Les vêtements recyclés, des fibres d’avenir

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Les vêtements recyclés, des fibres d’avenir

La production annuelle de fibres textiles représente, à elle seule, une des plus grosses catastrophes écologiques mondiales.

Pour le plaisir de porter des vêtements plébiscités par la mode, nous empoisonnons la planète et le genre humain de bien des manières.

Une prise de conscience du véritable impact de nos choix quotidiens en la matière, ainsi que la recherche d’alternatives, s’imposent.

On pense souvent aux grandes problématiques écologiques des carburants, du nucléaire, des ressources fossiles… mais pas assez souvent à celle de nos habitudes vestimentaires.

Alors que s’il est souvent difficile et onéreux de trouver des alternatives à l’essence ou à l’électricité, changer sa consommation de vêtements est à la portée de tous.

Or, par ce simple geste, il serait possible d’enrayer très rapidement les conséquences du second plus grand pollueur mondial, à savoir l’industrie de la mode.

Industrie liée plus ou moins directement à :

  • 20% de la pollution mondiale des eaux nécessaires au processus de teinture
  • la plus importante pollution des océans et nappes phréatiques en microparticules de plastique avec le polyester, soit cinq cent mille tonnes par an
  • 10% des émissions mondiales de carbone.

Ajoutant à ces constatations le fait que loin de s’amenuiser, ce phénomène augmente exponentiellement avec la consommation moderne.

La dynamique des « fast food », contaminant la mode avec le « fast fashion », invite sans cesse à une consommation à bas prix de vêtements s’usant plus vite.

Bien que cette méthode soit des plus rentable pour les marques et enseignes grossissant et se multipliant sans cesse, c’est une mécanique iatrogène et polluant inutilement.

Mécanique expliquant aussi pourquoi la consommation occidentale de vêtements a doublé en quinze ans.

Transformant le divertissement vestimentaire des Occidentaux en un des plus importants secteurs d’esclavagisme moderne.

Quarante millions de personnes, dont 70% de femmes et d’enfants, sont ainsi traités dans les pires conditions sanitaires possibles.

Soixante millions d’autres travailleurs subissant des sévices par manque de protections, sont exploités dans la misère pour nous permettre de changer régulièrement de garde-robe.

Tout cela mis bout à bout, entre :

• la culture des fibres, la récolte et l’emballage
• la fabrication, la teinture du vêtement et son transport
• la distribution jusqu’au lieu de vente et la consommation énergétique des magasins
• les lavages, séchages et repassages
• puis l’incinération et l’énergie y étant associée…

Font que le poids du tee-shirt que vous portez n’est pas du tout celui que vous croyez.

Compté en empreinte carbone, le poids d’un simple tee-shirt ni bio, ni équitable, ni recyclé, est de cinq kilos à l’achat et pratiquement le double à sa fin de vie.

Il existe pourtant des solutions extrêmement simples pour éviter un tel carnage.

Il suffirait de considérer, d’une part, à quel point nous avons produit ces cinquante dernières années, et d’autre part, à quel point nous sommes habitués à jeter dès le moindre accroc.

Le recyclage du textile

À l’heure actuelle, chaque année, seulement 1% de nos textiles sont recyclés, tandis que 85% d’entre eux se retrouvent à la décharge.

Pourtant que ce soit pour les fibres de coton ou les matières plastiques, le recyclage permet de diminuer de 90% la pollution entrainée par la production, consommant infiniment moins d’eau tout en supprimant l’étape la plus polluante.

Bien qu’elle soit encore peu répandue, une réorientation de la consommation vers cette pratique permettrait en soi une résilience significative, tant sur l’aspect écologique qu’humain.

D’autant que le principe même de se laisser dicter une mode sans réfléchir, qu’elle soit obligatoire ou suggérée, est nuisible à la santé mentale.

L’uniforme ayant été remplacé dans l’exemple de la consommation moderne de vêtements, par l’uniformisation des processus de fabrication et des habitudes de consommation.

Le principe du recyclage, en plus de supprimer le drame humain lié à la fabrication de la plupart des textiles, le coût écologique de la culture du coton ainsi que les nombreuses étapes de coloration et de production, permet de purger les traces de produits chimiques présents à l’achat du textile.

