La cueillette des plantes sauvages médicinales

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Cueillette des plantes sauvages médicinales et aromatiques

Beaucoup de plantes sauvages sont à la fois médicinales et gastronomiques, comme les asperges sauvages, le pissenlit ou le cresson de fontaine, qui se mangent en salade, l’ortie en soupes ou encore les jeunes cônes de houblon en omelette… elles ont en tout cas le pouvoir naturel d’allier plaisir gustatif et santé.

 

Le tout, bien sûr, est de savoir les reconnaître dans la nature.

Certaines sont déjà bien connues, y compris du citadin le plus endurci.

L’ortie, le pissenlit, la mûre, la fraise des bois, la noisette, la châtaigne ou le cynorrhodon, par exemple, ne sont pas très difficile à distinguer.

D’autres, en revanche, et notamment les champignons, requièrent de l’expérience, assez facile à acquérir avec des livres illustrés, ou mieux encore, en stages spécialisés.

Cet effort de documentation et d’apprentissage est récompensé par le plaisir de partir à la « chasse » aux végétaux.

Reste la pollution, qui ternit le plaisir que l’on prend à cette cueillette.

Toutefois il ne faut pas exagérer ; bien que la pollution soit aujourd’hui généralisée, ce ne sont pas les plantes sauvages qui en souffrent le plus.

Pour en éviter les écueils il suffit de ne pas les cueillir en bordure de route, d’usine, de villes ou de terrains agricoles.

 

L’ortiecueillette sauvage ortie : propriétés médicinales

La première de toutes les « mauvaises herbes » si bonne pour la santé est, sans conteste, l’ortie qui « nettoie, assainit et dissout », aussi bien par voies interne qu’externe, et de toutes les manières possibles, sous forme d’infusion ou de décoction, d’extrait fluide, de suc, de sirop, etc.

L’ortie contient près de 40% de protéines en poids sec et recèle une immense richesse en :

  fibres,

  chlorophylle,

  bêtacarotène,

  et en vitamines du groupe B, et notamment la B2, la B5 et la B9.

Cette plante est également fort bien pourvue en minéraux avec beaucoup de :

  fer,

  zinc,

  silice,

  magnésium,

  calcium,

  potassium,

  et manganèse.

En tant que tonique général, elle stimule le métabolisme, revitalise l’organisme, remonte le moral et donne de l’énergie.

Elle soutient activement les traitements naturels cas de :

  fatigue chronique,

  convalescence,

  grossesse,

  allaitement,

   et troubles métaboliques comme l’hypoglycémie ou le diabète.

C’est également un tonique du système urinaire, qui s’indique aussi bien dans les calculs rénaux, la cystite chronique, l’incontinence, et même les néphrites.

En favorisant l’excrétion d’acide urique, elle facilite la guérison de la goutte, de l’eczéma, des éruptions cutanées ou des calculs.

Parce qu’elle est alcalinisante en plus d’être drainante, l’ortie est d’une grande aide pour éliminer :

  l’eczéma infantile ou nerveux,

  l’acné,

  les éruptions cutanées,

  le psoriasis,

   et les ulcères suintants et dermatoses.

En outre, elle revitalise les ongles et les cheveux.

L’ortie a aussi un effet marqué sur le système digestif et apporte une assistance dans les cas de perte d’endurance ou de poids.

Une autre grande application traditionnelle de l’ortie est la protection pulmonaire où elle concourt à traiter la bronchite, l’asthme bronchique ou allergique et le rhume des foins.

L’ortie, adaptogène, traite aussi de nombreux dérèglements endocriniens.

Enfin, c’est tout particulièrement l’amie de la femme, puisqu’elle :

  diminue la rétention d’eau,

  soulage les seins endoloris,

  prévient l’anémie,

  élimine les crampes menstruelles en quelques semaines,

  et redonne de l’énergie après un accouchement tout en stimulant la production de lait.

En usage externe, on utilise la lotion d’ortie pour les soins du cuir chevelu et dans le traitement de l’acné où elle fait des merveilles grâce à l’effet anti-inflammatoire du zinc, ou encore les bains de bouche et gargarismes en cas d’infections bucco pharyngées et d’aphtes.

 

La gentianecueillette sauvage gentiane : propriétés médicinales

C’est une des racines les plus amères de la phytothérapie actuelle.

L’espèce à fleur jaune se trouve facilement en France, en Espagne et dans les Balkans.

Ses propriétés sont nombreuses, mais elle est surtout :

  tonique,

  apéritive,

  stomachique,

  dépurative,

  antirhumatismale,

  leucocytogène,

  et vermifuge.

Et secondairement :

  cholagogue,

  cholérétique,

  et fébrifuge.

On l’indique dans les cas de :

  dyspepsies,

  flatulences,

  anémies,

  convalescence,

  paludisme,

  tuberculose,

  parasites intestinaux,

  goutte,

  insuffisance hépatique,

  inappétence,

  fatigue,

  ou diarrhée…

On la fait plutôt décocter qu’infuser, mais on peut aussi la laisser macérer une douzaine d’heures, à raison de 30 grammes de racines coupées par litre.

