D’étonnants rapports entre l’homéopathie et les médecines tibétaine et ayurvédique

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medecine ayurvedique indienne

L’homéopathie est une médecine énergétique de terrain basée sur le principe du similia similibus curantur (le même guérit le même).

Elle n’établit pas de frontière entre les symptômes physiques et psychiques mais prend en compte les différentes constitutions.

Or… surprise qui n’en est pas une : cette homéopathie a de nombreux points communs avec les médecines traditionnelles, et notamment avec les médecines tibétaine, chinoise et ayurvédique !

L’énergétique est l’axe d’attaque fondamental des médecines chinoise et tibétaine, comme d’ailleurs de la tradition ayurvédique.

Qu’on l’appelle Prâna ou Chi, l’énergie, dans ces approches, se situe toujours sur un plan causal par rapport aux manifestations pathologiques, quelles soient physiologiques ou mentales.

En conséquence, les médecins orientaux considèrent que le traitement thérapeutique doit avant tout agir sur ce plan énergétique.

Or, on sait aussi que l’homéopathie, grâce aux dilutions et aux dynamisations successives des substances médicinales préparées, offre au consommateur un médicament qui ne contient plus rien d’autre… que le message énergétique de la substance en question, celle-ci ayant bien entendu disparue.

On se retrouve donc bien ici encore dans le cadre d’une médecine énergétique, en tous points comparable aux techniques asiatiques classiques.

Le terrain, lui aussi, est une préoccupation essentielle, partagée par l’ensemble des médecines antiques et des biothérapies modernes qu’il s’agisse de l’homéopathie, de la naturopathie ou même de la phytothérapie.

Seule l’allopathie, en fait, cible exclusivement le symptôme et ne tient généralement aucun compte du terrain, pas plus de manière préventive que curative.

Mais là où la ressemblance devient frappante entre homéopathie et médecine tibétaine, c’est dans la philosophie qui sous-tend les deux disciplines.

Rappelons que l’homéopathie fut conçue par Samuel Hahnemann à partir du constat d’un curieux phénomène : l’écorce de Quinquina – utilisée pour soigner la malaria -, lorsqu’elle était administrée à haute dose à des sujets sains, provoquait des symptômes identiques à ceux de la malaria.

Hahnemann eût alors l’idée de tester d’autres substances médicamenteuses dans le même sens… et obtint les mêmes résultats.

La loi de similitude, fondement de la philosophie homéopathique, était née… ou plutôt réinventée puisque le Tantrisme, tradition sur laquelle s’enracine la médecine tibétaine, avançait depuis des millénaires un principe en tous points identique, selon lequel « la passion est le remède de la passion ».

 

L’importance des modalités

Les homéopathes – c’est de notoriété publique – sont aussi, en Occident, les médecins qui accordent la plus large écoute à leurs patients.

Ils leur octroient en effet quelquefois plus d’une heure d’entretien afin qu’ils aient non seulement le sentiment que l’on s’intéresse à eux, mais qu’ils puissent également approfondir les modalités dont s’entourent leurs troubles.

Ainsi, l’homéopathe, comme le médecin tibétain, s’inquiète de savoir si tel ou tel symptôme est aggravé ou au contraire diminué par la chaleur, par le froid, l’humidité, le vent, la nourriture, etc.

Ces modalités homéopathiques qualifient et précisent le symptôme, permettant de différencier l’action des différents médicaments habituellement prescrits pour un même symptôme.

Par exemple, le Docteur Jacques Boulet nous dit « Apis et Arsenicum album sont tous les deux des médicaments de douleurs brûlantes, mais Apis soulage les douleurs calmées par le froid, et Arsenicum album celles calmées par le chaud ».

Ces modalités touchent généralement au climat, à la saison, à l’humidité ou à la sécheresse, à la position du corps, aux horaires, aux repas, aux sentiments et émotions, et bien sûr à la température.

Or, beaucoup de ces modalités se retrouvent dans les médecines traditionnelles, et en particulier le chaud et le froid, liées au Feu et à l’Eau, qui demeurent les deux grandes perturbations reconnues par la médecine tibétaine.

Couplée à la définition de la constitution du patient, l’étude de ces modalités permet en tout cas au médecin traditionaliste et à l’homéopathe de ne pas soigner une maladie, mais bien un malade… souffrant d’un ensemble de problèmes psycho-physiques.