Rendant une seconde vie à la matière et lui permettant de valoriser les productions bio, tout en évitant les intoxications liées à l’absorption des substances cancérigènes utilisées par les fabricants.

Recycler est probablement la meilleure option que nous ayons en l’état actuel des choses.

Dans la mesure, toutefois, où ce recyclage s’oriente vers l’enrichissement de vêtements prenant en compte le facteur humain, le facteur écologique ainsi que la résilience pour le consommateur.

Offrir pour que ça dure !

Étant donné que le résultat de l’aberration écologique que nous venons de décrire en faisant le tour des conséquences de l’industrie de la mode, s’est nourri de la proportion humaine au narcissisme et à l’égoïsme forcené, il pourrait être intéressant de combattre ce mal à la racine.

Et pour vous aider à montrer le bon exemple, je vous propose de vous livrer à un petit exercice que vous aurez tout loisir de pratiquer d’ici les fêtes.

Essayons d’offrir, le plus objectivement possible, le prochain vêtement « fétiche » de la personne à qui nous souhaitons faire un cadeau.

Le grand avantage de cet exercice étant qu’un cadeau ne se refuse pas, ne se jette pas, et s’utilise toujours un peu, au moins à la maison.

Il y a donc peu de chance de le voir s’ajouter aux pollutions existantes.

Toutefois de là à faire mouche et trouver le bon équilibre entre sobriété écologique et style, c’est une autre affaire.

Pour vous aider dans ce choix j’ai réuni une sélection des textiles les plus résistants, les plus sains et intégrant une bonne partie de fibres recyclées.

Sachant que se faire ennemi de l’obsolescence programmée c’est aussi se faire l’ami des matières recyclées.

C’est pourquoi jusqu’aux fêtes, et peut-être même au-delà, j’ai décidé de vous offrir un éventail non exhaustif d’initiatives vestimentaires d’ici et d’ailleurs, résonnant tant sur le plan humain que sanitaire et écologique.

En commençant par de superbes ponchos en maille recyclée de chanvre et coton bio.

Le cadeau de l’année

Dans toute autre circonstance il aurait pu paraître un peu ridicule de proposer un poncho aussi sobre pour les trophées du produit de l’année.

Et pourtant…

Et pourtant, à y regarder de plus près, même en mettant à part les considérations personnelles et esthétiques étant par nature aussi individuelles que portatives, ce modeste poncho remplit haut la main toutes les conditions pour remplacer le traditionnel pull en fausse laine de fin d’année.

Si à mes yeux il est furieusement élégant, à la fois moderne et d’un autre temps, je l’ai surtout choisi parce que :

  • Il est certifié « Fair Wear Foundation », « IMO » et « IVN »,  garantissant le respect des travailleurs. 
  • Il est bio et économise tant la santé humaine qu’environnementale.
  • Il n’utilise que des colorants naturels évitant l’essentiel des pollutions hydriques liées au textile.
  • Et, dans des proportions très équilibrées, contient coton et chanvre recyclés.

Cependant, bien que ce soit mon coup de cœur personnel, il vous est tout à fait possible de trouver plus spécifiquement ce qui vous manque ou ce que vous souhaitez offrir dans les mêmes conditions.

Une écharpe de chanvre et coton recyclés :

Un cardigan pour les amoureuses du classique : Ou un pantalon en fibres recyclées pour messieurs :

Comme vous pouvez le constater, les opportunités de changement ne manquent pas, il y en a pour tous les goûts et elles n’appartiennent qu’à nous.

Bien à vous,

Jean-Baptiste Loin

Pour découvrir une belle sélection de vêtements en fibres recyclées, rendez-vous chez Filabio

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Sylvie
Invité
Sylvie

Merci beaucoup je partage cet avis namaste

Nell Hubert
Invité
Nell Hubert

Pourquoi dans le textile quand c’est sain ça manque clairement d’originalité?

E S
Invité
E S

bonjour et merci de votre message, car j’adhère tout à fait , et mes vêtements bien entretenus me permettent de les garder sans pour autant vivre comme en ( 1940) bonne journée et merci pour ce bien pour notre planète qui est en souffrance

Gilberte et Valère
Invité
Gilberte et Valère

Merci

Bonjour,

Amicalement

Thérèse
Invité
Thérèse

Merci

monique
Invité
monique

Merci