Lorsque l’enfant paraît… au Tibet

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la naissance de l'enfant dans la culture tibétaine

Presque toutes les communautés tibétaines considèrent que leur culture est en danger de disparition, et toute entreprise entretenant son souvenir est la bienvenue.

Elles ont donc aidé avec enthousiasme deux Américaines, dont une anthropologue, à rédiger un livre sur « l’Art d’être parents selon le Bouddhisme tibétain ».

La culture tibétaine intègre tous les aspects physique, émotionnel, mental, et spirituel, de la naissance.

Elle met l’accent sur l’unité indissociable d’une mère parturiente et de la famille, au lieu d’attribuer à chacune un rôle et une fonction isolés.

Les membres de la famille coopèrent à chaque phase du processus de naissance, du projet familial avant la conception, jusqu’à l’éducation du petit enfant.

La récitation de prières et la répétition de mantras, notamment, sont aussi importantes à chaque étape de la grossesse, que le régime alimentaire et les soins médicaux, car ces actes, encore plus que tout autre, ont leur racine dans la riche vie spirituelle des Tibétains.

La sainteté de toute vie est estimée, respectée, et intégrée dans la culture.

Pour eux, « Une vie est une continuation d’autres vies ; elle fait partie d’un réseau complexe de relations. La création d’une vie n’est pas un événement isolé, mais une manifestation d’une série de vies et d’êtres interconnectés ».

Des principes développés par des préceptes que les auteures de ce livre appellent joliment les « Gemmes de Sagesse Tibétaine ».

 

La préconception

C’est le moment de préparer le corps, les émotions et l’esprit à inviter un enfant dans la matrice et dans la famille.

Les couples réévaluent leurs projets, changent leurs habitudes, purifient leurs corps des toxines et mangent une nourriture saine ; ils peuvent aussi consulter un astrologue sur leur compatibilité.

Les pratiques spirituelles – prières spéciales et mantras, prosternations, pèlerinages, rites et bénédictions des lamas – sont aussi des préparations purificatrices à la conception.

La communication avec l’esprit de l’enfant à concevoir s’effectue par les rêves, la connaissance intérieure, une sensation corporelle ou un sentiment spirituel.

Les choix parentaux avant la conception attirent l’enfant qui s’incarnera, et ainsi influencent la nature de l’enfant qui entre dans une famille.

 

La conception

La vie continue, et l’esprit cherchant à s’incarner est attiré par la qualité énergétique spécifique des parents, au moment même où ils s’engagent dans les relations sexuelles.

L’environnement est important à la conception.

Il est recommandé qu’un couple médite sur l’amour, la compassion, la conscience ou la gentillesse, et évite la colère, l’attachement, la jalousie, l’agression ou les extravagances.

Le mérite et le karma, ainsi que la santé du sperme et de l’ovule, déterminent lequel des innombrables êtres sensibles cherchant une incarnation, sera conçu dans la matrice de la mère.

Le moment de la conception peut être connu par un sentiment de félicité extraordinaire ou par des rêves, et éventuellement amélioré en prévoyant des relations sexuelles au moment de la fertilité la plus grande.

La médecine tibétaine propose neuf ou dix sortes de pilules végétales, animales et minérales pour la contrôler.

Certaines sont efficaces pour quelques mois, d’autres agissent pendant quelques années, d’autres encore ont un effet permanent.

Quant à l’infertilité, elle peut être la conséquence d’un dysfonctionnement du système énergétique, et ses causes peuvent être congénitales, psychologiques, ou karmiques.

Chacune a son traitement approprié dans la médecine tibétaine.

Au moment de la conception, il y a une grande ouverture spirituelle.

72 000 canaux d’énergie sont activés chez la mère comme chez le père.

Le fœtus en développement oublie les expériences de sa vie précédente jusqu’à un stade avancé de la gestation parce que le changement provoqué par la transition est très profond.

 

La gestation

Dans le système médical tibétain, la grossesse est confirmée par le diagnostic du pouls, analyse d’urines tibétaine, ainsi que par l’interrogation et l’examen physique.

Les Tibétaines disposent de recommandations diététiques détaillées pour la femme enceinte, chacune étant fondée sur la relation de l’alimentation avec son système biologique particulier, et le stade de développement du fœtus.

