L’hyperventilation

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l'hyperventilation

Anxieux, fatigué, essoufflé même au repos ?

Et si c’était de l’hyperventilation ?

L’hyperventilation est un trouble de la respiration parfaitement connu et très soigné outre-Atlantique… et aussi à peu ignoré en France !

Il touche pourtant une personne sur cinq.

Encore une nouvelle « maladie de civilisation » à la mode, vous demanderez-vous sans doute ?

Malheureusement oui !

L’hyperventilation est d’ailleurs assez voisine de la spasmophilie dans la mesure où elle s’enracine, elle aussi, dans un terrain hyper réactif.

Elle s’en différencie néanmoins par le fait que le taux de magnésium sanguin reste normal et qu’en lieu et place des spasmes de la spasmophilie, on assiste ici à un dérèglement du comportement respiratoire, d’ailleurs non moins gênant et anxiogène.

Toutefois, dire que cette maladie est à la mode serait excessif puisque les Anglo-Saxons la connaissent depuis plus d’un siècle et que seuls la France et les pays latins apprennent depuis peu à la reconnaître.

Quant à s’interroger sur son appellation de « maladie de civilisation » ou, si l’on veut employer un terme plus médical, de « maladie neurofonctionnelle », là ça ne fait plus aucun doute : ce syndrome, tout nouveau pour nous, est bel et bien un trouble adaptatif.

 

Un trouble lié au stressstress et hyperventilation

Comme on le disait, l’hyperventilation n’est pas nouvelle puisqu’elle fut décrite pour la première fois en 1871 par le docteur Da Costa.

Ce médecin militaire américain releva, au cœur de la guerre de Sécession, l’existence de troubles respiratoires chez certains soldats particulièrement stressés par le combat.

Portant, jusqu’en 1938, le nom du médecin qui l’avait découvert, avant de s’appeler « syndrome d’hyperventilation », ce trouble touche aujourd’hui entre 10 et 20% de la population des pays industrialisés, eux aussi « particulièrement stressés ».

Il passe toutefois totalement inaperçu dans l’écrasante majorité des cas… à tel point que les Anglais l’ont surnommé « épidémie silencieuse ».

Et s’il ne se remarque guère c’est évidemment parce qu’il est extrêmement fréquent et que plus personne n’y fait attention, pas même les principaux intéressés.

L’hyperventileur, comme son nom l’indique, est en effet une de ces personnes qui respire trop rapidement et qui, bien sûr, s’essouffle pour un rien.

Inutile de dire que chacun en a croisé plus d’une !

Il faut savoir que la normale, en matière de respiration, se situe aux alentours de dix huit cycles respiratoires par minute au repos.

Une fréquence largement supérieure peut donc être considérée comme anormale, d’autant qu’elle ne correspond pas à un besoin réel de l’organisme.

Chez le chien, en revanche, l’hyperventilation correspond à un besoin puisqu’elle sert à évacuer la vapeur d’eau.

Cela dit, l’être humain en train de se livrer à un effort physique intense est naturellement en hyperventilation puisqu’il ajuste sa respiration aux besoins de son organisme.

C’est donc uniquement en cas de discordance entre la respiration et les besoins réels du corps qu’il y a pathologie.

Cela entraîne alors des dysfonctionnements nutritionnels et métaboliques.

Et cela touche toutes les cellules du corps et particulièrement des neurones, ce qui, bien entendu, retentira au plan psychique.

 

Des signes divers et flous

Si l’hyperventilation est difficile à reconnaître, ce n’est pas seulement parce qu’elle est fréquente, mais parce que ses signes varient considérablement en fonction de l’âge et du sexe du patient et qu’ils peuvent être confondus avec ceux de beaucoup d’autres maladies, à commencer par l’asthme.

Il est néanmoins possible d’énumérer les principaux caractères de la respiration de l’hyperventileur.

Elle est :

  → haletante,

  → rapide,

  → courte,

  → mal synchronisée,

  → logée dans le haut du thorax…

Cette respiration pathologique utilise en effet les muscles du cou ou des côtes et assez peu souvent le diaphragme, qui est pourtant le muscle respiratoire majeur.

De plus elle est souvent entrecoupée de soupirs et de bâillements.

Elle suscite une parole saccadée, hachée, se fatiguant vite et quelquefois même une toux sèche, irritante, persistante, des raclements de gorge, voire de véritables blocages respiratoires.

Les premières conséquences d’un tel état sont naturellement avant tout la fatigue et les douleurs dans la poitrine.

Au plan physique, les efforts sont difficilement soutenables longtemps et s’accompagnent d’un essoufflement pratiquement immédiat.

Au plan psychologique, ce sont les bouffées d’anxiété qui prédominent, avec une éventuelle sensation de boule dans la gorge.

Mais il arrive aussi quelquefois que la personne soit en proie à une crise d’hyperactivité momentanée, à moins qu’elle ne soit sujette à des tressautements de paupières, à des crampes, colites, palpitations, etc.

 

L’hygiène de viepratiques relaxantes : qi gong, tai chi, yoga

Le traitement peut, pour ne pas dire doit, être multiforme.

Quelques principes d’hygiène de vie sont naturellement indispensables.

