Textile industriel : attention danger !

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pourquoi choisir des textiles bio

Au vu des nombreuses questions des lecteurs de Réponses Bio à propos du choix des vêtements et linges de maison, et des inquiétudes quant aux substances toxiques dont les textiles industriels sont gorgés, voici un petit tour d’horizon… qui fait froid dans le dos !

Rendez-vous bien compte que si une liste de ces substances existait, elle serait excessivement longue.

Et, de toute manière, incomplète car, ne rêvons pas, elle s’allonge naturellement tous les jours !

Et imaginer qu’elle soit accompagnée par leurs effets précis sur la santé et l’environnement, relève hélas du plus grand idéalisme.  

Maintenant, pour se faire tout de même une idée du paysage, il faut savoir que dans le seul domaine des colorants, on en a recensé au moins 2000 !

Sur ce nombre, seuls 16% ont été analysés en toxicologie.

Et sur ces 16%, près de la moitié se sont révélées très toxiques, et 38% moyennement toxiques.

Au-delà, on ne peut que supposer que les 84% non analysés présentent les mêmes proportions de colorants toxiques, mais… on ne sait pas lesquels !

Tenons-nous en donc raisonnablement aux toxiques reconnus et les plus fréquemment rencontrés.

Nous avons déjà parlé, dans une précédente newsletter, du nonylphénol.

Inutile d’y revenir, sinon pour préciser quelles sont les marques concernées par cette pollution particulièrement scandaleuse : Adidas, Uniglo, Calvin Klein, Li Ning, H&M, Abercombrie & Fitch, Lacoste, Converse, Ralph Lauren. 

Mis à part, donc, ce nonylphénol qui fait actuellement couler beaucoup d’encre, le dichlorométhane est une autre substance nocive qui fait parler d’elle à l’occasion.

Il s’agit d’un solvant extrêmement irritant, souvent présent dans les jeans fabriqués en Asie.

Le diméthylfumarate, lui, est un antifongique cancérigène interdit en Europe mais habituellement présent dans les textiles et cuirs importés de l’étranger.

Le cuir – puisqu’on en parle – contient une quantité formidable de toxiques : chrome hexavalent (cancérigène et allergène), substances organiques chlorées, métaux lourds, oxyde d’éthylène, cyanure, etc. 

Mais revenons aux textiles proprement dits.

Habituellement, on y dénonce surtout la présence :

De pentachlorophénol : toxique par contact et par inhalation.

De benzidine : un colorant cancérigène.

De plomb : contenu dans les teintures.

De phtalates : perturbateurs endocriniens et cancérigènes. 

Voila, en tout cas, pour la partie émergée de l’iceberg.

Concernant la partie immergée, mon conseil est simple : fuyez cet iceberg et rendez-vous au plus vite sur la terre ferme de la bio !

Il y a quand même une bonne nouvelle : pratiquement toutes ces substances toxiques (sauf, bien sûr, les colorants) disparaissent au premier lavage en machine.

Il suffit donc de ne jamais laisser les vêtements neufs au contact de la peau pour échapper à cette pollution spécifique. 

Restent les vêtements nettoyés à sec, qui se chargent évidemment d’encore plus de substances toxiques, et les vêtements colorés dans certaines couleurs, comme le noir par exemple, qui, eux aussi, sont réellement très chargés ! 

Pour ce qui est du florilège des lessives, il faut bien se rendre compte que toutes les lessives sont mauvaises pour l’environnement, même les « bio » !

Cela dit, les bio sont naturellement beaucoup moins néfastes que ce que l’on appelle « les non-bio soit disant respectueuses », elles-mêmes l’étant un peu moins que les non-bio classiques.

A propos de lessive, et d’ailleurs de bien d’autres produits, il existe un terme qui résume le problème de manière cyniquement réaliste : le « green washing », une technique de marketing visant à construire, par la pub et la com, une image écolo autour d’un produit.

Il va sans dire que si l’efficacité de la stratégie a été plus d’une fois démontrée, on n’a, en revanche, jamais pu prouver que le produit, lui-même, s’en trouvait amélioré.

Pour en revenir aux lessives, les seules qui soient respectueuses de l’environnement ne sont pas des lessives.

Ce sont, par exemple, ces machines à laver fonctionnant aux ultra-sons, et totalement sans lessive, inventées en 86 par un étudiant Russe puis commercialisées au Japon mais tenues à distance respectueuse de nos rives occidentales par les lobbies des détergents ; comportement d’autant plus criminel que ces machines n’utilisent également que très peu d’eau et d’électricité, une lessive ne durant que 2 minutes. 

Autre exemple, bien que moins moderne : l’argile.

Méthode quasiment préhistorique, certes, mais finalement assez efficace, tout au moins tant qu’on ne tient pas à laver plus blanc que blanc. 

Il existe aussi, en Inde, ce que l’on appelle des « noix de lavage » qui sont d’authentiques noix, fruits du Sapindus mukurossis, contenant de la saponine.

Il n’est évidemment pas très aisé de s’en procurer chez nous, mais en cherchant bien…

Pour réitérer mon conseil, ne serait-ce que sur un plan pratique, il me semble beaucoup plus facile d’acheter tout simplement des textiles bio, que de chercher pendant des lunes un vêtement non-bio ne contenant pas trop de poisons, puis de le soumettre au lavage pour l’expurger d’une partie de ses miasmes.
 Jean-Baptiste Loin 

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