La phytothérapie… Ayurvédique

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Phytothérapie ayurvédique

L’Ayurvéda nous propose une lecture de la nature et des plantes qui diffère considérablement de l’approche scientifique occidentale.

Il y a de cela quelques dizaines de millénaires, les origines de la phytothérapie se sont plus ou moins confondues avec la spiritualité.

Les plantes servaient en effet tout autant à provoquer des transes qu’à guérir des maladies alors perçues comme possessions par des esprits malins.

Un peu plus tard et partout dans les grandes civilisations traditionnelles, celtique, chinoise ou indienne, cette science spirituelle des plantes a pu s’approfondir, se complexifier et devenir, notamment en Inde et en Chine, des médecines à part entière.

Le docteur David Frowley l’écrit fort pertinemment : « la phytothérapie ayurvédique nous procure non seulement des plantes spécifiques, mais la façon de comprendre toutes les plantes ».

Et la meilleure façon de comprendre les plantes est certainement de se rendre réceptif à la conscience qui se manifeste en elles.

Pour le matérialiste qui croit que c’est uniquement le cerveau et plus particulièrement le cerveau humain qui produit la conscience, il est évidemment strictement impossible de prendre au sérieux le discours traditionnel qui place au contraire la conscience au centre de toute manifestation.

Pour le spiritualiste, en revanche, tout est conscience, tout est Esprit, y compris la matière la plus matérielle… qu’il convient dès lors de voir comme de la conscience à l’état figé.

Quant à la conscience humaine, elle ne se limite évidemment pas au mental puisqu’elle est à même de rejoindre l’être sous toutes ses formes.

Mais c’est seulement au-delà de la barrière créée par l’ego et son cortège d’illusions, que cette conscience animant toute forme de vie, du plus simple brin d’herbe jusqu’à l’humain le plus évolué, se révèle pleinement.

La différence entre le brin d’herbe et l’humain, résidant dans le fait que l’humain est conscient d’être conscient à partir du moment où il parvient à voir au-delà de son ego… alors que le brin d’herbe, quoi qu’il fasse, n’aura jamais ce privilège.

Mais ce brin d’herbe, ces feuilles, ces racines, toutes ces plantes n’en demeurent pas moins autant de manifestations d’une conscience unique.

Le reflet de la conscience

Le corps humain participant à ce processus de cristallisation de la conscience, va se nourrir de plantes sans se douter que, ce faisant, il se mange lui-même.

Et surtout qu’en mâchant telle ou telle feuille, racine, graine ou fruit, il communie avec des parties inconscientes de lui-même dans l’espoir machinal de se compléter en les rendant conscientes.

Une science oubliée

Que ce soit à travers l’acte trivial de se nourrir ou de se soigner, ou encore a fortiori de stimuler ses perceptions et sa cognition à l’aide de drogues, l’humain, dans sa consommation du végétal, n’a jamais voulu retrouver autre chose que sa conscience oubliée.

C’est en tout cas uniquement sur la prise de conscience de cette base métaphysique qu’ont pu s’élaborer les sciences spirituelles qui, à leur tour, ont donné naissance à des médecines traditionnelles comme l’Ayurvéda.

Des Sages ont tout d’abord eu la connaissance directe que la conscience était en tout et par conséquent aussi cachée dans les roches ou les plantes.

Puis, plus tard, des prêtres ou des Yogi ont été rechercher plus précisément quels étaient les messages spécifiques de cette conscience à travers les différentes plantes par lesquelles elle se manifestait, autrement dit en quoi le Soi de chaque plante pouvait apporter une aide au Soi de chaque homme.

Des concepts ont alors été élaborés, tel le microcosme humain dans lequel étaient symboliquement contenus tous les règnes de la nature, minéraux, végétaux ou animaux.

D’autres concepts, toujours fondés sur l’analogie, attirèrent l’attention des adeptes sur les similitudes que l’on pouvait observer entre certaines parties du corps et différents végétaux.

Le système nerveux, par exemple, fut symboliquement rapproché de l’arbre, prenant, selon les cultures, l’aspect plus particulier du banyan aux Indes, du figuier en Israël, ou du chêne chez les Druides…

Aux antipodes de la pensée rationnelle qui gouverne aujourd’hui le monde, la pensée analogique de l’antiquité était parvenue, au fil des millénaires, à une maturité exceptionnelle qui en a hissé les productions au rang d’une science, certes d’un autre type mais une science malgré tout digne de ce nom… et dont on a malheureusement aujourd’hui à peu près tout oublié.

L’homme est la plante de la conscience

Dans les Védas, par exemple, on considérait que chaque règne est investi par la nature d’une mission de transformation.

Et alors que l’homme est fait pour transformer la vie en conscience, la plante, elle, fut créée pour transformer la lumière en vie.

Comme la rappelle le docteur David Frawley « le mot sanskrit pour plante, est osadhi, signifiant littéralement réceptacle ou esprit.

« C’est l’esprit, dhi, contenant une transformation ardente, osa.

« Or, dans les Védas ce terme se réfère non seulement aux plantes mais à toute entité de la création ».