Il est notamment conseillé d’éviter :

  → les surcharges,

  → les à coups de travail,

  → les déplacements incessants,

  → les conflits familiaux et professionnels,

  → les ambiances tabagiques ou bruyantes,

  → les altitudes élevées,

  → les excès de bains de soleil, etc.

Le syndrome ayant une composante fortement psychologique, on conseille vivement :

  → la relaxation,

  → le Training autogène,

  → la Sophrologie,

  → la musicothérapie,

  → le Yoga,

  → les Chi Kong,

  → les massages,

  → l’hydrothérapie,

  → la gymnastique lente,

  → la natation rythmique…

Au plan des médecines naturelles, l’acupuncture assurera une régulation énergétique du métabolisme général absolument indispensable.

Les cures thermales ou la thalassothérapie gagneront également à être envisagées.

Et enfin, les biothérapies assureront l’assise strictement physiologique du traitement.

 

Les biothérapies

La première de ces biothérapies est indiscutablement l’oligothérapie.

Celle-ci préconise avant tout le Manganèse, oligoélément du syndrome hyper réactif, qui sera pris à la dose d’une ampoule deux fois par semaine pour les cas moyens, d’une pour les cas légers, et de trois pour les cas plus graves mais avec prudence.

Le Phosphore sera utile en cas de crise aiguë, ou en complément du Manganèse pour éviter les réactions de réactivation, et cela à raison de quatre à cinq jours par semaine, en alternance avec les prises de Manganèse.

On pourra aussi prendre du Manganèse-Cobalt, à la fréquence de quatre à cinq fois par semaine en lieu et place du Manganèse si celui-ci est trop réactif.

Certains problèmes associés à l’hyperventilation peuvent se présenter, comme par exemple :

  → en cas d’anxiété et d’hyperémotivité : Manganèse-Cobalt trois à quatre fois par semaine ;

  → en cas de dépression : Cuivre-Or-Argent trois à quatre fois par semaine ;

  → en cas de coup de pompe pendant la journée ou d’hypoglycémie : Zinc-Nickel-Cobalt.

En homéopathie, le traitement des diathèses sera de première importance.

A moins d’être un amateur éclairé de la chose, mieux vaudra donc faire appel à un médecin pour définir si l’on est un tuberculinique, un psorique, un sycotique ou un luétique.

Le profil caractériel est également important, avec :

  → Argentum nitricum et Gelsemium en cas d’anxiété ;

  → Ignatia et Sepia en cas de dépression ;

  → Arsenicum album en cas de dépression et d’anxiété ;

  → Nux vomica en cas d’irritabilité ;

  → Cofea en cas d’insomnie.

A la dilution de 7CH, trois granules une fois par jour.

Par ailleurs quelques remèdes symptomatiques devront également être prescrits par le médecin en fonction des différentes modalités des différents types d’hyperventilations : digestif, gynécologique, cardiaque, respiratoire, vertébral, musculaire ou neuropsychogène.

La phytothérapie, enfin, viendra compléter le traitement avec de nombreuses plantes décontracturantes, antispasmodiques ou calmantes.

On conseille :

  → le gattilier comme antispasmodique et sédatif ;

  → la ballote comme rééquilibrant nerveux et antispasmodique ;

ballote en cas d'hyperventilation
La Ballote

  → l’aubépine comme tonicardiaque, antispasmodique et hypnotique ;

  → le houblon comme digestif et sédatif génital ;

  → le lotier corniculé comme sédatif nerveux ;

  → le mélilot comme somnifère et antispasmodique ;

  → la passiflore comme sédatif et antispasmodique ;

  → le saule blanc comme calmant nerveux, sédatif génital et antispasmodique ;

  → le tilleul comme sédatif, hypnotique et antispasmodique ;

  → la valériane comme rééquilibrant nerveux et antispasmodique.

Il est d’ailleurs tout à fait conseillé de faire préparer un mélange de ces teintures mères que l’on prendra alors à raison de vingt à trente gouttes trois fois par jour, et que l’on pourra pousser jusqu’à cinquante gouttes en cas de tension nerveuse ou d’anxiété.

Mais il est bien sûr aussi possible de les employer séparément et sous forme de gemmothérapiques pour le tilleul ou l’aubépine, de suspensions intégrales de plantes fraîches pour la passiflore, la valériane et l’aubépine, ou encore d’extraits secs, etc.

 

La supplémentation

Certains déficits étant susceptibles d’aggraver l’hyperventilation, il conviendra de ce pourvoir largement en certains nutriments comme :

  → le magnésium pour son action neuromusculaire et antistress, de préférence associé à la vitamine B6 ;

  → le calcium comme neuro-sédatif, de préférence associé à la vitamine D ;

  → le phosphore que l’on pourra trouver représenté dans les ovophospholipides ;

  → le potassium qui permettra d’éviter les crampes et les troubles du rythme cardiaque.

 Jean-Baptiste Loin 

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1 Commentaire sur "L’hyperventilation"

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Jean-Claude
Invité
Jean-Claude

Bonjour,
Pourquoi ne pas parler de la méthode BUTEYKO ,formidable et qui m »a changé la vie !!!
Cordialement

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