Les TOC

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Troubles obsessionnels compulsifs

Vérifiez-vous sans cesse si vous avez bien fermé le gaz ?

Avez-vous constamment peur de commettre une erreur ?…

Si oui, vous avez un TOC.

Le TOC, ou Trouble Obsessionnel et Compulsif, c’est ce comportement répétitif absurde qui vous oblige par exemple à vous laver les mains cent fois par jour, ou à ruminer des pensées déplaisantes, comme l’impression d’être en train de tomber malade ou de mourir.

Bien qu’appartenant à la vaste classe des troubles anxieux, le TOC n’est toutefois pas exactement l’anxiété généralisée, le trouble panique ou la phobie.

Comme son nom l’indique, cette affection particulière se caractérise par deux symptômes spécifiques :

  → les obsessions, c’est à dire des pensées répétitives,

  → et les compulsions, qui sont des comportements tout aussi répétitifs et obligatoires.

Ces obsessions et compulsions, qui touchent tout de même près de 3% de la population, se présentent évidemment sous des formes très diverses.

Les obsessions les plus fréquentes sont la peur de commettre une erreur ou de provoquer un malheur.

Quant aux compulsions les plus fréquemment observées, ce sont les rituels de vérification, d’amassage ou de rangement.

Ces problèmes psychiques, qui peuvent occuper le sujet de une à dix heures par jour, sont presque toujours conscients… et toujours incontrôlables, tout au moins avant traitement.

Car c’est bien une maladie à part entière !

Inutile donc, si quelqu’un de votre entourage présente ce type de comportement, de faire appel à sa raison ou à sa volonté.

Au contraire, mieux vaut tenter de déculpabiliser le malade, de lui conseiller de se documenter sur la question et, bien sûr, de l’orienter vers un traitement.

 

Obsessions et compulsions typiques

  √ Obsessionstroubles obsessionnels compulsifs

  → Obsession de la saleté, des microbes, d’objets, de substances ou de personnes contaminées.

  → Obsession de l’exactitude, de l’ordre, de la symétrie, des nombres.

  → Obsession des catastrophes, accidents, morts, vols, dont on pourrait être responsable par négligence.

  → Obsession de conserver des objets usagés, et incapacité à les jeter.

  → Obsession de la maladie et de la mort.

  → Pensées obsessionnelles à contenu religieux (scrupules), moral (sentiment de responsabilité absurde), existentiel, sexuel ou agressif (peur de faire du mal à un proche).

 

 Compulsions

  → Rituels de lavage.

  → Rituels de nettoyage des objets de la maison ou par rapport à la nourriture.

  → Rituels de protection, d’évitement de serrer des mains, de toucher de l’argent, d’entrer dans des toilettes publiques…

  → Rituels de vérification, recompter, réordonner, toucher quelque chose plusieurs fois…

  → Rituels mentaux de conjuration, d’annulation.

 

TOC et enfance

Ce ne sont pas moins de la moitié des TOC qui débutent pendant l’enfance vers 7 ans, ou vers 13 ans.

Mais dans ce dernier cas ils sont souvent accompagnés de dysmorphophobie (crainte d’être laid ou déformé).

En France, on estime que trois cents mille adolescents pourraient être atteints de TOC.

Les troubles sont envahissant et peuvent vite devenir invalidants, parasitant la vie quotidienne puisqu’il leur arrive fréquemment de s’étaler sur une à plusieurs heures par jour.

Une thérapie, la plus précoce possible, semble totalement justifiée car seulement 10% de ces TOC de l’enfance disparaissent spontanément.

 

Que faire en cas de TOC ?

Soyons clair : la maladie reste encore largement méconnue et banalisée.

Par conséquent, la plupart des malades ne se considèrent pas comme tels.

Aussi, leur sentiment d’impuissance face à ces manifestations psychiques tout de même anormales exige, de la part de leur entourage, une attitude de soutien et une écoute attentive.

Le mieux que l’on puisse proposer à une personne souffrante, c’est de centrer son attention sur une activité productrice et de relever le défi de réduire ses rituels.

Pour le malade, toute réduction des gestes compulsifs est en effet vécu comme une victoire, et doit donc être vivement encouragé.

En revanche, mieux vaut éviter de se laisser entraîner à participer à ses rituels, ou de trop le rassurer, car cela ne conduit généralement qu’à maintenir la maladie.

Il faut, en fait, faire avant tout preuve de souplesse.

En tout cas il ne faut critiquer en aucun cas le comportement irrationnel de la personne malade, car cela ne ferait qu’augmenter son anxiété.

Et il ne faut pas non plus la laisser être submergée par son problème.

 

La thérapie cognitivo-comportementalepsychothérapie et hypnose toc

La forme de thérapie la plus généralement utilisée dans ce genre de troubles est dite « cognitivo-comportementale ».

Elle s’avère souvent très efficace.

En quoi consiste-t-elle ?

Elle vise à modifier les comportements et les cognitions du sujet à l’aide de techniques de désensibilisation.

Plus précisément, ces techniques consistent à exposer progressivement le patient aux situations qui entraînent son anxiété.

Dans un premier temps, c’est par le biais de son imagination qu’il va « vivre » les situations stressantes.

On commence par des stress modérés, pour passer ensuite à des situations liées à une anxiété de plus en plus forte.

A chaque étape, aidé par le thérapeute, il doit parvenir à faire diminuer son niveau d’anxiété.

Puis vient la phase d’exposition à des situations bien réelles.

Pour ce qui concerne les rituels, le sujet apprend de la même manière à y résister, en développant notamment d’autres moyens de contrôler son anxiété.

Enfin, au niveau des cognitions, le propos est de modifier l’imagerie mentale et les croyances.

Qu’elles soient conscientes ou inconscientes, ces croyances sont, le plus souvent, rattachées à des schémas de culpabilité et de responsabilité.

Il s’agit donc, pour le patient, d’observer ses différentes pensées et de les modifier, puis de supprimer ses mécanismes de défenses afin d’être confronté aux pensées intrusives.

Dans cette thérapie, l’irrationalité des croyances est mise en évidence, et le sujet se voit confronté à la réalité afin de se rendre compte que ses craintes sont injustifiées.

 

L’hypnose

L’hypnothérapie ericksonnienne constitue l’autre grande indication en cas de TOC.

« Elle est considérée », nous dit le Dr. Hoareau, « comme une facilitation d’un processus naturel d’évolution et de maturation psychologique.

« Là, le thérapeute intervient en deux temps :

« d’une part pour entraîner le sujet à un fonctionnement inconscient (hypnotique) ;

« et d’autre part, pour effectuer un travail psychothérapeutique où les mots employés vont évoquer des résonances chez le sujet et mettre en route des chaînes associatives débouchant sur des nouvelles solutions psychologiques ».

On comprend donc que cette approche tend plutôt vers l’adaptation et l’apprentissage que vers la réparation d’erreurs et de traumatismes.

L’hypnothérapeute emploie la métaphore thérapeutique qui s’adresse à l’inconscient, c’est à dire au réservoir de ressources de la personne où se trouvent les solutions à ses problèmes.

Le but demeurant l’auto-apprentissage et la recherche d’autonomie.

En ce qui concerne les TOC, ce type de thérapie permet de travailler sur l’anxiété, sur les croyances et les comportements sous un angle totalement différent.

Ce peut donc être considéré comme un complément fort intéressant aux approches cognitivo-comportementales. 

Il importe toutefois de s’assurer que le thérapeute soit un professionnel compétent, car il existe aujourd’hui beaucoup de charlatans se réclamant de l’hypnose ericksonnienne.

 Jean-Baptiste Loin 

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