Révisons à présent, avant d’aller plus loin, les constitutions et humeurs des médecines ayurvédique et tibétaine…

 

Les trois Doshasles trois doshas dans la médecine ayurvédique

Pour les Hindous, le fonctionnement de l’univers repose sur trois qualités, les Gunas : tamas, raja et sattva.

Leurs équivalents corporels, les Doshas, sont nommés : vata, pitta et kapha, et constituent en quelque sorte les trois forces en interaction dans le corps humain, de l’équilibre desquelles dépend la santé.

  → Vata est le mouvement, le rythme métabolique. Il gouverne les mouvements du corps, la respiration, l’élimination, le mouvement des muscles et des tissus, le rythme du cœur, les échanges intracellulaires, le système sympathique, la parole, et la pensée. Lié aux éléments air et espace, il a son centre au niveau des intestins.

  → Pitta est la chaleur. Il règle la température du corps, la digestion, l’assimilation, l’homéostasie, la pigmentation de la peau, l’éclat du regard, et l’intelligence. Lié à l’élément eau, il a son siège dans l’estomac, le foie et l’intestin grêle.

  → Kapha est la masse. Il constitue la matière du corps, assure la résistance de l’organisme et la fonction immunitaire. Lié aux éléments eau et terre, il a son siège dans le cœur et les poumons.

 

Les trois Humeurs

Dans la médecine tibétaine, les trois Humeurs sont le Vent (rLung), la Bile (mKhris-pa) et le Flegme (Bad-Kan), correspondant respectivement à l’Air, au Feu et à l’Eau.

  → Le Vent soutient la force vitale, relie somatique et psychique, et confère de la clarté au mental.

  → La Bile est l’Humeur de la digestion. Elle génère la chaleur du corps, régule la couleur du sang, et stimule la confiance en soi.

  → Le Flegme mélange et décompose le bol alimentaire. Il facilite les fonctions gustatives, et préside à la contraction et à la relaxation des muscles.

 

Des coïncidences troublantes

Aspects fondamentaux du terrain homéopathique, les constitutions, que l’on nomme « oxygènoïde », « hydrogènoïde » et « carbonique », comme leurs noms l’indiquent sont en rapport avec les éléments traditionnels « Air », « Eau » et « Feu ».

Or, ces éléments correspondent non seulement aux trois Doshas de l’Ayurvéda mais également aux trois Humeurs de la médecine tibétaine.

Ainsi, force nous est de constater que :

  → la constitution oxygènoïde coïncide tout à fait avec le Dosha Vata et l’Humeur rLoung (Vent) ;

  → la constitution hydrogènoïde avec Kapha et Bad-Kan (Flegme) ;

  → et la constitution carbonique avec Pitta et mKhris-pa (Bile).

Les correspondances peuvent même s’appliquer à différentes modalités, telles que les saisons ou les moments de la journée.

D’après le Docteur Bhattacharya :

  → à Vata (Air) correspond la saison des pluies et l’après-midi ;

  → à Pitta (Feu), l’automne et midi ;

  → et à Kapha (Eau), le printemps et le matin.

Et ce médecin ajoute que « les remèdes homéopathiques ayant une aggravation entre quatorze heures et dix huit heures, sont des remèdes Vata. C’est le cas de Pulsatilla qui a une aggravation dans l’après-midi, ou de Thuya et Apis qui ont une aggravation entre quinze et dix huit heures ».

Au-delà de cette classification extrêmement utile au médecin, le Docteur Bhattacharya retient huit remèdes homéopathiques, qu’il appelle les « joyaux » et qui conviennent à tout le monde (dans la mesure où ils répondent à une affection effective) puisqu’ils contiennent les trois énergies cosmo-physiques à la fois.

Ce sont :

  → Ammonium carbonicum : muqueuses respiratoires et système vasculaire.

  → Ammonium muriaticum : muqueuses respiratoires et rhumatismes.

  → Baptisia : gastro-entérite et grippe intestinale.

  → Camphora : rhume et refroidissement.

  → Crocus sativus : règles de sang noir.

  → Ferrum metallicum : fatigues anémiques, incontinence d’urine et périarthrite scapulo-humérale.

  → Ferrum phosphoricum : trachéite, bronchite, otite, saignements de nez, grippe.

  → Sepia : bouffées de chaleur ménopausiques, dépression ménopausique, infections urinaires, mycoses vaginales.

Ces médicaments homéopathiques rejoignent donc les quatre aliments qui, dans cette même tradition ayurvédique, comprennent eux aussi la totalité des éléments : la crème fraîche, le lait frais, le poisson frais et le poivre noir.

Jean-Baptiste Loin

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