La médecine tibétaine met en garde contre l’alcool, la nicotine et la caféine au cours de la grossesse, et recommande fortement de réduire la consommation de sucre raffiné.

Les femmes tibétaines continuent les travaux pénibles pendant leur grossesse, mais évitent par-dessus tout les activités stressantes ou créant des émotions discordantes.

Les parents et le reste de la famille sont intimement impliqués dans le processus de gestation.

Les plantes, les massages et le bain fournissent l’alimentation nécessaire, et des herbes spécifiques réduisent les nausées.

Chaque semaine de gestation comporte des développements évolutifs qui, lorsqu’on y est attentif, peuvent guider les parents à faire des choix susceptibles d’aider, au lieu de gêner, le développement de la vie dans la matrice.

La signification des rêves au cours de la grossesse est importante, et peut être liée à l’expérience de la dernière vie ; elle permet aussi la découverte de jeunes lamas incarnés.

S’il y a une difficulté avec la grossesse, on peut demander à un lama de faire une divination et de prescrire des rituels, de diriger une cérémonie spéciale, de donner des pilules bénites, ou tout ce qui est requis dans le but d’éloigner toute menace envers le bien-être du bébé ou de la mère.

La spiritualité croît naturellement pendant la période où un enfant mûrit à l’intérieur de sa mère, et la pratique spirituelle est importante pour assurer la santé chez la mère et chez l’enfant.

 

La naissance

La naissance est un processus naturel, et il y a des façons naturelles de faciliter le travail et l’accouchement.

Les rituels appropriés, à ce moment, honorent l’événement et évoquent des qualités dans le développement d’un enfant, qui sont estimées dans la culture tibétaine.

Chaque naissance connecte des vies du temps sans commencement et de l’espace sans limite.

La naissance en tant qu’être humain est une chance unique de faire l’expérience de la réalité, d’augmenter sa connaissance et de développer sa spiritualité, ainsi que d’exprimer une responsabilité universelle envers toute vie.

Tout a une cause, et chaque naissance fait partie d’une continuité d’expérience cyclique.

Il y a un nombre illimité de renaissances.

 

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Les mères qui allaitent observent encore le régime qu’elles suivaient pendant leur grossesse ; pas d’alcool, de nicotine, ni de caféine, car ces substances, passant à leur bébé par leur lait, pourraient endommager leur corps et leur mental.

Or, les bébés sont dotés de dons spéciaux, d’une sensibilité particulière, et de facultés que les adultes n’ont plus.

Les petits enfants peuvent voir et entendre des choses que les adultes ne peuvent percevoir.

Les domaines physique et spirituel de la vie sont naturellement intégrés, et le déroulement quotidien de la vie est sacré.

Chaque nouvel apprentissage, comme le premier sourire, le premier pas, la première parole, est unique.

Chaque découverte au sujet de la vie renforce l’énergie d’un bébé, c’est une motivation pour le prochain pas sur le chemin de la maturité.

Il est donc essentiel de le remarquer et de le rappeler.

 

Les liens affectifs

Ils commencent à la préconception et dans la matrice, se développent par l’amour, la proximité, et la profondeur de la relation qui s’établit entre parents et enfant.

La médecine tibétaine reconnaît – et comprend – la dépression post-natale de la mère et son traitement, et sait comment améliorer les relations mère-bébé et familiales à ce moment crucial.

Ces liens affectifs et la purification sont établis dans le cadre familial, après la naissance, et avant la célébration au cours de laquelle la communauté accueille le bébé.

Un contact corporel continuel avec la mère, le père et d’autres membres de la famille et de la communauté, est naturel et essentiel pour le développement de cerveau.

L’allaitement doit commencer tout de suite après la naissance, et la mère doit être consciente de ce qu’elle nourrit son bébé avec ses sentiments véhiculés par son lait.

Elle doit mettre fin à tout sentiment de colère, de convoitise, ou de refus, de façon qu’ils n’empoisonnent pas son enfant.

L’eau, le soleil, le contact, l’air frais et le massage, fournissent aussi au bébé l’alimentation requise et la connexion avec la terre.

Le don du nom est une façon de le lier à son héritage spirituel, il est souvent choisi par un lama ou le Dalaï Lama.

