Quelques conseils de médecine japonaise

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medecine traditionnelle japonaise

Le Japon détient le record mondial de la longévité pour ses habitants.

Comment expliquer un tel phénomène ?

Peut-être par sa médecine…

Au Japon, le nombre d’hôpitaux qui utilisent simultanément la médecine moderne et la médecine traditionnelle est en constante augmentation.

Ces hôpitaux obtiennent d’ailleurs de meilleurs résultats dans le traitement des maladies, dans la mesure où la médecine traditionnelle améliore l’énergie d’autoguérison.

Mais cette médecine traditionnelle japonaise met évidemment surtout l’accent sur la prévention.

Elle explique dans le détail les précautions à prendre à l’égard de la nourriture, des exercices, de la paix du cœur, du travail, etc.

Et, bien sûr, elle aborde les techniques de massage, d’acupuncture et la pharmacopée traditionnelle…

« Notre corps, issu de celui de nos parents, appartient à la Terre ainsi qu’au Ciel. Ce corps est si vénérable que rien ne peut le remplacer ».

C’est ainsi que commence le Yôjôkun, l’Art de soigner, écrit par Kaibara Ekken, un docteur confucianiste de l’époque d’Edo, au 17ème siècle.

Le respect des parents semble passer au tout premier plan dans cette médecine. Ne pas respecter son corps, risquer de se blesser, ne pas manger correctement, ne pas se soigner, sont autant de marques d’ingratitude envers les parents, car… si l’on meurt avant eux, on ne pourra plus faire preuve de dévotion à leur égard.

Voilà pourquoi, dans la morale japonaise, il est si important de vivre longtemps !

On appartient à nos parents et à la société ; et il ne faut en aucun cas être comme celui qui considère sa vie comme lui étant propre, et qui s’adonne à la bonne chair ainsi qu’au sake et se livre à toutes sortes de débauche.

Bref, il est indispensable de se conformer à la morale pour vivre heureux et longtemps !

De toute manière, « la longévité est le plus grand des cinq bonheurs ».

 

Maîtriser ses désirs

Comment donc se soigner pour éviter de mourir prématurément ?

Eh bien, avant tout, en maîtrisant un certain nombre de désirs qui nous entraînent sur la pente fatale, comme par exemple les désirs de table, les appétits charnels, le désir de dormir, le désir de parler sans modération, ainsi que les sept sentiments que sont la joie, la colère, l’anxiété, le souci, la tristesse, la peur et la surprise.

Ainsi, le corps deviendra robuste, on vivra en parfaite santé et les « ennemis extérieurs », c’est à dire le vent, le froid, la chaleur et l’humidité, ne nous affecteront pas.

Selon cette médecine traditionnelle, l’homme peut indéniablement vivre longtemps, car « sa vie n’est pas soumise à la volonté du Ciel mais à la sienne ».

S’il ne se soigne pas, il mourra jeune ; et s’il prend soin de lui, il durera.

Par exemple, s’il mange raisonnablement, son Ki va croître, alors que s’il mange trop son Ki va suffoquer. C’est ainsi qu’il tombera malade, ou même qu’il mourra, d’avoir épuisé son Ki.

L’homme doit donc cultiver le Ki du cœur, en conservant son calme, en réfrénant sa colère et ses désirs, et en diminuant ses soucis et ses inquiétudes.

Mais il ne doit pas non plus :

  → rester couché trop longtemps, pour éviter au Ki de stagner,

  → se coucher avant d’avoir digéré,

  → manger jusqu’à satiété,

  → boire trop de sake,

  → s’abandonner à ses désirs sexuels,

  → rester longtemps assis,

  → trop travailler…

Enfin, ce n’est qu’en tout dernier recours, lorsqu’on a trop longtemps fait stagner ou diminuer le Ki et que l’on tombe malade, qu’il faut avoir recours à l’acupuncture ou aux médicaments.

 

L’hygiène de vie

C’est dès le réveil, obligatoirement très tôt le matin, que doivent commencer les soins qui nous maintiendrons en bonne santé.

Comme ailleurs, au réveil on se lave le visage et on se coiffe les cheveux.

Puis, après avoir pris son petit déjeuner, on se masse obliquement le côté gauche du bas ventre du bout de l’index, et l’on tapote également la partie inférieure des reins .

Enfin, on va faire trois cents pas afin d’éviter que le Ki ne stagne.

Durant la journée, s’il est important de ne jamais paresser, il ne faut pas non plus se tuer au travail.

Pour conserver une bonne santé, on travaillera tranquillement, de manière mesurée jusqu’à ce qu’on ressente une douce fatigue.

A la maison, on évitera d’employer des domestiques, et l’on préférera faire le ménage soi-même, évitant ainsi de rester trop longtemps assis.

En fait, la journée doit être marquée par une alternance de moments de repos et d’activité.

Ainsi, le Ki circulera bien, sans stagner ni s’épuiser.

L’ancien recueil chinois intitulé « Senkinko » résume ces préceptes à la perfection en rappelant que « se soigner, cela consiste à ne pas bouger longtemps, à ne pas s’asseoir longtemps, à ne pas se coucher longtemps, et à ne pas regarder longtemps ».