On prend cette tisane soit avant, soit après les repas.

Il y a aussi de nombreuses recettes de vins à la gentiane, à consommer avec modération.

 

Le chardon bénicueillette sauvage chardon beni : propriétés médicinales

Ce sont les sommités fleuries du chardon béni, ou Cnicus benedictus, que l’on utilise en infusions ou en teintures.

Cette plante est à la fois : 

  tonique,

  apéritive,

  digestive,

  dépurative,

  diurétique,

  sudorifique,

  stimulante du système nerveux,

  et sédative des douleurs rhumatismales.

On l’indique en cas de :

  convalescences des rhumes et affections pulmonaires,

  inappétence,

  affections hépatiques ou rénales,

  atonie gastrique,

   rhumatismes,

  et d’œdèmes.

En infusion, on compte une cuillère à café par tasse, à raison d’une tasse avant les repas ; et en teinture, une soixantaine de gouttes par jour.

D’autres types de chardons ont d’autres propriétés :

  le chardon Marie est plus cholagogue et hypertenseur ;

  le chardon Roland est essentiellement diurétique ;

  le chardon étoilé ne s’emploie guère qu’en cas de fièvres intermittentes.

 

Le plantain, ou plutôt les plantainscueillette sauvage plantain : propriétés médicinales

Il existe plus de deux cents espèces de plantain, dont par exemple le Plantago psyllium, dont les graines bienfaitrices pour la flore et le transit intestinaux sont largement connues aujourd’hui.

Cependant les espèces sauvages que l’on trouve facilement dans les campagnes sont le Plantago major (grand ou majeur), le Plantago media (moyen) et le Plantago lanceolata (petit ou lancéolé), dont les propriétés médicinales sont très semblables. 

On consommera les jeunes feuilles crues en salades, tandis que les moins jeunes seront plutôt légèrement cuites comme des épinards, à la chinoise.

Mais on pourra également consommer les graines moulues en farine et ajoutées à la pâte à pain ou à la soupe.

Le plantain est avant tout un purificateur sanguin, des voies pulmonaires et stomacales.

Il sera donc tout indiqué en cas :

   d’hémophilie,

   de diarrhée,

   de dysenterie,

   de tuberculose,

   de bronchites chroniques,

   de pharyngite,

   de laryngite,

  ou encore de néphrites.

Ou il pourra aussi se préparer en infusion, à raison de 10 grammes de feuilles pour 100 ml d’eau, dont on boira 2 à 4 tasses par jour.

Toutefois du fait de sa richesse en mucilage, l’idéal est encore de le faire macérer : on fera donc bouillir une minute dans un litre d’eau 30 à 60 grammes de feuilles, puis on laissera macérer toute la nuit.

Ce jus stimulant pourra alors être consommé à raison d’un litre par tranche de 24 heures.

L’infusion et la macération conviendront aussi bien aux usages internes qu’externes, en gargarismes, bains de bouche, lavages oculaires, compresses ou irrigations vaginales, selon les indications.

En Chine, ce sont les graines qui sont employées pour leurs propriétés diurétiques éliminant l’urée, l’acide urique et les chlorures.

En cataplasme, le plantain sera utile contre :

  les conjonctivites et l’inflammation des paupières,

  les plaies et coupures,

  les ulcères de jambe,

  les gingivites,

  les dartres et dermatoses croûteuses,

  ainsi que les pertes blanches excessives.

Il sera enfin recommandé en cas de piqûres d’insectes : abeilles, guêpes et, par temps orageux, mouches domestiques…

Pour préparer vos cataplasmes, il suffira de froisser quelques feuilles et de les appliquer directement sur la partie touchée.

Non seulement le soulagement est instantané, mais la feuille constitue par la même occasion un pansement naturel tout à fait efficace, y compris pour les égratignures des enfants.

 

L’ail des ourscueillette sauvage ail des ours : propriétés médicinales

Réputé pour être la première plante dont les ours se régalent lorsqu’ils sortent d’hibernation, l’ail des ours est un grand classique de la nature sauvage.

On le trouve souvent dans les sous-bois humides ou près des petits cours d’eau, où il pousse en tapis denses.

Les feuilles apparaissent de février à mars et les fleurs d’avril à juin.

La récolte se fera généralement avant l’apparition des premières fleurs, c’est à dire avant la fin du mois d’avril.

Toutefois, puisque tout est bon dans l’ail des ours (bulbe, feuilles, boutons et fleurs) vous pouvez encore le ramasser quand il commence à fleurir. 

