Ces vitamines qui manquent aux Européens

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carences nutritionnelles en europe

Le rôle protecteur des micronutriments envers de grandes pathologies, telles que les maladies cardio-vasculaires, immunitaires ou liées au vieillissement cérébral, n’est aujourd’hui plus à prouver.

Des déficiences légères en vitamines, minéraux, oligo-éléments, flavonoïdes ou acides gras essentiels peuvent susciter de réels handicaps dans la vie de tous les jours.

Ces subcarences peuvent en effet amoindrir notre résistance physique, et nous rendre plus sensibles aux infections, réduire nos capacités d’attention ou de conceptualisation, et diminuer notre capacité à l’effort physique.

L’apparente abondance nutritionnelle dont jouissent les populations européennes ne les met pas pour autant à l’abri de certaines déficiences nutritionnelles provoquant des subcarences, les carences proprement dites étant plus rares dans notre société de surconsommation.

Ces indéniables déficits en micronutriments se trouvent notamment chez certains groupes, tels que les enfants, les adolescents, les femmes en âge de procréer (fer et iode), les fumeurs (vitamines A et C), et plus encore les personnes âgées (vitamines B1, B2, B6, D, et fer, zinc, sélénium).

Compte tenu de la richesse en lipides de leur alimentation, les Français devraient mourir beaucoup plus fréquemment de maladies cardio-vasculaires.

Pour expliquer ce fameux paradoxe, on a fait courir un bruit, au demeurant très sympathique, sur les bienfaits miraculeux de l’huile d’olive et du vin.

Ce n’est pas que l’huile d’olive soit sans intérêt, ni que le fameux resvératrol du vin n’ait pas de qualités…. mais la réalité du « paradoxe français » est un peu plus complexe.

Une étude conduite dans seize pays a en effet permis de relever une plus grande mortalité par infarctus du myocarde chez les personnes ayant des taux très bas en vitamine E.

Une autre étude, menée dans neuf pays européens, a, quant à elle, montré que les sujets ayant subi un infarctus avaient très peu de réserves en Béta-carotène.

D’autres recherches ont enfin révélé le rôle protecteur de la vitamine C et des flavonoïdes sur la sphère cardio-vasculaire.

En bref, il a été prouvé que si le régime méditerranéen peut effectivement réduire de 70% la morbidité et la mortalité cardio-vasculaires, ce n’est pas tant grâce au vin rouge ou à une réduction du cholestérol, que grâce à une multiplication par trois de la dose journalière d’Oméga 3 et à un taux plus élevé de vitamines C et E.

 

Les vitamines

Bien qu’il n’y ait pas de carences vitaminiques graves en Europe, les quelques enquêtes menées en France révèlent ce que nous conviendrons d’appeler “un statut vitaminique bas” chez de nombreux adultes et pour plusieurs vitamines :

  La vitamine B6, notamment, manque à l’ensemble des Français. 

  La vitamine D fait un peu défaut aux Bourguignons.

  La vitamine B1 constitue la principale subcarence dans le Val-de-Marne et à Paris…

Une situation similaire est retrouvée :

  en Espagne pour les vitamines B1, B2, B6 et le Béta-carotène ;

  en Angleterre pour les vitamines B2 et B6 ;

  en Finlande pour la vitamine C.

Quant aux population émigrées, elles souffrent généralement d’un important déficit en vitamine D.

Les enfants et les adolescents manquent partout de folates, mais aussi de Béta-carotène en Angleterre, et de vitamine E en France.

Les personnes âgées ne consomment pas assez de vitamines hydrosolubles, et notamment de B1, B2, B6 et C.

Chez les personnes âgées vivant en institution, ces déficiences sont pratiquement toujours plus fréquentes et plus marquées.

Or, il s’est avéré que ces vitamines jouent vraisemblablement un rôle dans les états dépressifs des fonctions mentales.carences de vitamines des europeens

Ainsi, il est désormais prouvé que le mauvais état nutritionnel dont souffre la personne âgée n’est pas attribuable à l’âge, et qu’il peut être corrigé par des sup­plé­mentations.

Une étude récente a montré qu’une supplémentation en micronutriments (vitamines et oligo-éléments), dans cette tranche d’âge, améliorait l’immunité et diminuait le risque d’infection.

Enfin, il a encore été démontré que les personnes âgées courent fréquemment le risque d’une importante carence en vitamine D, particulièrement en hiver, ce qui favorise l’ostéoporose.

Une supplémentation en vitamine D protège de la fracture du col du fémur en augmentant notamment l’absorption du calcium et en favorisant la minéralisation des os.

Pourquoi donc s’en priver ?

 

Les oligo-éléments

De la même manière, certains oligo-éléments manquent à certains groupes définis.

La déficience en fer, bien connue dans les pays du tiers-monde, n’épargne pas non plus les pays industrialisés, et concerne plus spécifiquement le nourrisson, l’enfant, la femme en âge de procréer et les personnes âgées.

Or, des déficiences minimes en fer, c’est-à-dire avant que n’apparaisse une anémie, sont susceptibles de retentir sur le développement mental et psychomoteur, ainsi que sur l’immunité.

La carence en iode n’a pas disparu de l’Europe, excepté en Suisse, en Autriche, en Suède, en Finlande et en Norvège, du fait de programmes de sup­plémentation iodée efficaces.quels complements choisir

Les conséquences de cette carence sont la présence de goitre, éventuellement compliquée de retard mental et de crétinisme dans les régions les plus atteintes d’Allemagne, d’Espagne, de Grèce et d’Italie.

Une déficience en zinc, quant à elle, semble bien être pratiquement généralisée à toute la population européenne.

Cette subcarence endémique retentit sur la croissance, la sensibilité aux infections et l’immunité… sans parler des nombreux problèmes psycho-nerveux qu’elle peut favoriser.

Elle s’observe, malgré tout, plus particulièrement chez l’enfant et chez les personnes âgées.

Les apports en sélénium sont généralement aussi un peu trop bas en Europe du Nord, excepté en Norvège et en Finlande.

Cette déficience touche particulièrement les femmes et les personnes âgées.

Enfin, il apparaît que, comme pour le zinc, le statut en sélénium des personnes âgées vivant en institution est plus détérioré que chez celles restées autonomes.

 

Micronutriments et cancers

Plus de deux cents travaux prouvent aujourd’hui que, chez l’homme, une consommation régulière de fruits et de légumes a un effet protecteur vis-à-vis de certains cancers.

Par exemple, le risque de cancer du larynx augmente à mesure que la consommation de fruits, de légumes et d’huiles végétales diminue.

Cette relation inverse a été également observée entre la consommation de fruits et de légumes et les cancers de l’estomac, du pancréas, du col de l’utérus et du poumon, ou encore entre le cancer de l’estomac et la consommation de vitamine C

Enfin, il semblerait que la vitamine D puisse jouer un rôle protecteur dans le cancer du sein, comme les folates par rapport au cancer du côlon.

 Françoise Jourdain 

 

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