Et Kaibara Ekken de conclure : « Manger et boire sont des activités conçues pour développer le corps ; se coucher et dormir sont des activités conçues pour développer le Ki. Mais il faut de la modération dans les unes comme dans les autres ».

 

L’art d’utiliser les médicamentsmedecine traditionnelle japonaise

La tradition médicale japonaise recommande très fortement de ne jamais prendre de médicaments sans avoir étudié l’origine et l’avancement de la maladie.

Mais surtout… de bien choisir son médecin !

Vérité de La Palisse qu’il n’est pas inutile d’énoncer : « Il y a trois sortes de médecins : le bon médecin, le médecin médiocre et le mauvais médecin ».

Or, la caractéristique première d’un mauvais médecin est de prescrire beaucoup de médicaments, ce qui ne peut que blesser l’organisme du malade.

Pourquoi ?

Parce que le médicament a le Ki déséquilibré.

Il ne faut donc en aucun cas abuser d’un médicament, même du meilleur, comme le ginseng.

Si l’on ne trouve pas l’origine de la maladie, mieux vaut ne pas ordonner de médicaments au malade. Le bon remède est celui qui convient à la maladie. Et lui seul !

Les sages de l’ancien Japon disaient souvent : « On peut guérir une maladie, mais il est difficile de guérir les maux provoqués par les médicaments ».

Une maxime que devraient méditer les médecins modernes, grands pourvoyeurs de maladies iatrogènes devant l’Eternel.

Prendre un médicament inadapté entraîne en effet une disproportion de Ki dans l’organisme, qui produira une autre maladie.

Aussi, mieux vaut, en l’absence d’un bon médecin, se passer de médicament et attendre que le temps fasse son œuvre de guérison.

Et il ne faut évidemment pas oublier de manger de bons aliments, car « le médicament est inférieur au régime ».

Voilà ce qu’enseignaient les anciens médecins du Japon.

 

Boire et mangerdietetique japonaise : secret de longevite

On l’a dit, même si boire et manger sont nécessaires au développement du corps, il ne faut surtout pas abuser de la nourriture et de la boisson, car « les maladies entrent par la bouche ».

En médecine japonaise, le plus important pour ne pas tomber malade est de prendre soin de son estomac et de sa rate.

Et pour ce faire, au-delà de manger et de boire peu, il convient de respecter certaines règles :

  → Il faut préférer les plats chauds aux plats froids ou trop chauds.

  → Le riz doit être cuit jusqu’à ce que le cœur du grain devienne tendre.

  → Mieux vaut manger des aliments légers que gras et lourds.

  → Il ne faut pas manger trop de viande.

  → Equilibrer son alimentation entre les aliments épicés, salés, amers, acides et doux.

  → Choisir les aliments de bonne nature, qui contribuent au développement du corps et ne pèsent pas sur l’estomac.

  → Ne pas manger la nuit, afin de ne pas se coucher pendant la digestion.

  → Ne pas user de médicaments pour aider à la digestion.

  → Ne pas consommer de nourritures avariées ou encore vertes.

  → Manger encore moins dès l’avancée de l’âge.

  → Jeûner après un excès ou lorsqu’on est malade.

  → Sauter un repas lorsqu’on ne parvient pas à digérer.

  → Ne pas consommer d’aliments trop cuits. La vapeur est le meilleur moyen de cuisson, car même trop cuit l’aliment ne perd pas sa fraîcheur.

  → Ne pas manger la nourriture qui n’a pas été correctement assaisonnée avec du sel, de la sauce de soja, du vinaigre, du gingembre, du raifort, du poivre ou de la moutarde.

  → Ne manger que des aliments parfaitement frais.

  → Ne pas manger ce qui n’est pas à notre goût.

  → Manger moins au dîner qu’au déjeuner.

  → Ne pas boire trop d’eau chaude, de thé ou de soupe.

  → Ne pas boire trop de sake.

 Jean-Baptiste Loin 

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3 Commentaires sur "Quelques conseils de médecine japonaise"

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Joey
Invité

Bonjour,

Merci pour votre rubrique sur la médecine japonaise.
Est-ce que vous connaissez une adresse pour acheter des herbes médicinales traditionnelles japonaises, comme le bushi, ou la racine de pivoine, en provenance de Japon ?

Merci d’avance pour votre réponse

FOLCKE Vincent
Invité

Bonjour,

Article intéressant mais j’aimerais connaitre vos sources, notamment en ce qui concerne ce passage : « Au Japon, le nombre d’hôpitaux qui utilisent simultanément la médecine moderne et la médecine traditionnelle est en constante augmentation. Ces hôpitaux obtiennent d’ailleurs de meilleurs résultats dans le traitement des maladies »
Pouvez vous précisez les types de traitements mis en oeuvre, les maladies pour lesquelles ce constat a été obtenu, etc…
Merci par avance
VF

Bert
Invité

Connaissez vous un régime alimentaire après une radiothérapie ?
Afin de régénérer les cellules saines qui ont été irradiées.

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