L’ail des ours est à la fois un légume et un condiment au goût typé et subtil d’ail, recelant de merveilleuses propriétés médicinales, telles que : 

  une richesse exceptionnelle en vitamine C,

  de très bons apports en silicium, fer, manganèse, zinc, vitamines B1, B2 et E,

   un effet stimulant général, 

   une action dépurative et chélatrice des métaux lourds (plomb, mercure) facilitant leur élimination, 

   une tendance vermifuge, de même que l’ail commun,

   un effet antiseptique et antibiotique général grâce à sa teneur en alliine,

   une fonction désinfectante de la sphère intestinale, soulageant lourdeurs d’estomac et diarrhées,

   ainsi qu’un impact hypotensif, fluidifiant sanguin et anti-cholestérol…

En définitive, cette plante nettoie et assainit l’organisme en profondeur à la sortie de l’hiver. 

Cependant attention ! A la différence de l’ortie par exemple qui est reconnaissable par tous en un clin d’oeil, vous devrez faire preuve de précautions pour ne pas vous tromper lorsque vous ramasserez l’ail des ours sauvage. 

La confusion se fait effectivement très souvent avec le muguet ou le colchique d’automne, dont les feuilles se ressemblent à s’y méprendre… mais qui sont quant à elles sérieusement toxiques !

En revanche, lorsque les fleurs font leur apparition, vous ne pouvez plus vous tromper, celles de l’ail des ours étant formées de six pétales blancs regroupés en ombrelles. 

Pour être sûr de ne pas vous tromper, brisez simplement une feuille à la base, vous reconnaîtrez immédiatement son arôme d’ail si caractéristique. 

En cas de doute, mieux vaudra tout de même vous abstenir. 

 

Les plantes condimentaires

On trouve aussi dans la nature de multiples herbes comestibles pour le plus grand plaisir des papilles gustatives.

 Le thym, excellent contre la toux ou comme stimulant digestif, accompagne fort bien les soupes et les aubergines, ainsi qu’avec les carottes, les tomates et les pois.

 Le romarin est aussi un stimulant qui convient parfaitement aux affections respiratoires, aux fièvres et aux troubles utérins, faisant partie des meilleures plantes pour le foie et la vésicule biliaire.

En cuisine, elle ravira les champignons, les petits légumes, le riz, les olives, et même des fruits comme les oranges, les pamplemousses, les poires ou les pêches.

 La marjolaine s’accorde avec la plupart des légumes, et notamment avec la tomate, l’asperge, la carotte, la courge et les légumes à feuilles.

Idéale pour relever les soupes et les œufs, elle combat l’aérophagie, l’insomnie, l’anxiété et la migraine.

Mais on peut aussi l’utiliser en gargarismes contre les inflammations buccales.

 La menthe, stimulant du système nerveux, facilite la digestion, neutralise les fermentations intestinales, évite les vomissements et combat la toux.

Indispensable dans la cuisine extrême-orientale et très agréable avec le thé, elle aromatise bien souvent le taboulé ou le boulgour, les soupes ou breuvages, sans oublier, dans un autre registre, la gelée de pommes à l’anglaise.

 L’origan, très utilisé dans les cuisines grecque, italienne et mexicaine, il se marie subtilement avec les omelettes, les œufs brouillés ou bouillis, l’aubergine, le poivron et la courge.

C’est un antispasmodique et un stimulant de la digestion combattant insomnies, rhumatismes, migraines et rhumes.

 Jean-Baptiste Loin 

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12 Commentaires sur "La cueillette des plantes sauvages médicinales"

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Busa
Invité

Merci

Busa
Invité

Comment faire pousser les plantes médicinales dans des jardinières dur un petit balcon. Faut il beaucoup de terre et bio si possible? Merci.

nabil
Invité
nabil

pour exemple l’ail des ours il faut récupérer les bulbes,pour les plantes aromatiques il suffit de les bouturer,après vous pouvez acheter des semences bios et faire vos semis,il est encore temps,moi je pratique la cueillette des plantes sauvages comestibles,tels que la pimprenelle qui a un gout de concombre,l’aillière qui a le gout de l’ail,oxalis petite oseille,la camomille,le rumex,la bourrache,la consoude,prenez un livre avec les photos et les illustrations,et promenez vous dans les bois

Sylvie
Invité
Sylvie

merci pour tous ces trésors

Olivier
Invité
Olivier

BONJOUR,

MERCI POUR VOS MAILS, J’AIME VOS INFORMATIONS, AVEZ VOUS LA RECETTE POUR FAIRE UNE SOUPE D’ORTIES, J’EN AI PLEIN CHEZ MOI.

nabil
Invité
nabil

Ortie et oseille c’est très bon

Pascal
Invité
Pascal

Bonjour,

Merci pour ce très intéressant article.

Felicia
Invité
Felicia

Merci

Mme Ail
Invité
Mme Ail

Merci ça fait toujours plaisir d’avoir de nouvelles informations sur les plantes.

Jean-Pierre
Invité
Jean-Pierre

merci

bien sincèrement

Dominique
Invité
Dominique

Merci

malek
Invité

Merci, et proposez-nous des recettes, des préparations utilisant ces plantes.

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