Aussi, cette science spirituelle voit très poétiquement dans l’être humain, la plante, la fleur, de la conscience.

Par voie de conséquence, le processus de transformation opéré par la plante à un niveau inférieur de l’évolution entrerait donc dans une sorte de résonance avec celui effectué par l’être humain.

Voilà pourquoi la plante est élue dans toutes les traditions spirituelles pour nourrir notre esprit et notre système nerveux, et favoriser par conséquent le processus de transformation dont l’humanité est chargée.

Frawley explique plus en détail ce processus :

« Le règne végétal », dit-il, « a pour but d’introduire les sentiments dans la manifestation.

« Au niveau végétal, les sentiments existent sous une forme pure et passive.

« Mais règnes animaux et humains les manifestent plus activement, plus séparément mais souvent sans autant de beauté.

« La conscience dans les plantes est à un niveau primaire d’unité ; elle est ainsi plus psychique et télépathique.

« Les formes de vie sont des postes de réception et de transmission des forces, à travers lesquels tout est nourri.

« Chaque chose existe pour nourrir les autres, et en retour pour être elle-même nourrie.

« Ainsi chaque règne dans la nature sert à recevoir et à transmettre la vie.

« Cette vie est implicite dans la lumière et dans la transmission des forces stellaires ou astrales.

« La terre, semblable à un récepteur gigantesque ou à une station émettrice, inspire et expire les forces stellaires et cosmiques, dont l’essence absorbée construit et développe la vie.

« Ces forces ne sont pas toutes matérielles, mais incluent des énergies subtiles de nature occulte ou spirituelle.

« Les plantes transmettent les impulsions vitales et émotionnelles, la force vitale cachée dans la lumière.

« Cette force est le don, la grâce et le pouvoir des plantes ».

Et de conclure, « les plantes nous confèrent le pouvoir nourrissant du soleil qui est l’énergie similaire à celle des étoiles.

« Ainsi l’existence des plantes est une grande offrande, puisqu’elles nous offrent non seulement leur propre valeur nutritive, mais aussi la véritable lumière et l’amour des étoiles dont elles sont les messagères.

« Elles nous apportent la lumière universelle pour que nous puissions entrer dans la vie universelle ».

Compréhension des plantes et du vivant sur laquelle se fonde la pharmacopée Ayurvédique, dont nous verrons plus en détail les indications thérapeutiques dès dimanche.

 Jean-Baptiste Loin 

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16 Commentaires sur "La phytothérapie… Ayurvédique"

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Marie-Odile
Invité

merci pour cet article qui plonge très profondément, on en a grand besoin actuellement ou les » egos « ( politiques notamment )sont si destructeurs.Votre article me parle à quelque chose de très profond , que je ne sais pas nommer.

Anne
Invité

Un grand merci.

Jean-Claude
Invité

MERCI, les informations sont très intéressantes

Robert
Invité

Merci

Ezéchiel Jean-Paul
Invité

Merci

sonia Bourgeois
Invité
sonia Bourgeois

Merci, Merci, Merci !

Ce que je viens de lire est tellement beau ! Merci.
Je l’ai envoyé à tous mes amis. MERCI !

C’EST TELLEMENT VRAI ! TELLEMENT BEAU !

Raymonde
Invité

3 FOIS MERCI !

Steeve Gusman
Invité
Steeve Gusman
Cette article aborde une notion qui est totalement niée par notre science moderne toute puissante …et c’est bien celle de la dimension énergetique du vivant et donc de la VIE… et les plantes sont réellement une forme de cristallisation de cette force ou énergie vitale premiere (QI/PRANA)…c pour cela qu’il faut consommer le + possible dans son alimenttion des végétaux crus pour pouvoir se nourrir de ce PRANA et le fournir a ses tissus qui ont cruellement besoin surtout dans nos vies d’humains modernes totalement deshydratés (aussi bien dans nos coeurs que cellulairement) …l’eau des végétaux (Structured Water) permet la… Lire la suite »
Esther
Invité

En ce jour de bénédiction, MERCI car DIEU a créé, afin de nous permettre de jouir d’une bonne santé mais nous devons être vigilant et utiliser à bon escient et connaitre les plantes qui nous font du bien . Merci pour vos messages, car je suis fidèle aux plantes et à l’herboriste . MERCI DE VOUS PRÉOCCUPER DE VOTRE PROCHAIN ET bonne semaine !!!

Catherine
Invité

Très instructif, pédagogique, très bien fait, merci pour cet enseignement.

duquenne jean
Invité
duquenne jean

merci

Nathalie
Invité

Tres intéressant merci

Françoise
Invité

Merci

Sylvia
Invité

Bonjour

Merci, merci beaucoup pour vos articles concernant cette médecine.

Je vais très sérieusement m’interesser a cette médecine et cette pensée.

Pourriez vous me conseiller des ouvrages .

Réponses Bio
Admin

Bonsoir,

A ma connaissance un bon ouvrage pour les Occidentaux disponible en français serait : La Divinité des plantes : Guide Ayurvédique de phytothérapie

Bien à vous,

Jean-Baptiste Loin

Sylvia
Invité

Merci!

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