées aux enfants, mais aussi appliquer les bonnes pratiques. 

Si les enfants génèrent souvent des réactions immunitaires plus impressionnantes, voire spectaculaires, c’est tout à fait normal, il est impératif de lais­ser le temps à leur organisme de se défendre en s’organisant par ses propres moyens. 

Rappelons-le, la maturité immunitaire s’acquiert progressivement. 

Mieux vaut permettre à l’enfant de construire son immunité en l’aidant avec des moyens adaptés et naturels, que de le précipiter dans le cercle vicieux des antibiotiques, le privant de toute stratégie immunitaire ou réponse naturelle de l’organisme. 

Des traitements naturels à base d’huiles essentielles appropriées aux plus jeunes, en plus de méthodes simples telles que les lavements nasaux, les cataplasmes, fumigations, etc. résoudront l’immense majorité des problèmes tout en optimisant leur réponse immunitaire contre les affections à venir. 

Toutefois pour les raisons que nous venons d’évoquer et compte tenu de la fragilité de leur foie, ce sont les massages et frictions aux huiles essentielles qui conviendront généralement le mieux aux enfants. 

Bien à vous, 

Jean-Baptiste Loin

Pour accéder à un catalogue d’huiles essentielles artisanales à la finesse de distillation sans commune mesure, issues de plantes bio ou sauvages, rendez-vous sur la rubrique spéciale de Réponses Bio

Sources et références : 

  1. LehrnerJ, Eckersberger C, Walla P, Potsch G, Deecke L. 2000. Ambient odor of orange in a dental office reduces anxiety and improves mood infemale patients. Physiol Behav. 71(l-2):83-6
  2. Diego MA,Jones NA, Field T. et al. 1998. Aromatherapy positively affects mood, EEC patterns or alertness and math computations. In tJ Neurosci. 96: 217-224
  3. Tisserand R. 1988. Lavender beats benzodiazepines. International Journal o f Aromatherapy. 1(1) 1-2
  4. Jacqui Stringe 2004, Clinical Lead oj Complementary Therapies at Manchester’s Christie Hospital
  5. Étude gouttes aux essences, Pr Dalphin, chef de service de pneumologie au CHU de Besançon
  6. Dr Blanchard, CHU de Sarlat

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Dany Soler
Dany Soler
1 mois il y a

sa destruction. Ce qui incite les chercheurs à suggérer que les huiles essentielles les plus désinfectantes pourraient être utilisées par le personnel hospitalier (dans des shampooings, savons, gels-douches, produits désinfectants…) afin d’enrayer les « épidémies » nausocomiales dues à ces super-germes mortels. (4)

NOSOcomiales
merci

elisa spen
elisa spen
1 mois il y a

-prendre conseil aupres de Gregory, de « La Maison Neroli » de Paris, tel 01 43 57 28 58, mail : contact@maison-neroli.bio « Neroli » vend des Huiles Essentielles artisanales des petits producteurs uniquement . ( Gregory reponds a vos questions et vous conseille, même si vous n ‘achetez pas. ) – Visiter aussi le site « Plantes essentielles.com »)., Autres boutiques en ligne qui regroupent des petits producteurs : « La Cabane aux arômes de Pescalune », « Simples Pluriel » « CulturArome » « Asterale » (Huiles Essentielles de Madagascar, équitables, bio, artisanales que l’on trouve aussi a la Maison Néroli de Paris, site « plante-essentielle.com » de Cécile Mahé, ingenieur Agronome, globe… Lire la suite »

wodey
wodey
1 mois il y a

Vos lignes me sont indispensables. Continuez. Merci.

Simon
Simon
1 mois il y a

Merci

Clara
Clara
1 mois il y a

Merci.