Le nom du jour de la semaine où l’enfant est né peut aussi lui être donné.

 

L’enfancel'enfant dans la culture tibétaine

La célébration rituelle des étapes importantes dans le développement d’un enfant est une valeur essentielle.

Il faut reconnaître chaque étape, relever la qualité d’un sentiment profond, et honorer un sentiment de connexion avec le sacré.

Un enfant a une phase naturelle de simplicité d’esprit avant qu’il n’atteigne un développement suffisant pour être à même de faire le lien entre ses expériences, ses sensations, ses émotions, ses pensées et sa situation, et son expérience passée.

Certains pensent que ce mental débutant permet à l’enfant d’avoir une communication avec les esprits, dont les adultes sont le plus souvent privés.

Les Tibétains attachent une grande importance à l’enseignement des enfants au moyen de l’imitation, de la mémorisation, du contact et du mouvement, de façon que la signification intégrale du matériau puisse s’infiltrer dans la conscience de façon intuitive, aussi bien qu’intellectuelle.

Avant l’âge de huit ans, l’enseignement est principalement axé sur le ressouvenir de ce que l’enfant sait déjà, depuis ses vies passées.

L’environnement doit être propre, nourrissant, et imprégné d’un sentiment du sacré.

Les fautes sont corrigées sans jugement.

Les enfants sont vulnérables aux impressions et ont besoin d’être protégés et guéris quand ils font l’expérience d’images effrayantes ou intruses.

Les lamas identifient et soignent vingt-quatre sortes de troubles affectant le mental, dont les cauchemars, les images, et les projections mentales.

Tout trouble de santé, toute blessure sont dus à une combinaison de causes physiques, émotionnelles, mentales et spirituelles.

La médecine tibétaine les analyse et propose un traitement holistique.

La compassion, l’honnêteté et le partage sont des qualités appréciées chez les enfants, et elles peuvent être inculquées aux jeunes par leur imitation naturelle des adultes, de la discipline, quand il le faut, ainsi que la reconnaissance et la célébration de comportements dignes de louanges.

L’harmonie dans les relations est hautement prisée.

Il est important d’enseigner même à de très jeunes enfants à agir ensemble dans l’harmonie, plutôt que dans la compétition, tant avec les autres enfants, qu’avec les adultes, les animaux, les insectes, et tous les êtres sensibles.

Dès sa plus tendre enfance, le Tibétain apprend la doctrine de la réincarnation, et de la nature cyclique de la vie.

Faire partie d’une famille, recevoir la vie de ses parents, est hautement prisé.

Intégrer une communauté de gens qui partagent la vie à de multiples niveaux est aussi considéré comme sacré.

 

Des principes universels

Tout cela contraste singulièrement avec l’éducation ordinaire des enfants occidentaux, et il serait bon que leurs parents s’en inspirent.

C’est pourquoi les auteurs illustrent ces principes, au fil des chapitres, autant par des explications de la culture tibétaine que par des exemples vécus.

Car comme il est souvent dit de la Tradition universelle, dont cette culture s’inspire, « la dire est une chose, la vivre en est une autre ! ».

 

 Jan Kristiansen Une maman bio pour un bébé bio

 

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9 Commentaires sur "Lorsque l’enfant paraît… au Tibet"

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Sonia
Invité
Sonia

Merci

Ludmila
Invité
Ludmila

Merci

Ghania
Invité
Ghania

merci bcp pour les informations que vous nous donnez merci. pourrions nuos avoir des titres de livres sur la medecine tibetaines merci

Réponses Bio
Admin

Bonjour Ghania,
Voici quelques titres :
« La médecine tibétaine » Christophe Massin
« La méthode bouddhiste de guérison »
« Le livre de la médecine tibétaine » Ralph Quinlan Forde
« La médecine tibétaine bouddhique et sa psychiatrie » Terry Clifford
Bien à vous,
Jean-Baptiste Loin

Ghania
Invité
Ghania

??

Thérèse
Invité
Thérèse

Merci

Arlette
Invité
Arlette

Merci Jan, pour toutes ces infos
judicieuses et enrichissantes.
Bonne continuation,
Arlette.

Essais si
Invité
Essais si

Merci beaucoup,!

Evelyne
Invité
Evelyne

merci, très intéressant

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