Le modal, textile bio du futur ?

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Le Modal, textile bio et naturel du futur

Depuis la nuit des temps une guerre d’empires et de dynasties visant à acquérir pouvoir et contrôle, est en marche.

On aurait pu croire que ces grandes maisons ayant pris l’habitude de vivre de la misère des autres s’éteindraient avec l’abolition de la monarchie, mais il n’en est rien…

Par le biais de compagnies monopolisant l’industrialisation moderne, elles ont gouverné et gouvernent encore les habitudes de la majorité des consommateurs en matière d’alimentation, de médication et de textile.

Les fortunes générées par la légendaire route de la soie firent tellement de jaloux, que depuis un peu plus de deux cents ans certains chercheurs essayent de mettre au point une nouvelle forme de textile se rapprochant du fil de soie par sa texture et sa solidité, et du coton par son prix.

De 1890 à 1940, c’est précisément la mise au point d’un nouveau textile appelé « soie artificielle » qui rayonne dans toute l’Europe, cette soie artificielle étant en réalité de la viscose de cellulose, autrement dit du tissu fabriqué à partir de fibres de bois.

Et si les Européens en consomment beaucoup, c’est parce qu’il est :

  plus solide que le coton,

  plus résistant,

  presque aussi doux que la soie…

Jouissant d’un procédé de fabrication moins polluant que la fibre synthétique, la fibre végétale était donc promise à un avenir aussi glorieux que celui du chanvre, jusqu’à la montée du nazisme, puis à l’apparition d’un nouveau genre de viscose plébiscité par la plus grande famille française ayant migré aux États-Unis, les Dupont de Nemours.

 

L’apparition de la viscose synthétique

Comme je le disais dans mon dernier article sur le textile de chanvre, la famille Dupont était, avec d’autres, partie prenante de la montée du nazisme en Europe et en a profité jusqu’au dernier moment pour vendre pétrole, avions, chenilles pour tanks et explosifs à Hitler, ce dont les Français n’avaient pas la moindre connaissance.

Pourquoi cela ?

Eh bien tout simplement parce que c’était le métier de cette entreprise familiale aux allures d’empire, de procurer du matériel de guerre au plus offrant, ou encore de distribuer de la dynamite pour la construction des métros, l’exploitation des gisements, etc.

Mais paradoxalement, ce n’est pas la vente d’armes, d’explosifs ou de pétrole qui rapportait le plus aux Dupont de Nemours, de tous leurs commerces c’est incontestablement celui du textile qui était le plus florissant.

Bien qu’il leur ait fallu plus de dix ans de développement, et 10 milliards d’anciens francs d’investissement, pour faire apparaître la première livre de nylon.

Innovation qui fut plus ou moins directement commandée par le gouvernement américain après avoir observé le désastre que pouvait provoquer une pénurie de textile, lors de la défaite allemande de 14-18.

Puis c’est dans les années quarante, au tout début de l’après-guerre, que les premiers bas de nylon arrivèrent avec les chewing-gum et les barres de chocolat à des prix imbattables dans une Europe ravagée par l’occupation.

Après avoir quelque peu participé à l’avènement d’Hitler, Dupont de Nemours s’était positionné idéalement pour récupérer aussi largement les profits des gagnants, que les dettes des perdants.

Cela dit, les Dupont n’étaient pas seuls à préparer le développement de cette industrie moderne du textile synthétique, il y avait également :

  I.G. Farben,

  Rhodiaceta,

  Péchiney,

  Imperial Chemical Industrie,

  Courtaulds,

  Celanese,

  Montecatini,

  Snia Viscosa,

  Chemstrand,

  Rhône Poulenc.

Venant aussi bien de France, que d’Angleterre, d’Amérique, d’Italie ou d’Allemagne.

Cependant, Dupont de Nemours avait tout de même une bonne longueur d’avance sur ses concurrents grâce à son association officieuse avec Rockefeller et Ford, et sa main-mise sur des secteurs aussi variés que :

  les colorants,

  le caoutchouc artificiel,

  l’essence synthétique,

  les matières plastiques,

  les médicaments,

  les peintures,

  les écrans de télévision,

  les bombes à hydrogène…

Sans oublier le fait qu’ils détenaient majoritairement les sociétés Remington et General Motors, leur fournissant le tiers de leurs revenus.

Ainsi, en 1952 ils possèdent déjà plus de vingt monstrueuses usines dans vingt-cinq Etats, employant près de 100 000 personnes pour fabriquer deux cents catégories différentes de produits.

Entre les années 50 et 60 ils inondent le marché du textile synthétique, fermement déterminés à remplacer les seules matières pouvant nuire à leur investissement, à savoir le chanvre et la viscose végétale.

  Concernant le chanvre, ce fut le résultat d’une longue campagne de diabolisation orchestrée avec l’industrie du pétrole et de l’information, dont nous avons parlée et dont nous reparlerons certainement.

  Concernant la viscose de fibre végétale, ce fut l’invention de la viscose de synthèse accompagnée de célèbres campagnes marketing, qui la firent tomber dans l’oubli. 

Dès le début des années 60 c’en était presque fini, le textile synthétique semblait avoir définitivement gagné la partie, jusqu’à…

Aujourd’hui.

 

Le modal, une adaptation moderne de la viscose végétale

Ayant survécu miraculeusement, écrasée par un marché qui représentait en 2003 :

  58% des parts pour le textile artificiel,

  38% des parts pour le coton traité chimiquement,

  2% des parts pour la laine…

Ce n’est que dans les 2% restant que la viscose végétale se partage une niche entre le lin et la soie.

Pourtant, en comparaison des polymères dérivés des produits pétroliers, la planète produit spontanément cinq fois plus de sources de celluloses pouvant se gérer sans nuire à l’écosystème.

Près de 1012  tonnes de cellulose, d’amidon et d’autres biopolymères sont générées tous les ans par la photosynthèse.

La cellulose étant le constituant essentiel :

  de la fibre de coton,

  des fibres corticales du lin,

  du chanvre,

  de la ramie,

  de la membrane cellulaire des tous les végétaux.

Or, par un étrange coup du sort en 1998 la firme Courtaulds est cédée à l’Américain CVC Capital Partners et l’Autrichien Lanzing, Autrichien qui deviendra rapidement le principal fabriquant d’une nouvelle fibre reprenant les découvertes du début du siècle sur la soie de Chardonnet, tirant son nom du Comte Hilaire de Chardonnet à l’origine de sa découverte.

Ce nouveau textile qui se décline sous différents aspects s’appelle le lyocell, dont celui qui nous intéresse ici pour sa ressemblance avec la fameuse soie de Chardonnet, le modal.

Depuis les années 90, une bonne quantité d’études techniques visant à comparer les fibres de viscose synthétique aux fibres de lyocell s’accordent toutes sur le fait que ce dernier est :

  plus résistant que toutes les autres fibres cellulosiques,

  facile à obtenir sous forme de fils et tissus,

  facile à mélanger avec d’autres fibres,

  facile à filer finement,

  stable au lavage comme au séchage,

  d’une qualité thermique rejoignant celle du chanvre,

  facile à colorer avec des pigments naturels,

  apte à subir des finitions techniques,

  bien plus confortable à porter en raison de sa douceur et de ses qualités d’absorption.

D’appréciables avantages qui, alliés à l’engouement des consommateurs pour les produits naturels qui respectent l’environnement, aura permis de rattraper le temps perdu en créant des alternatives immédiates pour remplacer les fibres synthétiques ou le coton chimiquement traité.

Sachant qu’il est à peine plus cher que le coton de luxe tout en étant : 

  facile à recycler,

  infroissable,

  imperméable,

  facile à laver à l’eau,

  résistant, que ce soit à l’état sec ou humide,

  absorbant, que ce soit l’humidité extérieure ou la transpiration,

  100% naturel,

  d’un effet soyeux au regard et doux au toucher,

  thermorégulateur. 

Toutefois attention à ne pas confondre certains lyocells comme le Lenzing FR par exemple, qui est un dérivé plus ou moins synthétique utilisé comme textile coupe feu.

Non, l’application du lyocell bénéficiant de tous ces avantages technologiques tout en restant naturel et non iatrogène pour l’humain, profitant d’un mode de fabrication respectant l’environnement et permettant un recyclage facile, est sans conteste le modal. 

Modal, qui dans le cadre d’une consommation raisonnée, partagée entre le chanvre, le coton bio, la laine et le lin, pourrait définitivement détrôner l’industrie du textile pétrochimique en faveur de l’environnement et de la santé des consommateurs.

 Jean-Baptiste Loin 

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6 Commentaires sur "Le modal, textile bio du futur ?"

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Danielle
Invité
Danielle

Merci pour cet article.

Je trouve les T.shirts pour femmes spécialement beaux!

Bonne semaine à vous.

Vindry
Invité
Vindry

Merci pour cet article. J’y ai tout appris. Ça donne envie. De plus j’apprécie qu’il soit écrit en bon français et sans faute d’orthographe.

Claude
Invité
Claude

MERCI

votre chronique est passionnante !

encore encore

Ghania
Invité
Ghania

??

kirikiki
Invité
kirikiki

Bonjour! Article très bien mais ou sont les références des informations données?
Merci

Michelle
Invité

MERCI INFINIMENT

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